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Les marchés avec asymétries d'information fonctionnent mal, et s'ils fonctionnent mal c'est peut être qu'il faut les réguler...
Les marchés avec asymétries d'information fonctionnent mal, et s'ils fonctionnent mal c'est peut être qu'il faut les réguler...
©Reuters

Le nettoyeur

L'économie, cette gigantesque machine à transmettre de l'information... et qui se grippe lorsque l'information se transmet mal

L'économie pour les nuls : cet été, Pascal-Emmanuel Gobry explique les bases de l'économie pour les non-initiés, de manière non scolaire. Episode 4 : les asymétries d'information.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Si j'espère vous convaincre d'une chose, c'est qu'en économie il n'est pas question d'argent. L'enjeu de l'économie ce n'est pas l'argent. L'économie c'est avant tout une machine gigantesque à transmettre et traiter de l'information.

Le but de l'économie c'est de répartir des ressources, et pour ce faire il faut de l'information. Et comme on l'a vu, le marché est avant tout un mécanisme de transmission d'information. L'argent n'est donc au final qu'une convention sociale qui permet de rendre cette transmission opérante grâce au mécanisme des prix. 

La question de l'information est donc fondamentale.

Tout aussi fondamental est donc le problème des asymétries d'information : quand les acteurs n'ont pas tous la même information ou une information de même qualité. Si l'économie est une machine à transmettre de l'information, lorsqu'elle se transmet mal, elle est cassée.

Idéologiquement, l'existence des asymétries d'information frustre à la fois les “libéraux” et les “étatistes.”

Du côté des libéraux, une asymétrie d'information peut faire débloquer un marché, lorsqu'une partie a plus d'informations qu'une autre. L'exemple universitaire est celui des voitures d'occasion, où le vendeur sait mieux que l'acheteur ce que vaut une voiture. Les marchés avec asymétries d'information fonctionnent mal, et s'ils fonctionnent mal c'est peut être qu'il faut les réguler...

Mais l'existence d'asymétries d'informations est beaucoup plus dérangeante pour les étatistes. La vision de l'économie comme mécanisme de transmission d'information est le plus grand apport de Friedrich Hayek à cette science. Et la conséquence logique de ce constat est que la personne qui doit prendre les décisions est celle qui a le plus d'informations.

Ça a l'air évident comme ça, mais c'est une idée révolutionnaire. Une fois qu'on comprend ça, ça change sa vision du monde. Déjà, ça explique l'échec de la planification centrale : un gouvernant central aura toujours infiniment moins d'informations sur ce qui marche et ce qui ne marche pas, et quels sont les besoins, que des milliers d'acteurs décentralisés agissant indépendamment.

Mais au-delà de cette conséquence politique, réfléchir en termes de décentralisation permet de comprendre l'économie et le monde de manière lumineuse. Est-ce qu'il vaut mieux une semaine de quatre jours ou de cinq à l'école ? Question piège ! La réponse n'est pas “quatre” ou “cinq” mais : “il est impossible qu'un ministre en sache quelque chose.” La vraie réponse est que le seul moyen de savoir est de laisser autant d'écoles que possible tester autant d'approches que possible et que, peut être, dans quelques années, on aura quelques enseignements sur ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Comprendre l'asymétrie d'information c'est comprendre que l'homme est faible, ignorant et limité. Et puisqu'il est aussi déchu, il faut réduire autant que possible le pouvoir que chacun peut détenir, et rapprocher autant que possible le lieu de la décision de celui de la détention de l'information. Vision économique, politique, morale et philosophique dont nous avons beaucoup besoin aujourd'hui.

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