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COVID-19 : la pandémie sanitaire et financière en 5 tableaux
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En espérant en tiré des leçons

COVID-19 : la pandémie sanitaire et financière en 5 tableaux

Jean-Paul Betbeze revient sur la pandémie sanitaire et fiancière de la crise du coronavirus. Comment cette pandémie montre les forts et les faibles, les unis et les désunis de cette crise?

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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1 - Plus de 620 000 personnes touchées et bientôt 29 000 morts : la pandémie s’étend, surtout son épicentre se déplace. Situé à Wuhan (Chine) au départ, il s’installe ensuite en Italie, puis aux États-Unis, même si les analystes américains comptent plus de 230 000 cas européens (vendredi  27 mars) contre 104 000 chez eux. L’épicentre resterait donc européen ! Soyons sérieux : la progression se poursuit en fait à  la même vitesse aux États-Unis et ralentit en Europe. Les experts regardent alors les courbes, ventant le « modèle coréen (du Sud) », où chacun est suivi avec son portable. Ils apprécient le cas suédois, jusqu’à ce qu’il se détériore. Ils s’interrogent toujours sur la validité des données chinoises (il n’y a pratiquement plus de malades) et s’inquiètent sur ce qui se passe en Suisse, recordman des cas par million d’habitants ! Ce à quoi les Suisses répondent que, eux, ils font des tests massifs de dépistage. Autrement dit : tous vos chiffres sont faux, c’est bien pire !

2 - En attendant, les marchés boursiers passent par des hauts et des bas extrêmes, demandant des milliards de crédits bancaires et des milliards de déficits budgétaires. Puis, le jour qu’ils les ont, ils trouvent que ce n’est pas assez, puis assez le jour d’après, puis pas assez le jour suivant. Maintenant que l’économie semble repartir en Chine, ils attendent donc le point de rebroussement aux États-Unis, qu’ils jugent poche. Alors ils remontent depuis leur minimum du 17-20 mars, hésitants quand même en fonction du nombre de nouveaux cas d’un côté, de meilleurs indices d’activité (partiels) de l’autre.

3 - Les milliards d’euros et de dollars que les banques centrales s’engagent à mettre en place pour acheter les milliards d’euros et de dollars de déficits budgétaires, puis de papier commercial et d’obligations d’entreprises privées calment les inquiétudes sur les dettes publiques et privées. Les banques centrales achèteront ! Les taux longs se détendent, surtout aux Etats-Unis.

Mais tout a des limites : les agences de rating s’inquiètent de la montée des risques. Moody’s met « sous surveillance négative » le secteur bancaire français. Les dégradations effectives suivront dans un mois. L’agence s’explique : « L'ampleur et la croissance des bouleversements économiques et commerciaux déclenchés par la pandémie vont accroître la pression sur l'environnement opérationnel et la performance des banques françaises ». C’est évident et les secteurs bancaires belge, danois, néerlandais, italien et espagnol sont mis aussi sous surveillance négative. Puis Fitch dégrade la note du Royaume-Uni à AA-, avec une perspective négative. Attendons-nous à une course aux dégradations entre les agences de rating, sur les banques, les entreprises, les États. Le crédit monte partout, pas encore l’activité, le risque ne peut donc qu’augmenter.

5 - Il faut alors se protéger, vers l’or, sachant que le prix du pétrole s’effondre, effet de la bataille entre Arabie-Saoudite et Russie. L’Arabie (et donc en large part l’Opep) voulait réduire sa production pour arrêter la chute des prix du brut, mais la Russie a refusé, se disant qu’elle faisait le jeu des États-Unis en soutenant ainsi… le prix du pétrole de schiste ! Alors la guerre des prix est déclarée, ce qui pose évidemment des problèmes budgétaires à l’Arabie Saoudite (en déficit chronique) et plus encore à la Russie. Bien sûr, Algérie, Iran… souffrent aussi. Au fond, il n’y a que l’or qui vaille !

6 - Que le dollar surtout ! L’euro continue sa baisse graduelle, graduelle parce que des interventions et des annonces de la BCE arrêtent des chutes vers le 19 février et le 19 mars. La glissade est gérée, sachant que le Trésor américain ne veut pas d’un dollar trop fort. Mais la Livre Sterling, elle, même soutenue, ne peut parer sa chute : COVID-19 plus Brexit. Le Rouble s’effondre : il l’a bien cherché se disent les traders.

Le cas le plus singulier est celui du Franc Suisse, où la Banque Nationale Suisse s’agite… pour qu’il ne monte pas trop (début mars) par rapport au dollar et à l’euro. C’est bien d’être le lieu le plus sûr du monde, sauf si cela tue l’économie !

Cette pandémie montre les forts et les faibles, les unis et les désunis. On peut espérer que nous en tirerons des leçons d’efficacité et de modernisation, donc de renforcement, et les mettrons en pratique dès que nous sortirons !

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