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Le virus Ebola touche l'Europe.
Le virus Ebola touche l'Europe.
©Reuters

Sous surveillance

Ebola : ce que l’organisation du système sanitaire français nous permettra d’éviter mais ce dont il n’arrivera pas à nous protéger

De nouveaux cas de personnes infectées par Ebola ont été diagnostiqués en Espagne. Chaque jour, le virus se retrouve dans de nouveaux endroits... Et bien que le système de santé français soit préparé et équipé, plusieurs failles pourraient permettre que l'épidémie se propage également sur notre territoire.

Natalie Maroun

Natalie Maroun

Natalie Maroun est directrice-conseil et analyste chez Heiderich Consultants, spécialisée dans la gestion et la communication de crise. Elle travaille également pour l'Observatoire international des crises (OIC). 

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Atlantico : Alors que trois autres personnes ont été touchées par Ebola en Espagne, les inquiétudes grandissent. Quels sont les risques de propagation du virus en Europe, et donc en France ?

Nathalie Maroun : Tout d'abord, le virus Ebola ne s’attrape pas par une simple proximité, lorsque l'on se trouve dans la même pièce ou en prenant le métro avec une personne infectée. La transmission passe forcément par les fluides corporels, c’est-à-dire qu’il faut être en contact avec du sang, du vomi, de la sueur… La deuxième chose à savoir, c’est que tant que l’on ne présente pas les symptômes de la maladie, on ne se trouve pas contagieux. Le mouvement de panique chez les parents d'une école et suscité par le retour d'un élève de Guinée n’était donc pas vraiment justifiée, même si évidemment il est positif que le risque soit pris en considération. Nous pouvons conserver une confiance en nos professionnels de santé qui sont suffisamment équipés et formés pour isoler les personnes suspectées d’être atteintes, autrement dit pour gérer une telle situation.

Constate-t-on des failles dans la recherche de personnes atteintes du virus ?

Le transport aérien peut être considéré comme une source d'inquiétude. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Air France a suspendu ses vols en direction du Libéria. Mais des failles apparaissent clairement, puisque les correspondances ne sont pas prises en compte par exemple. Difficile alors de tracer les personnes en provenance du foyer d’infection. Si elles transitent par une zone non surveillée, elles pourraient arriver sans peine en Europe et en France.

Si l'Europe n'est pas susceptible d'être touchée par le fléau, d'autres parties du monde pourraient-elles être touchées de manière plus dramatique ? Les travailleurs indiens notamment, très présents en Afrique, pourraient-ils jouer le rôle de transfuge ?

Dans les différents scénarii et prévisions, l’Asie du sud-est ne serait pas impactée. Malgré tout le potentiel de déplacement du virus, du fait de sa durée d’incubation comprise entre 7 et 21 jours, rend la totalité des destinations menacées. La densité de la population en Asie du sud-est, et la tendance pour la population à ne pas consulter assez souvent un médecin pourrait effectivement être un déclencheur inquiétant d’une épidémie globalisée.

Malgré les mesures prises par les gouvernants, on constate au fil de l'actualité que l'apparition de nouveaux cas s'éloigne toujours plus du foyer initial... Quelle en est l'origine ?

L'épidémie est il est vrai passée à une ampleur mondiale. n voit bien que c’est l’OMS qui prend en charge la plupart des éléments de cette crise. Les cas aux Etats-Unis et en Espagne l'illustrent. Mais il est important de rappeler que dans ces pays où les pratiques médicales demeurent généralement traditionnelles, ce sont bien les personnels soignants qui sont la première population à risque. C’est un virus qui ne pardonne pas, en témoigne la consigne de mettre deux paires de gants qui n’est évidemment pas justifiée par des raisons de confort.

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