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La croissance, oui !
Mais les déficits menacent toujours...
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EDITORIAL

La croissance, oui ! Mais les déficits menacent toujours...

A un an de l'élection présidentielle, l'embellie économique ne doit pas faire relâcher les efforts du gouvernement pour maitriser la dépense publique.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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C’est la divine surprise. La croissance est de retour, stimulée par la demande privée et de moins en moins par les relances des politiques budgétaires des États. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui porte ce jugement, vient de réviser à la hausse ses perspectives à court terme pour la plupart des pays européens et les États-Unis. Elle se montre particulièrement optimiste pour la France, en prévoyant un bond de 2,2 % cette année, alors qu’elle la créditait jusqu’ici d’une croissance de 1,6 % seulement.

Il est vrai que notre pays a enregistré une progression d’1 % du produit intérieur brut au premier trimestre. L’emploi des cadres redémarre alors que le chômage est en baisse. Les ménages ont fait provision d’épargne pendant la crise, tandis que les propriétaires, majoritaires dans le pays, voient leur patrimoine immobilier se valoriser. On ne peut que se réjouir de ces bons indicateurs, conduisant à un regain de confiance des entreprises qui regonflent leurs stocks et affichent de meilleures perspectives.

Mais, attention ! Ce mieux être fait renaître l’idée que le carcan de la rigueur annoncée pourrait se desserrer. Plusieurs ministres se félicitent déjà à l’idée que les déficits seront sans doute moins élevés que prévus. Et les vieux démons resurgissent à quelques mois des élections pour estimer qu’on peut commencer à rouvrir le robinet de la dépense. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, lance pourtant un rappel à l’ordre. Il ne faut pas perdre de vue que les déficits, même si leur rythme se ralentit légèrement, continuent de progresser alors que la machine à promesses est prête à se mettre en route. « Il ne faut pas distribuer plus qu’on ne gagne, répète-t-il à l’envi, sous peine de recréer l’usine à récession et à chômage ». Car l’embellie économique est fragile et pourrait marquer une pause dès les prochains mois, en raison de la hausse des matières premières et de l’énergie qui pèsent sur le  pouvoir d’achat. L’inflation rôde toujours avec le risque d’une remontée des taux d’intérêt, qui renchérirait aussitôt de manière considérable les échéances de la dette.

Avant de songer à des dépenses nouvelles, il est impératif de passer au crible tous les budgets existants, sans hésiter à les remettre en cause. L’Allemagne offre un bel exemple de réussite dans ce domaine, car elle est parvenue à une meilleure efficacité de la dépense. Ainsi, pour des résultats comparables en matière d’éducation, indique l’institut Thomas More, elle dépense 40 milliards de moins que la France, tout en assurant une meilleure rémunération des enseignants. Les exemples pourraient être multipliés dans l’administration et au niveau des collectivités locales, qui continuent chez nous de faire preuve d’une générosité excessive sur le plan social, alors qu’en adoptant certains aspects de la discipline d’outre-Rhin, on pourrait, en réduisant les dépenses inutiles ou inefficaces, augmenter les salaires et réduire les charges des entreprises.

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