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Haaland fait chuter Paris

Dortmund/PSG: 2/1 Paris passe au travers

Assommés par un doublé d'Haaland, les Parisiens ont bien mal entamé leur huitième de finale de la Champions League. Grâce à un but de Neymar, ils conservent toutefois leurs chances en vue du match retour. Dans trois semaines, c'est la peur au ventre qu'ils recevront les Allemands.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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C'est l'apanage du premier rendez-vous. Qu'il soit sportif ou galant, on s'y rend avec autant d'espoir que de doute, avec autant de désirs que de craintes. L'excitation, l'espoir, une belle impatience, les papillons dans le ventre et le tracsir se succèdent alors dans un joyeux chaos, dans des proportions changeantes, au gré des heures qui s'égrènent et des tourments de l'humeur. Avant d'affronter Dortmund, le PSG version Qatari était un peu dans cette situation... le club était tiraillé entre ses envies de conquête, la pression inhérente aux matchs à élimination directe et un récent passé trop semblable à un passif. Mais quand on veut sa place dans le Who's who, on n'a pas d'autre choix que de bien négocier ce type d'échéance. Seulement, aller se coltiner le Borussia et son mur jaune, n'a jamais rien d'une sinécure. Par le passé, les Allemands se sont souvent montrés dangereux sur notre terrain... alors à domicile, vous pensez... Pour ce rendez-vous crucial, Tomas Tuchel avait décidé de présenter un 3/4/3 totalement inédit de derrière les fagots. Si au départ le choix pouvait paraître surprenant, avec un peu de recul, on comprend maintenant pourquoi le coach Parisien avait voulu solidifier son équipe: l'état de forme inquiétant de certains cadres... on pourrait en citer plusieurs, mais pour ne pas froisser tout le monde tout de suite, nous évoquerons d'abord Neymar et Tiago Silva. Par quoi commencer ? En expliquant d'abord que les deux Brésiliens, revenant de blessures, étaient hier soir beaucoup plus proches des copies que des originaux. Ils étaient à court de forme, et cela s'est vu. Une question demeure: étaient-ils seulement aptes ? Le cas Neymar demeure le plus préoccupant... il avait beau être (enfin) présent pour un match à élimination directe, tout bien pesé, on ne sait pas si, en l'état, son absence n'aurait finalement pas été préférable à sa présence... Et ce n'est pas son but à la 75ème minute qui sauvera son match. Pour d'autres cadors, le bilan n'est guère plus flatteur tant Di Maria, Gueye et Mbappé n'ont guère brillé et tant Verratti a fait du... Verratti. Un joueur ou un paradoxe à lui tout seul. De loin le meilleur joueur de son équipe, il aura simplement été puni par ses incontinences verbales habituelles. Comme le dirait Audiard: "C'est curieux tout de même ce besoin qu'il a de faire des phrases". C'est peut-être curieux mais ça coûte cher. Ecopant d'un carton jaune pour contestation, il ne sera pas du match retour, et c'est une bien mauvaise nouvelle pour son équipe. Au final, la victoire Allemande est totalement logique. Devant un public formidable, les joueurs du Borussia ont montré tout ce qu'on aurait aimé voir chez les Parisiens. De l'envie, de la solidarité, des prises à deux, du jeu direct, de l'intensité... Il y a eu tout ça... et aussi l'éclosion aux yeux du monde du jeune Haaland dont les deux buts ( 65è et 75è) pèsent au moins aussi lourd que sa frappe. Une équipe d'un côté, un puzzle d'individualités mal assemblé de l'autre. Si bien qu'on ne sait plus trop où donner de la peine pour expliquer la défaite Parisienne. Blâmer Tuchel pour avoir présenter un système expérimental pour LA première grande soirée de la saison ? Le tancer pour ne pas avoir changé son système en seconde période ? On pourra aussi lui reprocher de ne pas avoir fait jouer un Sarrabia en pleine forme et de ne pas s'être appuyé sur un 4/4/2 classique, auquel l'équipe était habituée... Oui, facile à dire... il est bien évident que conscient des limites actuelles de son effectif, il aura fait avec les moyens du bord. Il faut aussi reconnaître que se priver de Neymar lui était quasiment impossible...et que  sortir Silva pour le remplacer par Kouassi ou Kehrer n'aurait pas   davantage offert de garanties... Alors... 

De ce match, il reste un léger malaise, comme le souvenir d'un mauvais rêve. Bien entendu, pour le PSG, ce matin, les questions sont plus nombreuses que les réponses. Mais le temps peut jouer en faveur d'une équipe Parisienne qui a marqué hier soir un but précieux et qui ne pourra pas faire pire au match retour. Si Neymar, Silva, Bernat et les autres reviennent à un niveau de forme satisfaisant, il est bien évident que pour le match retour, tout sera possible. Pour synthétiser, le PSG a peut-être commencé à creuser son tombeau... mais le cadavre n'est pas dedans. Le temps qui nous sépare du match retour sera passionnant. Rendez-vous compte, trois semaines de suspens ! Les plus enthousiastes verront là l'occasion de souder une équipe et un club pour la meilleure des causes. Les plus sceptiques verront quelques petites gouttes de sueurs perler de leurs fronts en cauchemardant par anticipation sur le retour du pire. Tout ça pour vous dire que le 11 mars, pour le club Parisien, les choses seront vraiment sérieuses.

Parce que le foot c'est sérieux. La preuve, y'a même des enfants en tribune. C'est tellement sérieux qu'il est bien réducteur de ne le définir que par les règles qui le régissent. Mais au fond, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas un art et cela ne peut être réduit à une technique. Pour les puristes, le foot est beaucoup plus que ce qu'il exprime. Pour les plus mystiques, un ballon, ça a peut-être la forme d'une planète mais c'est d'abord tout un monde... ça peut même être beau. Parfois tellement beau que ça ne se regarde plus, ça se mate... et dans le noir. Pourquoi ? Parce que quand on mate vraiment, c'est notoire, c'est toujours mieux d'éteindre. La beauté en football, voilà un concept bien abstrait dont les conséquences sont bien réelles... Le tacle glissé, le coup franc dans la lucarne ou un contrôle parfait sont au football ce que la saveur est à la nourriture, ce qu'un parfum est à une silhouette, ce que le désir est à la chair. C'est parfois tellement beau qu'un but tel que celui marqué par Haaland hier soir, ou une passe qui casse les lignes, sont comme certaines oeuvres d'art. Ils nous procurent des émotions profondes sans que l'on sache vraiment pourquoi... ils nous rappellent sans nous le dire que, même en plein jour, on peut vivre sous les étoiles. Souhaitons que dans trois semaines, elles soient Parisiennes.

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