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Eric Zemmour lors de son meeting à Lillie.
Eric Zemmour lors de son meeting à Lillie.
©JULIEN DE ROSA / AFP

Bonnes feuilles

Dimanche 24 avril 2022 : Eric Zemmour est élu président de la République

Gilles Gaetner publie « Le monde selon Zemmour » chez Mareuil éditions. Dans ce livre de politique fiction, le journaliste Gilles Gaetner a imaginé ce qui pourrait se passer sous la présidence fictive d’Eric Zemmour. 24 avril 2022. Eric Zemmour est élu président de la République. Il bat Emmanuel Macron de... 86 000 voix. L'écart le plus faible lors d'une élection présidentielle. Extrait 1/2.

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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Dimanche 24  avril. 20 h 40. Les résultats s’affinent. L’écart entre le sortant et Éric Zemmour est de 86000 voix. En pourcentage, cela représente 0,1 % ! Que s’est-il passé ? Pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pu dépasser la barre des 50 % ? Il est clair qu’une partie des électeurs des LR et que 70 à 80 % des électeurs de Marine Le Pen (quatrième après le premier tour) se sont déportés vers Éric Zemmour. Quant au PS, moribond – où est-il le grand parti de Jaurès et de Blum ? –, bon nombre de ses militants ou adhérents ont refusé de choisir entre Macron et Zemmour. Vous vous souvenez du pittoresque dirigeant du PC, Jacques Duclos ?

Lors de la présidentielle de 1969, ce dernier, éliminé du premier tour, avait refusé de choisir, pour le second, entre Georges Pompidou et le centriste Alain Poher. « Pompidou, avait plaidé l’ancien pâtissier avec son accent des Hautes-Pyrénées reconnaissable entre mille, c’est “blanc bonnet et bonnet blanc”. »

En 2017, Valérie Rabault, députée PS du Lot-et-Garonne, ancienne rapporteuse respectée du Budget, adoptera une attitude identique. Elle récidive en 2022, republiant sur son site, la tribune intitulée « À un ami de gauche », écrite cinq ans plus tôt. C’était le 3  mai 2017, quatre jours avant le second tour. Extraits : « Le 7 mai, je vais à la pêche […]. Ce sera sans ma voix.  […] J’ai déjà donné en 2002, voici ce qu’on entend sur les marchés de France depuis le résultat du premier tour. Cette fois, c’est dit : une partie de la gauche ne veut plus arbitrer le match face au Front national. […] Que n’ai-je entendu, à Montauban, ou Saint-Antonin-Noble-Val, critiquer “ces bobos parisiens qui se retrouvent à la Rotonde et qui voudraient qu’on vote pour eux” ou encore “ces jeunes loups aux dents longues” qui s’affichent en une de Paris Match. Beaucoup d’électeurs de gauche qui vivent au-delà du périphérique parisien se sentent trahis par cette représentation politique, et ne voient pas pourquoi ils donneraient leurs voix à Emmanuel Macron, même pour battre le Front national. » Cinq ans après l’avoir écrite, Valérie Rabault ne change pas un mot de sa lettre « À l’ami de gauche ».

Déport de voix de la droite classique et de La France insoumise vers Zemmour, abstention du côté du NPA de Philippe Poutou, de Lutte ouvrière de Nathalie Arthaud et d’une partie de l’électorat du PS – surtout du sud du pays –, et le second tour est joué : l’ancien journaliste entre à l’Élysée. Il a déjoué tous les pronostics, ou presque, de nos intellectuels omniscients. Ceux-là mêmes qui, en 2018, avec certitude, péroraient sur Donald Trump : « Mais vous n’y pensez pas, voir un tel personnage entrer à la Maison Blanche, c’est inimaginable. Impensable ! Les Américains l’enverront bouler et Hillary Clinton sera élue. » Comment ne pas penser à l’essayiste Alain Minc, pythie de la politique française, qui nous assurait – il ne fut pas le seul – que Hillary l’emporterait face à Trump. Quelle perspicacité !

Place de la Bastille, quelques centaines de militants de La République en marche et du PS (eh oui !) entonnent une Marseillaise peu audible. Qu’il est loin ce 10 mai 1981 où le « peuple de gauche », sur cette même place de la Bastille, chantait et saluait la victoire de François Mitterrand après vingt-trois ans de pouvoir gaulliste ! Qu’il est loin ce jour de mai 1995 où d’un balcon de l’avenue d’Iéna, Jacques Chirac, élu président depuis quelques minutes, entouré de Bernadette, de Juppé et du sosie de Harry Potter – le jeune François Baroin  –, levait les bras tel un footballeur qui vient de marquer un but ! La République est encore bon enfant en dépit de cette fracture sociale qui hante le successeur de François Mitterrand et ne va cesser de s’amplifier. Une déchirure béante qui préfigure, à plus ou moins long terme, l’élection d’un franc-tireur dénommé Zemmour. Seulement voilà : personne n’y a cru.

