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Des salariés travaillent dans une entreprise spécialisée dans l'usinage de pièce en acier, à Coueron près de Nantes, le 16 janvier 2017.
Des salariés travaillent dans une entreprise spécialisée dans l'usinage de pièce en acier, à Coueron près de Nantes, le 16 janvier 2017.
©JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Frein pour les entreprises

Crise énergétique : l’impact de la hausse des coûts entrave déjà l’activité de nombreux secteurs

Alors que les prix de l'énergie connaissent un fort rebond, la métallurgie, la production d'engrais et l'agroalimentaire sont les branches les plus touchées.

Damien Ernst

Damien Ernst

Damien Ernst est professeur titulaire à l'Université de Liège et à Télécom Paris. Il dirige des recherches dédiées aux réseaux électriques intelligents. Il intervient régulièrement dans les médias sur les sujets liés à l'énergie.

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Atlantico : Selon les données de la BBC, une entreprise Écossaise sur cinq s’attend à une réduction de ses opérations en raison de la hausse des prix de l’énergie. Est-on actuellement dans une situation similaire en France ?

Damien Ernst : La réponse est différenciée selon les marchés sur lesquels on se trouve. Si ce sont des marchés où nous sommes en compétition avec les Etats-Unis, dans la mesure où le gaz est moins cher, il y a des problèmes de compétitivité. Le prix du gaz aux USA est à 15 €/MWh quand on est autour de 100€/MWh en Europe. C’est une différence de facteur 5 ou 6. Dans ces conditions, il est très difficile de rester compétitif, ce qui entraîne des baisses de production. Certains secteurs sont moins sensibles à la compétitivité. Pour les entreprises, la crise représente un quasi doublement du prix de l’électricité ; c’est pire encore pour le gaz (une multiplication par 3 ou par 4). Cela risque d'entraîner des fermetures d’entreprises et / ou des fortes augmentations des prix, une forte inflation des produits.

Quels sont les secteurs les plus touchés ? Certains secteurs sont-ils au contraire épargnés ?

Le secteur le plus touché pour l’instant, c’est celui des engrais. La fabrication d’engrais utilise du gaz naturel comme matière première des engrais nitratés. C’est impossible pour ces usines d’être compétitives par rapport aux Etats-Unis. De même, toutes les industries qui utilisent beaucoup d’électricité : pour la production d’aluminium par exemple, pour les verriers, ceux qui produisent du cuivre, toute la frange de la métallurgie qui utilise la galvanisation, etc. Et il y a aussi toutes les entreprises informatiques qui demandent beaucoup de serveurs.  Et par ricochet celles qui utilisent ces matériaux ressentent aussi le phénomène. Dans la filière concernant l'alimentation, qui utilise beaucoup d’engrais, les fermiers ont moins utilisé d’engrais pour rester dans leurs frais, ce qui a entraîné une baisse de la production de la nourriture. Cela va évidemment se traduire par une hausse des prix.

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Comment les entreprises françaises ressentent-elles la hausse des prix de l’énergie actuelle ?

Une des spécificités de la France est que certaines entreprises bénéficient du tarif ARENH pour 60% de leur consommation (donc 42€/MWh contre 200€/MWh sur le marché). Ainsi, au sein des pays européens, la France a un avantage. Et l’augmentation de l’ARENH doit être comprise comme un subside aux entreprises françaises (pour le malheur d’EDF). Cependant, en Europe de nombreuses entreprises ont pris des contrats de long terme pour se protéger d’éventuelles fluctuations, donc toutes ne sont pas exposées. En raison de l’ARENH, les industriels français ne se sont pas couverts comme ont pu le faire les Européens. Donc, ces contrats sont déterminants pour la compétitivité des entreprises et notamment sur le long terme.

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