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Dans un monde de cloches, dressons le hit parade du pire dans notre société à bout de souffle
©Wikipédia commons

Les entrepreneurs parlent aux Français

Dans un monde de cloches, dressons le hit parade du pire dans notre société à bout de souffle

La cloche d’or revient au capitalisme boursier. Un système arrivé à sa limite extrême. Dans lequel le gain l’emporte sur la valeur, le profit sur le sens. Même quand le monde perd, nombreux sont ceux qui y gagnent. Plus précisément, peu nombreux sont ceux qui y gagnent si on les compare à l’immensité de la masse de ceux qui perdent. Un système intolérable pour un entrepreneur, aussi libéral soit-il.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Pâques est passé pour les uns. Pessah arrive pour les autres. Bref, nous sommes en pleines fêtes religieuses. La vie reprenant vite ses droits, la société a transformé cette occasion en délire commercial chocolaté, convoyé par des cloches soudainement douées de vie et d’un GPS suffisamment fin, pour cibler chaque maison peuplée d’enfants. La religion aura décidément bon dos pour l’éternité. Utilisée ou plutôt déviée un jour pour des raisons mercantiles, et plus gravement pour tuer l’impie ou l’infidèle le lendemain. Tuant aveuglément, en invoquant son nom pour le justifier, dans une capitale différente chaque semaine.

Mais la métaphore de la cloche sied finalement tellement bien, malheureusement bien, à notre société à bout de souffle. Petit tour du monde des cloches qui sonnent la fin de notre monde et rapide listing non exhaustif de ce qui pourrait nous apporter du chocolat.

La cloche d’or revient au capitalisme boursier. Un système arrivé à sa limite extrême. Dans lequel le gain l’emporte sur la valeur, le profit sur le sens. Même quand le monde perd, nombreux sont ceux qui y gagnent. Plus précisément, peu nombreux sont ceux qui y gagnent si on les compare à l’immensité de la masse de ceux qui perdent. Un système intolérable pour un entrepreneur, aussi libéral soit-il.

L’entrepreneur souhaite donner du sens à une croissance, qui ne peut être linéaire et obéir au compteur trimestriel d’un cours de bourse. L’entrepreneur ne créé pas son entreprise pour enrichir les traders du monde entier, qui n’ont jamais rien fait de leur vie pour créer la moindre valeur, mais seulement la capter au profit d’un système, qui ne comprend pas qu’il court à sa propre perte. Cette obsession du profit à tout prix a fait de l’homme le sacrifice à accepter, créant ainsi une masse de désespérés, un flot en pleine croissance, dont le désespoir sera le carburant des réactions les plus extrêmes. Ce système alimente l’aigreur, le ressentiment et l’esprit de violence. Si nous ne réagissons pas rapidement, notre monde s’écroulera dans le sang et interdira toute reconstruction sereine.

Les entrepreneurs peuvent changer cela en faisant notamment, de leurs salariés leurs actionnaires, en remplaçant la volonté de profit à court terme par la réussite à long terme. Le capitalisme de long terme est la seule faculté qui nous reste de restaurer l’image de l’entreprise auprès du public, de réconcilier les dirigeants et les salariés, de créer un nouveau dialogue social apaisé dans lequel l’enrichissement de tous sur le long cours permettra d’équilibrer la volonté légitime des actionnaires externes, de valoriser leur investissement et leur risque. Il faut inventer un « capitalisme passerelle » qui réduise les antagonisme plutôt que les creuser. La course au profit est la principale cause de la disparition de l’homme. Avoir fait des hommes une variable d’ajustement, qui permettrait de nous faire disparaître car nous ne serions qu’un facteur de coût, c’est oublier qu’une économie a besoin de consommateurs, et que des chômeurs désespérés font de bien piètres acheteurs de biens de consommation ! Etre productif pour qui, si l’homme n’a plus sa place dans l’économie, et n’en est ni le but, ni le moteur ?

La cloche d’or à égalité, sera décernée à la politique. A son personnel. Son fonctionnement. Son organisation. Sa rente. Oui je sais c’est facile. Ces représentants supposés du peuple sont devenus des cibles faciles, et s’en plaindre semble faire partie d’un parcours imposé pour toute personne censée porter un message réformateur. Et pourtant, si il n’y a pas de fumée sans feu, il n’y pas de critiques si acerbes et régulières, sans incendie démocratique. La démocratie a une vitrine bien terne, qui rebuterait le consommateur le plus acharné. Aveugles et sourds. Pour employer autant « d’handicapés » notre République doit répondre aux quotas que ses lois ont rendu obligatoires, en matière de recrutement. Certainement même un surplus vendable aux entreprises qui n’y sont jamais parvenues ! Jugez un peu, et je ne prendrai que les exemples les plus « poignants » :

1992 l’attentat contre la synagogue de la rue des Rosiers. Suivis par nombre d’attentats divers et variés, avec une constante, la haine de « l’infidèle ». Juif en tête. Au milieu des années 90, un premier rapport rendu au 1er Ministre alerte sur le développement de la radicalisation des banlieues, des prêches violents, de l’abandon des quartiers aux salafistes en échange d’une paix supposée dans les quartiers. Nos politiques ont cru acheter la paix pendant que les autres, tranquillement, préparaient la guerre. Ils ont le sang du Burkina, de la Côte d’Ivoire, de la Belgique, de la France et de tant d’autres dont les journaux parlent moins, sur les mains. De droite comme de gauche, l’animal le plus populaire aura été l’autruche et la confusion de cette communauté Parisienne bobo jusqu'aux neurones, entre racisme et réalisme, nous aura empêché d’agir pendant qu’il était encore temps. En relevant la tête du sable, ils auraient vu celui sur lequel des milliers de jeunes iraient s’entraîner à tuer nos concitoyens un jour futur. Honte à eux.

