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La soupe indigeste du Sénat
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EDITORIAL

La soupe indigeste du Sénat

Élection sénatoriale le 25 septembre prochain. Visite guidée d'une institution méconnue et décriée.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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Un psychodrame secoue en ce moment le microcosme. Des listes de droite dissidentes se présenteront aux élections sénatoriales qui auront lieu le 25 septembre. Ces empêcheuses d’élire en rond, selon les spécialistes, mettraient en danger la majorité actuelle, autrement dit, pourraient faire basculer à gauche la haute assemblée. Il s’agirait d’une première sous la Ve République où l’on a connu des alternances un peu partout sauf au Sénat.

Cette agitation m’incite à vous livrer quelques réflexions sur ce prestigieux cénacle. Tout d’abord, je suis à peu près convaincu que moins d’un Français sur cent connait les modalités de la prochaine consultation d’où émergeront pourtant 170 parlementaires. Pour être tout à fait franc, je n’en fais pas partie, j’ai même renoncé à comprendre tant la complexité de ce scrutin me semble surtout servir ceux qui y ont le plus intérêt, les candidats eux-mêmes. Car la soupe est bonne au Sénat, dont le budget annuel dépasse les 300 millions d’euros annuel. Dans un livre, Aux frais de la princesse (Ramsay, 2007), le journaliste Yvan Stéfanovitch avait détaillé par le menu les avantages et privilèges de ces parlementaires souvent inamovibles qui affirment beaucoup travailler mais ne pèsent guère sur la marche du pays. Sauf en quelques cas exceptionnels qui nous incitent à prendre tout de même cette affaire au sérieux.

Lorsque le Président convoque le Congrès pour un vote solennel – comme il en est question sur la fameuse règle d’or – la voix d’un sénateur compte autant que celle du député. Situation encore plus rare, celle où le président de la République décède ou s’efface. Cela nous est arrivé à deux reprises, lorsque le Général De Gaulle a soudainement démissionné en 1969 après son referendum perdu, puis lors de la mort de Georges Pompidou en 1974. Tous deux ont été remplacés au pied levé par le centriste Alain Poher. Président par intérim à deux reprises, on l’avait surnommé le Manpower ! Lui ont succédé pendant deux décennies René Monory, Christian Poncelet et Gérard Larcher, dont la notoriété est inférieure à celle de Manuel Valls…

Ceci illustre une autre réalité du Sénat. Ses présidents sont ce qu’on appelle en politique des seconds couteaux. Qui sont cependant considérés par le protocole comme de très hauts personnages de l’État et qui peuvent, à la faveur d’un événement inopiné, hériter pendant quelques semaines de la responsabilité du feu nucléaire.

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