Dimanche 24  avril. 20h 45. Élus, journalistes, doctes politologues se pressent dans les studios de radio et les plateaux de télévision. Certains ne parviennent pas à croire que, pour la première fois dans l’histoire de la République, ni la gauche ni la droite ne seront au pouvoir.

Dès les résultats officieux tombés, le boutefeu journaliste Jean-Michel Aphatie, qui part toujours au quart de tour, n’y va pas par quatre chemins sur LCI : « Je suis écœuré. Abasourdi, triste pour mon pays. Depuis des années, à chaque fois que l’occasion m’en était donnée, je le répétais : Marine Le Pen entrera un jour ou l’autre à l’Élysée. J’avais prévenu en 2002, lorsque son père s’est retrouvé au second tour face à Chirac. Ça a pris vingt ans. Le 24 avril 2022, Éric Zemmour, clone de Le  Pen père et fille, entre à l’Élysée. » Aphatie poursuit : « Zemmour, je le connais depuis vingt ans. Il est l’archétype de la violence, c’est sa marque de fabrique. C’est un peu à cause de ses éditos que j’ai quitté RTL. L’un d’entre eux m’est resté en tête. C’est lorsqu’il avait déclaré que la loi Veil sur l’IVG avait entraîné 4,5 millions d’assassinats. Je pense que nous allons avoir un quinquennat qui risque d’être agité. À condition que le président Zemmour aille jusqu’à son terme. » Aphatie termine : « L’écart entre les deux candidats est faible. Tout est possible lors des législatives. Il faut qu’un Front républicain fasse battre les candidats étiquetés Zemmour. »

Les élus présents sur le plateau, Olivier Faure pour le PS, Fabien Roussel pour le PC, approuvent la sortie du journaliste ; François Bayrou également, tout en lâchant : « Dès le début du quinquennat de M. Macron les choses ne se présentaient pas très bien. Sans doute avons-nous proposé de bonnes réformes, mais sans doute avons-nous été trop sûrs de nous. Comme si nous décrétions avoir raison contre tout le monde. » La phrase n’a pas dû faire plaisir au président battu. L’unique partisan du nouveau président, Jean-Yves Le Gallou, ancien député européen (RN), est aux anges. Grâce à la victoire de son ami Éric, mais aussi en raison de la promesse que ce dernier lui a faite : « Tu auras un poste de ministre. » Le Gallou confirme que l’Assemblée nationale va être dissoute et que les législatives se dérouleront vers la fin du mois de mai. Avec un espoir, mettre en adéquation politique l’Assemblée nationale avec le pouvoir exécutif. Et Le Gallou de préciser : « Il y aura des candidats qui porteront nos couleurs dans les 577  circonscriptions que compte le pays. Leur étiquette sera facile à voir : bleu, blanc, rouge. » L’annonce fait bondir Bayrou : « C’est incroyable, lance-t-il à Le Gallou, vous vous appropriez le drapeau tricolore, comme si vous en étiez les seuls détenteurs et les uniques patriotes du pays. Il y avait la PME Le  Pen ; il y a désormais la PME Zemmour. » L’ancien député européen s’emporte : « Et vous, M. Bayrou, vous ne pensez pas qu’avec M. Fesneau [le ministre chargé des Relations avec le Parlement] et Mme Gourault [la ministre chargée de l’Espace et de l’Aménagement du territoire], vous formez une PME ? Mais vous c’est une authentique PME, qui depuis cinq ans est cantonnée à un rôle de supplétif de M.  Macron. » Le futur ministre de la Culture termine : « M. Bayrou, vous êtes le représentant de l’européisme, vous oubliez la France. C’est à se demander si vous l’aimez. » Ambiance. Le maire de Pau, nommé il y a deux ans commissaire au plan, ne bronche pas. Sur les autres chaînes, le ton est identique. Pesant. Empreint d’une violence contenue.

