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France, Grèce : mêmes problèmes…
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Crise de l'euro

France, Grèce : mêmes problèmes…

La crise économique que traverse la Grèce pourrait se propager en Europe et notamment en France. Dans notre pays, l'adoption de l'euro a considérablement déséquilibré la balance commerciale. Le déficit s'accentue chaque mois. Décryptage par l'économiste Jean-Pierre Chevallier.

Jean-Pierre Chevallier

Jean-Pierre Chevallier

Jean-Pierre Chevallier est économiste, spécialiste de politique monétaire et analyste financier indépendant.

Il anime le blog chevallier.biz.                                                                                                                                                                                                                  

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La tendance lourde et longue est bien baissière : le déficit s’accentue chaque mois, ce qui signifie que les produits made in France sont de moins en moins compétitifs sur les marchés internationaux. Dans ces conditions, il est absolument impossible de redresser la situation pour revenir à une balance commerciale excédentaire.

La balance commerciale de la France était excédentaire avant l’adoption de l’euro mais ensuite, la dégradation a été continue, surtout après juin 2004.

La seule et unique solution de ce problème est de dévaluer la monnaie qui circule en France par rapport à celles qui circulent dans les pays les plus compétitifs, la référence étant l’Allemagne. Dans des circonstances comparables, Georges Pompidou a fait dévaluer le franc de 11 % en août 1969 pour prolonger la croissance des 30 Glorieuses.

Une sortie de la zone euro nécessaire

Actuellement, le pourcentage souhaitable de dévaluation qu’il faudrait appliquer pour faire repartir la croissance (et l’emploi) en France est de l’ordre de 15 %. En effet, les bons des Trésors à 10 ans jouent le rôle d’ersatz de monnaies nationales dans l’euro système. Les écarts en pourcentage de leurs rendements par rapport au Bund donnent une indication fiable sur le niveau de dévaluation optimal qu’il faudrait appliquer, ce qui suppose évidemment de sortir de l’euro système.

Tant que la France y reste, aucun redressement n’est possible. Les investisseurs ont bien compris ce problème : depuis l’adoption de l’euro, les capitaux sortent de France pour s’investir préférentiellement à l’étranger.

Le déficit cumulé des investissements directs étrangers est supérieur à… 600 milliards d’euros depuis 1997.

Dans ces conditions, il est absolument impossible de redresser la situation pour faire revenir ces 600 milliards d’euros en France. Il en est de même en Grèce, en pire : le problème majeur n’est pas le déficit ni le niveau d’endettement de l’Etat, mais le déficit cumulé de la balance commerciale qui n’est pas compensé par des entrées de capitaux attirés par la compétitivité du pays.

La Grèce est maintenant dans une situation irrattrapable. C’est un petit pays, mais c’est le premier domino dont la chute peut entrainer celle de beaucoup d’autres en Europe et dans le monde entier.

Retour de la croissance par la dévaluation

Sortir de l’euro système, réintroduire le franc français et le laisser flotter par rapport au deutschemark restauré (ou plutôt à l’euro maintenu comprenant l’Allemagne sans les pays du Club Med) permettrait à la France de bénéficier d’une dévaluation compétitive de 15 %, ce qui ferait repartir la croissance (et l’emploi) car le niveau de productivité horaire y est l’un des plus élevés du monde.

Tant que ces décisions ne seront pas prises, la situation se dégradera en empirant. C’est l’économie, avec ses principes irréfragables.

Les chiffres (et les graphiques qui en sont tirés) sont ceux de la balance des paiements publiés par la Banque de France.

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