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La délinquance est souvent associée à l’univers urbain, ce qui n’est pas exact, et cache surtout de profondes disparités.
La délinquance est souvent associée à l’univers urbain, ce qui n’est pas exact, et cache surtout de profondes disparités.
©Reuters

Pas si paisible

Délinquance, insécurité : le monde rural est-il épargné ?

Que ce soit en ville ou à la campagne, les problèmes de délinquance se multiplient. Jean Spiri, Alexandre Brugère et Elise Vouvet préconisent des réponses au niveau local. Extraits de "Citoyens des villes citoyens des champs" (1/2).

Jean  Spiri, Alexandre Brugère, Elise Vouvet

Jean Spiri, Alexandre Brugère, Elise Vouvet

Jean Spiri, 30 ans, est élu de Courbevoie, vice président de la communauté d'agglomération Seine-Défense chargé de l'aménagement du territoire.

Alexandre Brugère, 24 ans, ancien porte parole national des Jeunes UMP, est consultant et anime deux think tanks.

Elise Vouvet, 32 ans, engagée politiquement en Charente, est co-auteure d'un essai sur l'égalité hommes/femmes, Alter-égales.

Ils sont les co-auteurs du livre "Citoyens des villes citoyens des champs" aux éditions Fayard.

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Des policiers là où sont commis les délits

La délinquance est souvent associée à l’univers urbain, ce qui n’est pas exact, et cache surtout de profondes disparités. La plupart des communes urbaines ont développé leur propre politique, en utilisant par exemple la vidéo-protection ou en mettant en place une police municipale. Si ces solutions sont nécessaires, cela ne veut pas dire qu’elles soient suffisantes. Le rôle des forces de sécurité nationales reste déterminant. Le retour de la police de proximité, sous différents avatars, est en route, mais il faut certainement aller plus loin avec un véritable rééquilibrage des forces de police, tenant compte de la population et des indices de criminalité de chaque ville. Au sein de chaque région, de chaque département, les zones où l’insécurité est la plus prégnante sont souvent connues, mais ce ne sont pas forcément celles où la police est la plus présente. Sans compter que le même phénomène qu’en ZEP peut être observé : ce ne sont pas toujours les agents les plus expérimentés qui sont nommés dans les zones les plus difficiles. Et il y a des déséquilibres criants entre les dépenses par habitant pour la sécurité et le nombre de policiers entre Paris centre et la Seine-Saint-Denis1.

Ce rééquilibrage est indispensable : les statistiques ne doivent pas servir à établir le même constat chaque année, mais bien servir de fondement à un plan de répartition des forces de police qui tienne mieux compte des taux de délinquance et de criminalité. L’évolution de l’indice de présence policière, et son ratio par rapport aux crimes et délits, doit faire l’objet d’un bilan annuel dans chaque région, qui s’accompagne de la présentation d’un plan d’actions visant à atteindre un ratio comparable dans toutes les communes et dans tous les quartiers. Alors il sera possible de parler d’une République qui protège tous les citoyens…

La délinquance, ça existe aussi en zone rurale !

L’isolement peut conduire à un sentiment d’insécurité. Car, si la délinquance est plus diffuse et moins médiatisée en zone rurale, elle existe bien, mais prend souvent d’autres formes, comme les cambriolages. L’exemple de la Charente, qui a vu son taux de cambriolage augmenter de 59 % sur l’année 2011, témoigne de la nécessité de ne pas cantonner les dispositifs de type « permanence cambriolage » – instauration d’un numéro vert, réalisation de rondes par les forces de l’ordre – aux seules périodes de vacances scolaires.

D’autres « bonnes pratiques » se sont développées dans les départements ruraux. C’est le cas de l’Ain, où des partenariats avec la chambre de commerce et d’industrie ont été mis en place afin de lutter contre l’utilisation frauduleuse de moyens de paiement, ou encore contre les vols chez les commerçants. L’initiative a été reproduite avec le secteur du bâtiment pour éviter les vols de matériaux. Depuis la mise en œuvre de ce programme, la délinquance a baissé de 17 % dans l’Ain2– un chiffre qui, s’il ne peut être entièrement corrélé, n’en demeure pas moins important. Généraliser les partenariats dans tous les départements qui peinent à endiguer la délinquance de proximité apporterait une solution nouvelle et complémentaire qui, au vu des chiffres, est intéressante. Elle a par ailleurs le mérite d’encourager le travail en réseau sur le territoire – un travail qui, allié à la généralisation des bonnes pratiques, permet souvent de résoudre les problèmes les plus concrets auxquels sont confrontés nos concitoyens.

 

1. Au niveau même de Paris, le décalage est impressionnant :1 policier pour 61 habitants dans le 1er arrondissement, 1 pour 531 habitants dans le 19e…

2. Réponse du ministre de l’Intérieur à une question du député de l’Ain Charles de La Verpillère, Assemblée nationale, octobre 2011.

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Extrait de "Citoyens des villes citoyens des champs", Fayard (2 mai 2012)

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