Des communes de Copé à celles de Vals, une constante, toujours la même. On a livré des quartiers entiers à ces « malades » en leur demandant une paix des « braves ». Plus exactement la paix des lâches. Le présent ne désigne pas les vrais coupables. Daech, EI, et avant eux Ben Laden existent car nous les avons créé ou laissé prospérer. Les USA avec l’Iraq et Sarkozy avec la Libye, ont complété le tour du monde islamique de la bêtise et de l’aveuglement. Hollande avait commencé à livrer des armes aux anti-Bachar, armes qui se retournent contre nos enfants aujourd'hui. On en vient à encenser Poutine pour avoir eu la clairvoyance et surtout d’avoir su s’embarrasser d’un peu moins de fumée et de baratin inutile, pour conjuguer sa volonté de ne pas laisser la route du pétrole aux extrémistes et d’éradiquer Daech, sans prendre les gants que nos démocrates chaussent essentiellement pour ne jamais se salir les mains. Nos politiques ne vivent de verbes pendant que les français meurent des balles. Et les autres nations aussi.

En vrac, le second prix à égalité de la Cloche d’Or, pourrait également leur revenir, pour ces raisons :

Dès 81, on connaissait la progression de l’espérance de vie. Mais on décida de sacraliser la retraite à 60 ans. Là où les prévisions les plus optimistes, et donc irréalistes, faites en 2010, auraient imposé une retraite à 65 ans, nous l’avons fixée à 62 ans. Une couche supplémentaire fut ajoutée avec bonheur avec la pénibilité.

Aucun budget à l’équilibre depuis Barre, mais aucun politique pour remettre en cause le rôle de l’Etat, le poids de l’Etat, le fonctionnement de l’Etat. Nous avons financé des déficits croissants par une dette proportionnelle, qui fait de nos enfants des débiteurs avant même leur naissance. Le fonds d’une durée initiale de 13 ans, lancé par celui qui prétend vouloir être un président « sage », Alain Juppé, pour amortir 50 milliards de dette de la sécu, a été étendu pour un montant de 240 milliards payable en 2025 en 2010. No comment…

Pas un seul politique pour remettre en cause le cumul des mandats, militer pour le renouvellement de la vie politique, réduire l’étendue de leurs privilèges, qui au contraire ont été étendus en termes de retraite notamment. Tant d’effort pour accroître nos impôts et si peu pour les y faire participer.

Pas un seul politique pour avoir le courage d’avouer que le droit français, est devenu le fossoyeur de l’emploi et non le protecteur contre le chômage qu’il prétendait être. 25% de chômage pour les jeunes les moins qualifiés et une augmentation de 70% en 4 ans du chômage des seniors. Un désastre. Pendant ce temps, tout a été fait pour compenser par l’impôt et jamais par les économies. La fiscalité du capital s’est accru d’un joli 50% en 10 ans. Très propice pour la croissance.

Pas un seul politique pour se poser la question du changement majeur que le numérique apporte, avec ses plus et ses moins, et de réfléchir sur les conséquences pour nos sociétés occidentales notamment. Heureusement, la société civile, et les entrepreneurs notamment, y veillent. On dit que le seul qui travaille à droite c’est Fillon. Mais il ne travaille pas, il réunit des groupes qui travaillent pour lui. En comparaison du vide de réflexion des autres candidats, il fait figure de borgne au pays des aveugles, et on comprend les éloges de ses colistiers ! Mais un borgne c’est tout à fait insuffisant dans une France sans vision, ni croissance.

La liste est trop longue pour la compléter ici. Mais suffisante pour justifier une cloche d’Or bien méritée.

La dernière cloche d’or, au dessus de toutes les autres, revient à ces bêtes aveugles, ou au contraire, bien trop visionnaires, tant ils savent et comprennent les faiblesses de nos démocraties et ont su exploiter, mieux que quiconque, l’aveuglement des uns et la bêtise des autres. J’ai nommé les extrémistes de la religion, qui en ont fait, une fois de plus dans l’histoire un profit politique, une histoire du monde, qui malheureusement, a été émaillée par l’exploitation de la foi au profit de destins funestes et de projets bien peu divins.

Alors nous les entrepreneurs, comme tous les citoyens, car un entrepreneur n’a rien de plus, ni de moins qu’un autre citoyen du monde, nous n’avons que 2 alternatives. Croire au bienfait et au pouvoir euphorisant du chocolat et le « piquer » à nos enfants et le consommer massivement. Ou bien nous lever, très vite, entre ce lundi de Pâques et le mois de mai 2017, afin d’être les prochaines cloches et apporter à la France, une incitation à croire aux cloches. Aux vraies !

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