Parfois, la marmite explose. C’est ce qui se passe sur France  2, avec Sébastien Chenu, député du nord du Rassemblement national rallié, on l’a vu, de la dernière heure, à Éric Zemmour. D’emblée, Chenu lance à Julien Bargeton, sénateur de Paris LREM : « Vous venez de perdre la présidentielle ; votre président, pardon ex-président, paie cher son arrogance, sa morgue et ses certitudes sur tous les sujets. Oui, cher collègue, depuis cinq ans, sa politique économique déplorable nous a conduits dans le mur. Oui, cher collègue, depuis cinq ans la grogne sociale s’est installée dans le pays. Oui, cher collègue, vous avez été incapable de régler et de comprendre les préoccupations des Français. Comme vous avez été incapable de faire face à la crise des Gilets jaunes avec des émeutes qui, chaque samedi, ont saccagé Paris et d’autres grandes villes. Monsieur, nos concitoyens ne souhaitent qu’une chose : que la chienlit cesse et que vous soyez battus à l’issue des prochaines législatives. » À la fin de cette diatribe, on entend Bayrou murmurer à l’oreille de Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique de la 2 : « C’est un guignol, ce Chenu, regardez ces chaussures, elles sont mauves ! » Et la journaliste d’éclater de rire. Face aux propos du député frontiste, Bargeton, d’ordinaire si prompt à prendre la mouche, garde son calme. On devine qu’intérieurement, il bout. Il rétorque : « M. Chenu, ne soyez pas trop pressé. Attendez le vote de nos concitoyens lors des législatives d’ici un mois. Rien n’est figé. Soyez modeste. Votre victoire est une victoire à la Pyrrhus. Ensuite, sachez que le modèle de société que vous nous proposez est le frère jumeau de celui qui existe en Hongrie avec Viktor Orban ou en Slovénie avec Janez Janša, copies de Salvini en Italie. Les Français n’en veulent pas. » Le sénateur ajoute : « Je ne conteste pas le choix de nos concitoyens. Un nouveau président a été élu. Vous ne m’empêcherez pas de rappeler que moins de 100 000 voix le séparent d’Emmanuel Macron. Rien n’est acquis. Des rebondissements ne sont pas à exclure. Car j’entends, ici et là, du côté de la Commission des comptes de campagne, que le financement de la campagne du président provisoire –  il l’est, pardonnez-moi de vous le dire – n’aurait pas été d’une rigueur et d’une orthodoxie exemplaires. »

Le socialiste François Kalfon, ancien conseiller régional de l’Ile-de-France, reste ébahi face au discours de Chenu. Ébahi, mais pas muet. Témoin, cette phrase cinglante : « M. Chenu, votre intervention en dit long sur ce qui nous attend avec le mandat de votre patron. S’il ne dure pas cinq ans, en raison des troubles qui peuvent s’instaurer en France, je vous le dis, j’en serai ravi. » Réplique du député du Nord : « Je constate qu’au PS on est toujours démocrate, républicain et respectueux du suffrage universel. » À ses côtés, Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, boit du petit-lait. Pas mécontent de la sortie de Chenu. Il est 23h15. Les débats sur les radios et plateaux de télé cessent. Les résultats s’affinent quand on les examine région par région, ou ville par ville.

À ce moment-là, sur BFM TV, Apolline de Malherbe, la présentatrice-vedette de la chaîne, mine défaite, lit un communiqué d’Emmanuel Macron, envoyé depuis l’Élysée : « Mes chers compatriotes, je tiens à remercier les quelque 14,2 millions d’entre vous qui m’ont accordé leurs suffrages. La défaite est cruelle, rude, mais je ne peux la contester en dépit de la marge très faible qui me sépare de mon adversaire. Je lui souhaite réussite dans ses nouvelles fonctions. En espérant que l’unité de la République résistera, vive la République, vive la France ! » Pour être court, c’est court ! Emmanuel Macron ne cite pas le nom de son successeur. Il fait le service minimum. Quant à Éric Zemmour il ne fait guère mieux. Voici son message rédigé depuis sa permanence : « Après des années de bataille, de combat, de moqueries de nos adversaires, nos idées triomphent. Nous n’en avons jamais douté. La France ne sera pas une terre d’Islam, que de chemin parcouru depuis ces années où le candidat du Front National réalisait 2 % à l’élection présidentielle. Nos propositions pour faire entrer la France dans le XXIe  siècle sont désormais majoritaires. Je remercie du fond du cœur les 14,3 millions d’électeurs, de patriotes, qui ont voté pour nous. Je l’affirme solennellement, avec mon équipe que je désignerai rapidement, nous ferons de la France un pays de progrès, réunifié et où il fera à nouveau bon vivre. Oui, la France redeviendra un exemple pour les partisans de la laïcité. Plus personne ne restera sur le bord du chemin. Enfin, je souhaite le meilleur pour M. le président Macron. Vive la République ! Et surtout, vive la France ! »

