Donald Trump : la seule voix qui parvient à se distinguer dans la cacophonie ambiante pour la course à la présidentielle de 2020 | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Donald Trump : la seule voix qui parvient à se distinguer dans la cacophonie ambiante pour la course à la présidentielle de 2020
©JIM WATSON / AFP

Bonnes feuilles

Donald Trump : la seule voix qui parvient à se distinguer dans la cacophonie ambiante pour la course à la présidentielle de 2020

Jean-Eric Branaa publie "Et s’il gagnait encore ?" aux éditions VA Press. Comment battre Donald Trump ? D’ailleurs, peut-il être battu ? Voilà bien les questions existentielles pour les candidats démocrates qui vont s’aligner sur la ligne de départ en 2020. Les chances de Donald Trump ne seront pas ignorées, comme ce fut le cas la dernière fois. Extrait 2/2.

Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), Trumpland, portrait d'une Amérique divisée (Privat, 2017),  1968: Quand l'Amérique gronde (Privat, 2018), Et s’il gagnait encore ? (VA éditions, 2018), « Joe Biden : le 3e mandat de Barack Obama (VA éditions, 2019) et la biographie de Joe Biden (Nouveau Monde, 2020). Son dernier livre : Kamala Harris, L'Amérique du futur, aux éditions Nouveau monde (septembre 2021).

Voir la bio »

Tous les clignotants sont donc au vert pour Donald Trump et il n’y a apparemment aucun élément visible qui puisse permettre d’annoncer sa défaite. Bien au contraire : un président sortant est toujours avantagé et les élections de mi-mandat n’ont pas démontré qu’il y a dans le pays un rejet majoritaire de cet homme ou de sa politique, comme les démocrates s’évertuent pourtant à tenter de l’expliquer, en abusant peut-être un peu trop de la méthode Coué. 

Le « dérangeant président », aux yeux de certains, a fait ainsi plus que survivre aux élections de mi-mandat puisque, s’il a effectivement perdu la Chambre des représentants, il a aussi augmenté son avance au Sénat et a surtout fait sortir par la petite porte tous ceux qui, au sein du Parti républicain, étaient encore tentés de croiser le fer avec lui et de faire entendre une voix dissonante. La force de Donald Trump est d’avoir réussi à garder le contact avec sa base et de sembler toujours autant la comprendre. Les élus de son propre camp sont donc pieds et poings liés dans leur soutien.  

Le Parti démocrate lui a aussi facilité la tâche en se focalisant totalement depuis le début de son mandat sur une lutte ad hominem, délaissant ainsi les fonctions essentielles qui sont pourtant les siennes : construire un programme qui réponde à une attente générale de la population et à ses difficultés, puis arriver à l’expliquer, à le partager et à le faire désirer, sans négliger de se trouver en même temps un leader incontestable et incontesté. Toutefois, ce combat contre un homme, ses valeurs, sa morale, son physique, ses carences, ses défauts et ses mauvaises habitudes n’ont pas rencontré l’adhésion qui permet de porter un opposant au pouvoir : les résultats de Donald Trump ont balayé tout cela, car, finalement, ce n’est pas un prêtre que l’on élit, mais un dirigeant capable de gouverner le pays, comme l’expliquent les évangéliques, qui forment aujourd’hui l’épine dorsale de la base trumpiste. Les vieux élus du Parti démocrate ont aidé bien malgré eux à tracer le sillon de sa prochaine victoire en persistant dans leur volonté à vouloir être les seuls à mener ce combat, certainement parce qu’ils sont entrés dans une lutte plus personnelle que politique avec un homme qui leur a infligé une défaite qu’ils n’avaient jamais imaginée. Alors, au lieu de passer le flambeau immédiatement aux plus jeunes, avec la mission de relever la tête et de crédibiliser une stature présidentielle, les Obama, Biden, Sanders, Blomberg, Warren ou Clinton ont occupé tout l’espace médiatique, ne laissant que des miettes à celles et ceux qui cherchent aujourd’hui à se faire une place à leur tour. Le défaut de notoriété de Booker, Harris, Gillibrand, ou encore Gabbard, Klobuchar, Brown, Castro, et autres, ne va pas les aider aujourd’hui dans cette course qui demande déjà tant de forces quand on est un poids lourd reconnu de la politique nationale ! Donald Trump va pouvoir les affronter, les plus vieux comme ceux de la relève, en mettant en avant ses réussites et son catalogue de promesses réalisées, tout en insistant sur la santé insolente de l’économie, qui est redevenue florissante durant son mandat. Même les gouverneurs, qui sont traditionnellement des opposants crédibles à un président sortant, auront du mal à se faire entendre et à porter leurs propres bilans, parce que la cacophonie d’une primaire surpeuplée à gauche va étouffer leurs voix et rendre impossible l’exposition en profondeur de leurs qualités indéniables. Donald Trump apparaît donc comme indestructible et se dresse comme le futur gagnant supposé de ce scrutin, quatre ans après en avoir été le perdant certain.

Extrait du livre de Jean-Eric Branaa, "Et s’il gagnait encore ?", publié aux éditions VA Press.

Lien direct vers la boutique : ICI

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !