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Diane de Poitiers : "pas si flamboyante que cela?"
©REUTERS/Christian Hartmann

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Diane de Poitiers : "pas si flamboyante que cela?"

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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LIVRE
DIANE DE POITIERS
de Didier Le Fur
Ed. Perrin 
385pages
 
RECOMMANDATION : BON
 
 
THEME
Trois parties essentielles pour ce livre érudit, écrit pour des lecteurs qui le sont aussi :
1 - « Il était une fois » : L’histoire que tout le monde connaît de Diane de Poitiers et qui est pour l’auteur, une sorte de légende dorée, orchestrée au cours des siècles.
2 - « Ce que l’on peut savoir » : Les faits réels, sous le crible de l’analyse stricte des documents historiques de l’époque.
3 - « La construction du roman »: Comment  est-on arrivé à construire une telle légende autour d’un personnage, avec si peu de faits établis historiquement ?    
 
POINTS FORTS
1 – Ce livre est une sorte de cas d’école d’historien ; c’est en cela qu’il est intéressant, puisqu’il montre que l’on peut, sans l’appui de véritable documents, écrire sinon n’importe quoi, du moins s’éloigner fort de la vérité, pour entrer quasiment dans la légende.
2 – L’analyse de l’évolution de la manière d’écrire une même histoire, à travers le temps et selon le gré des événements et des tendances politiques, toujours en évolution.
3 - C’est Brantôme qui mourut en 1613 et rappela qu’il avait connu Diane de Poitiers peu avant sa mort, a plus de 70 ans, et qu’elle était encore belle et désirable. Il contribua beaucoup à sa légende. Ce fut surtout à partir du 19ème siècle, avec l’appui des féministes, qu’on célébra autant sa beauté éternelle que l’influence notoire qu’elle aurait eu sur la politique royale et sur le rayonnement des arts.
3 – Intéressant passage sur l’évolution des regards contemporains, selon que l’on détestait ou désirait réhabiliter Catherine de Médicis, ce qui fit évoluer singulièrement le jugement porté sur la maîtresse du Roi Henri II, qui passa de « beauté magnifique » à « vieille jument grise ».
4 -Très foisonnant si l’on est passionné par l’histoire du 16ème siècle dans ses multiples détails, notamment régionaux.
 
POINTS FAIBLES
1 – La grande érudition peut devenir un défaut, car à force de trop détailler des personnages un peu secondaires de la grande histoire, on risque d’ennuyer le lecteur.
2 – De Diane, il reste finalement peu de chose. Outre ses diverses et complexes parentèles, on comprend qu’elle ne fut pas la maîtresse de François 1er, mais qu’elle devint réellement la maîtresse d’Henri II. Elle connut surtout une vie relativement banale quand, devenue veuve, elle veilla sur ses biens pour les léguer à ses enfants et petits enfants, dans un contexte de querelles de palais et de religions, où il s’avère qu’elle n’eut aucune influence.
3 - Etait-ce un bon sujet, si l’on voit le réel vide historique, face aux beautés de la légende détruite ?
4 –L’auteur évoque le petit nombre de documents iconographiques authentiques. Il est dommage qu’ils ne figurent point dans cette édition. 
 
EN DEUX MOTS
Si on s’intéresse seulement à Diane de Poitiers, on risque d’être déçu. Si l’on est passionné par la remise en question historique, et par le détail du 16ème siècle, on y trouvera un grand plaisir intellectuel. 
 
UN EXTRAIT 
« Savoir si Diane de Poitiers, à plus de 50 ans, était toujours la maîtresse d’Henri II est impossible à prouver et même à deviner,[…]. Cet âge était dans l’imaginaire du temps déjà canonique pour une femme, un âge qui pouvait supposer qu’elle fût ménopausée. Or selon la morale de l’époque, ce passage physiologique interdisait à la femme tout rapport sexuel ; n’étant plus destiné à la procréation, il devenait ignoble. » (page : 154)
 
L’AUTEUR 
 Didier Le Fur est l’un des historiens parmi les meilleurs spécialistes des 15ème et 16ème siècle. Auteur de biographies remarquées : Charles VIII, Louis XII, Henri II, il fut applaudi par la critique pour son François 1er aboutissement de 15 années de travail.

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