La soirée se termine. Juste le temps pour Apolline de Malherbe de montrer quelques « unes » des quotidiens du lendemain. Le Parisien : « C’est Zemmour. D’une courte tête ». Le Figaro : « Sécurité, immigration, islam : le programme de Zemmour ». Libération : « Éric Le Pen à l’Élysée ». L’Humanité : « L’extrême droite à l’Élysée ». Ouest-France : « Éric Zemmour président ». Avec ce sous-titre : « L’extrême droite en forte hausse en Bretagne ». Le Monde titre : « Qui est M. Zemmour ? » Avec ce sous-titre : « Pour la première fois, un président d’extrême droite, de confession juive, entre à l’Élysée ».

Le Point réussit le tour de force de sortir un numéro spécial vers minuit –  un savoir-faire qui remonte à des années  – avec cette une, sobre, mais compréhensible par tous : une grande photo du nouveau chef de l’État. Simplement. L’Express en fait autant. Avec une couverture montrant à la fois le sortant et l’entrant. Quant au JDD, dès 22h30, on peut l’acheter auprès de vendeurs à la criée. Le lecteur a droit à une longue enquête sur Éric Zemmour. L’origine pied-noir de ses parents. L’arrivée en France en pleine guerre d’Algérie. La naissance d’Éric le 31 août 1958 à Montreuil-sous-Bois. L’installation à Drancy puis à Château-Rouge. Son mariage avec Mylène. Son échec à l’ENA suivi, des années plus tard, de sa nomination comme  membre du jury d’entrée de l’école Sciences Po. La  naissance de ses trois enfants. Les premiers pas dans le  journalisme. L’éclosion du polémiste. Les succès de librairie. L’ambition.

Le président sortant n’a pas convaincu une partie de la gauche traditionnelle, pas plus qu’il n’a rallié les voix d’une grande partie des Républicains. Pour couronner le tout, bon nombre d’abstentionnistes du premier tour qu’on pouvait croire favorables à Macron ont choisi Éric Zemmour.

Avec Macron, le credo « à droite et à gauche » était la doxa. Avec son successeur se substitue un credo « ni droite, ni gauche, français, patriote ». Désormais, le clivage se situe entre « les nationaux patriotes » et « les mondialistes progressistes ». Le candidat Zemmour a gagné son pari. Quelle sera sa politique économique et sociale ? Va-t-il vouloir quitter l’Union européenne ? Quelles sont ses intentions dans le domaine de l’immigration ? Sera-ce l’immigration zéro, comme il l’affirme ? Sur le plan pénal, va-t-il durcir la législation en matière de délinquance des mineurs ? Quelles vont être les relations entre le nouveau pouvoir et les organisations syndicales ? Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a prévenu durant la campagne électorale : « À la moindre remise en cause du droit syndical, du droit de grève, la sanction sera immédiate : nous déclencherons une grève générale illimitée. » Si les dirigeants des autres centrales syndicales sont restés muets, il est clair qu’ils emboîteront le pas à la centrale syndicale qui a montré lors de la réforme des retraites, au cours du mois de décembre  2019, que son combat, jusqu’au-boutiste était payant. Quant à l’organisation patronale, le Medef, il n’est pas sûr qu’elle manifeste la moindre hostilité face au volet social du gouvernement. Les méchantes langues aiment rappeler que les patrons peuvent se révéler être de zélés collaborateurs. Attendons la suite. Avec ces autres questions : comment va réagir le monde de l’éducation, le personnel hospitalier ? Et l’on pourrait évoquer les banlieues de l’Est parisien, de la métropole lyonnaise, de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, bref, de toutes les zones sensibles de notre pays – on en dénombre un millier – dans lesquelles des jeunes, sans qualification, sans travail – excepté le trafic de drogue – sont prêts, pour un motif futile, à en découdre avec les forces de l’ordre et à mener des actions insurrectionnelles, comme en 2005. Ou à tout le moins une guérilla urbaine, comme à Tourcoing, ville de Darmanin, au printemps 2021, qui a vu cinq nuits de suite s’affronter jeunes et forces de l’ordre.

Extrait du livre de Gilles Gaetner, « Le monde selon Zemmour, Récit imaginaire d’un rêve brisé », publié chez Mareuil éditions

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