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Un bouffon nommé Hugo Chavez…
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Au fou !!

Un bouffon nommé Hugo Chavez…

Le président vénézuélien pense que, peut-être, les Américains ont mis au point un système pour inoculer le cancer aux dirigeants latino-américains. Il affirme que trop de leaders sud-américains souffrent de cancers pour que ce soit une simple coïncidence. L’antiaméricanisme se transforme en pensée délirante selon Benoît Rayski.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Hugo Chavez est ce qu’il est convenu d’appeler amicalement (et il a beaucoup d’amis) un personnage haut en couleurs. Il est socialiste, révolutionnaire, bolivarien, anti-impérialiste, antisioniste, antilibéral. Des convictions (que dis-je ? des qualités !) qui lui valent en France une cote d’amour tout à fait appréciable. Besancenot l’admire, Mélenchon l’aime, le PCF l’idolâtre, les écologistes l’adorent et les vieux gauchistes non encartés se pâment devant ses envolées tribuniciennes. Hugo Chavez parle effectivement beaucoup. A la télévision, à la radio, toujours en direct, et sa voix mâle (il s’agit quand même d’un ancien militaire) donne des frissons d’extase aux peuples révoltés. Chavez donc parle, parle, parle. Pendant des heures. Et on ne saurait compter le nombre de fois où il a perdu l’occasion de se taire.

Cette fois-ci il a fait très fort. En apprenant que Cristina Kirchner, la présidente argentine, était atteinte d’un cancer (il en a eu un, lui aussi), il s’est demandé, benoîtement, si la CIA n’avait pas découvert une machine à donner le cancer aux leaders de gauche sud-américains. Comme Hugo Chavez est un homme circonspect, il s’est bien gardé d’accuser, comme ça, bêtement, les Etats-Unis. Il a simplement dit ne pas exclure cette possibilité.

Quelqu’un d’autre, très connu en France (et quand même un peu moins au Venezuela) lui avait, un jour, montré la voie. Dieudonné s’était en effet laissé aller à réfléchir à haute voix sur la possibilité que les Juifs aient inoculé le SIDA à l’Afrique Noire. Et il avait, prudemment, ajouté qu’il n’en était pas sûr mais qu’il ne pouvait exclure cette éventualité, en attendant qu’une enquête impartiale et internationale fasse la lumière sur ce possible et affreux complot. Sans vouloir rien enlever à Chavez, nous relèverons que dans cette façon de raisonner il a un prédécesseur. Et il est de chez nous.

Bien des choses lient d’ailleurs les deux hommes. Ils sont l’un et l’autre des comiques : l’un par profession, l’autre par nature. De surcroît ils se rendent souvent à Téhéran, où règne un de leurs potes qui est convaincu que les chambres à gaz n’ont pas existé. Leur séduisante façon de penser n’est pas dépourvue d’un certain charme. Comment ne pas succomber à son irrésistible attrait ? Ainsi je ne dis pas que la Terre est plate mais, dans l’attente d’investigations approfondies, je ne peux exclure cette hypothèse. Ainsi je ne m’avancerai pas à affirmer que Chavez est un imbécile illuminé, mais, toujours dans l’attente etc…etc…, je ne peux exclure cette possibilité. Ainsi je me refuse à proclamer que Dieudonné est atteint d’une dégénérescence grave du cerveau mais, encore dans l’attente etc…etc…, je ne peux écarter cette éventualité.

De cette façon nous avançons dans le meilleur des mondes qui refuse la pensée unique du néolibéralisme, du capitalisme, de Wall Street, de la City, du FMI, et, surtout, de l’impérialisme américain. Un penseur marxiste avait, au début du 20ème siècle, défini l’antisémitisme comme « le socialisme des imbéciles ». Aujourd’hui c’est l’antiaméricanisme qui est « le socialisme des imbéciles ». Ce qui n’exclut pas d’ailleurs l’antisémitisme, les deux faisant souvent route ensemble. Il n’est peut-être pas inutile d’écouter Chavez : il dit tout haut ce qu’un grand nombre de demeurés pensent tout bas. C’est instructif. Quant à ceux qui, comme moi, estiment que les divagations hallucinatoires du président vénézuélien sont plus que lassantes, qu’ils se réfèrent à la phrase lancée par le roi d’Espagne à Chavez lors d’un sommet ibéro-latino-américain. Alors que le numéro un de Caracas était parti dans une tirade d’insultes à l’égard d’Aznar, l’ancien Premier ministre espagnol, traité de « fasciste », Juan-Carlos, hors de lui et blême, lui cria : « Porque no te callas ? » En Français cela veut dire : « Pourquoi tu ne la fermes pas ? ». On ne saurait mieux dire.

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