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De Profundis : le Front National va nous manquer…
©Reuters

Sans fleurs ni couronnes

De Profundis : le Front National va nous manquer…

Il se meurt. Et va bientôt rendre son dernier souffle. A notre très grand regret.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Johnny Halliday est mort. France Gall aussi. Et le FN ne se porte pas très bien. Sur son lit de douleur, il a de plus en plus de mal à respirer. A son chevet, une créature diabolique du nom de Marine Le Pen. Au lieu de lui faire du bouche à bouche pour le maintenir en vie, elle l'étouffe lentement.  Mais, se justifie-t-elle, c'est pour abréger son agonie.

Nous le FN, on aimait bien. Et tout le monde l'aimait bien. Les hommes politiques rivalisaient de proclamations appelant à "faire barrage au FN". Les manifestants défilaient en criant "A bas le FN". Même que les plus imaginatifs d'entre eux avaient inventé le "F-Haine." On s'était habitué à vivre avec. Il était vintage. Un peu comme ces habits mités qu'on ne met plus mais qu'on garde dans son armoire par nostalgie des temps passés.  Le FN fut jeune. Il avait commencé comme une épicerie de village gérée avec des soins amoureux par Jean-Marie Le Pen. Puis ce tout petit commerce avait pris de l'embonpoint.

Il était devenu une grande surface. Avec une réussite certaine. Les produits alimentaires qu'on y trouvait avaient pourtant largement dépassé leurs dates de péremption. Mais la foule s'y pressait quand même. C'était bon marché et on n'en mourrait pas empoisonné : juste quelques indigestions. Le fondateur de l'épicerie avait été jugé inapte à gérer une si grande structure. Alors sa fille, héritière aux dents longues, l'avait fait jeter dans un cul de basse-fosse ou dans une oubliette.

Mais le lot d'une grande surface est de chercher une synergie gagnante en s'alliant avec d'autres grandes surfaces. Pour y parvenir, la patronne, la taulière, avait pensé que l'appellation FN était de nature à repousser prétendants et soupirants. Elle cherche donc un nouveau nom, plus glamour, pour son grand magasin.

C'est pourquoi Marine Le Pen a réuni ses conseillers. Une bande de médiocres depuis le départ du plus intelligent d'entre eux : Florian Philippot. "Vous avez des idées ?" "Marineland" proposa l'un d'entre eux. "Pauvre tache, hurla la patronne, tu ne sais pas que c'est le nom d'un parc aquatique près de Nice ?" Un autre suggéra : "Front Populaire de Libération de la France". La colère de Marine Le Pen alla crescendo : "Tu veux qu'on soit assimilé à un vulgaire groupe terroriste palestinien?" Le plus candide, et aussi le plus niais des conseillers osa un "Et pourquoi pas Les Patriotes ?"

"Imbécile, crétin, tu ne lis pas les journaux ? Tu ne sais pas que cela été pris par le traitre Philippot ?" Désespéré, ne sachant plus à quel saint se vouer, elle demanda à ses sbires de sortir de fondateur de l'épicerie de sa geôle. Il arriva avec un joli sourire : "Bonjour fifille!" Elle lui confia tous ses tourments. Jean-Marie Le Pen lâcha : "des noms, mais j'en ai plein!" "Lesquels ?" "Le Parti Populaire Français. Le Parti Social Français. Le Rassemblement National Populaire".

Des lueurs de meurtres apparurent dans les yeux de la pauvre Marine. "Et tu veux qu'on prenne aussi comme sigle la croix gammée, qu'on fasse le salut fasciste, qu'on chante Maréchal nous voilà" cria-t-elle.  Le brave homme, qui voulait bien faire fut illico ramené dans l'oubliette où il se meurt. Sa cruelle fille a plongé dans une affreuse dépression. Si vous avez une idée… 

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