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Covid-19 : faire de cette crise sanitaire et économique gigantesque une opportunité pour la France
©JOEL SAGET / AFP

Bonnes feuilles

Covid-19 : faire de cette crise sanitaire et économique gigantesque une opportunité pour la France

Le Général Didier Tauzin publie "Rebâtir la France après le Covid-19 : sur le roc !" chez Mareuil éditions. Dans cet essai, le Général Tauzin propose les grandes lignes d'une nouvelle politique accompagnée des mesures immédiates à prendre pour reconstruire la France "sur le roc !". Un livre plus que jamais salutaire. Extrait 1/2.

Didier Tauzin

Didier Tauzin

Didier Tauzin est général de division.

Il a commandé de 1992 à 1994 le prestigieux RPIMa (Premier régiment parachutiste d'infanterie de marine), notamment lors d'opérations au Rwanda.

Il est l'auteur du livre "Rwanda, je demande justice pour la France et ses soldats" (éditions Jacob Duvernet, 2011) ainsi que de "Rebâtir la France" (Mareuil éditions) et Rebâtir la France après le Covid-19 (Mareuil éditions).

 

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L’épidémie, la façon anxiogène dont elle est traitée, mais surtout les très graves crises financière, économique et sociale et toutes les autres conséquences qui s’ensuivront sur la longue durée, peuvent conduire, par engrenage, à un effondrement complet de notre « système » mondial. Cet effondrement peut commencer dans les jours à venir. Il aurait l’Europe occidentale ou les États-Unis pour épicentre mais s’étendrait au monde entier par « effet domino », du fait de l’interdépendance où la mondialisation nous a placés. 

Alors que faire devant ce drame possible sinon probable ? 

D’abord, se rappeler que le pire n’est JAMAIS inéluctable ! Nous pouvons faire de cette crise gigantesque une opportunité magnifique. Si nous reconstruisons à l’identique l’édifice qui s’écroule, si nous ne changeons pas radicalement ses fondations, il présentera les mêmes défauts que celui qui aujourd’hui disparaît, avec les mêmes conséquences désastreuses. Tous, surtout ceux qui ont des responsabilités, notamment politiques, militaires, économiques ou sanitaires, nous avons aujourd’hui le devoir de tout repenser sans jamais céder à la panique. Le simple fait de commencer dès aujourd’hui cette remise en cause radicale nous mettra psychologiquement en position de force et de rebond, fera renaître l’espoir et la confiance, ouvrira donc les portes de l’avenir. Ne pas le faire conduira à l’écroulement irrémédiable, et peut favoriser un retour généralisé à la barbarie. 

Je ne traiterai pas ici des mesures de court terme visant à limiter les dégâts ; je n’ai pas toutes les compétences nécessaires à cela. De plus, elles sont du ressort des responsables actuels. Mais je veux aller plus loin, apporter ma pierre à la construction de l’avenir.

I – Quelques constats 

1.1 – Un premier constat, très encourageant, s’impose : le danger nous fait revenir instinctivement à des réalités naturelles et immémoriales. En quelques jours, un virus nous a fait abandonner toutes les utopies idéologiques et nous ramène au réel. La famille retrouve son rôle d’entraide ; toute frontière redevient une porte que l’on ferme pour se protéger quand on ne peut pas la laisser ouverte pour accueillir ; la nation est la communauté naturelle qui nous soutient, sans nous empêcher de nous ouvrir sur le monde ; la nécessité de l’indépendance médicale et alimentaire redevient évidente. 

1.2 – Nous avions remplacé le service de l’homme par le règne de l’argent roi et la loi du PIB, la consommation à outrance, l’individualisme, le communautarisme, le mondialisme, l’écologisme, le transhumanisme, etc. Comme aux temps préhistoriques, nous continuions de penser la politique, l’économie, la science, en termes de domination, de puissance, d’asservissement, de manipulation, ce qui nous a conduits à considérer l’homme comme un outil, un moyen, un producteur-consommateur qu’il faut gérer, former, utiliser puis réformer et mettre au rebut.

Cette épidémie nous réapprend que l’homme concret est grand, très grand, qu’il est digne d’être aimé et qu’il est la seule raison d’être et la seule légitimité de la politique, de l’économie, de la science, des technologies, qui doivent être toujours à son seul service. Nous avions oublié qu’il est aussi capable, comme nous le montrent magnifiquement tous ceux qui, aujourd’hui, portent secours aux malades, d’héroïsme, jusqu’à donner sa vie pour que d’autres la conservent. 

1.3 – Si petit qu’il est, le coronavirus est donc un révélateur des très graves insuffisances de notre société, et d’abord de la mauvaise conception de l’homme sur laquelle nous l’avons construite. Et, « en même temps », il nous montre le chemin de l’avenir qui doit être fondé sur une tout autre conception de l’homme et de la société. À défaut de suivre cet autre chemin, tout ce que notre orgueil construira conduira, tôt ou tard mais inéluctablement, au chaos. 

Si petit qu’il est, le coronavirus nous rappelle aussi que la vraie vocation de la politique est de montrer et d’ouvrir les chemins de l’humanisation de chaque homme, mais aussi des rapports entre les hommes et entre les nations. Elle est de répondre à l’aspiration à la paix, à l’unité, à l’amitié, enfouie au cœur de chaque homme et de l’humanité elle-même. Cette vocation implique le respect des principes essentiels que sont la recherche constante du bien commun, l’application du principe de subsidiarité, la responsabilisation de chaque être humain, la solidarité, qui a pour fondement la famille traditionnelle, la liberté des peuples à prendre des décisions ajustées aux circonstances. 

Si petit qu’il est, le coronavirus nous rappelle enfin que la vraie vocation de ceux à qui est confié le pouvoir politique n’est pas de tout faire, tout décider, tout organiser. Elle est d’abord de remplir parfaitement les missions que l’État seul peut remplir, missions qui relèvent du bien commun national : l’unité nationale dans la paix et la justice sociales, la sécurité intérieure et extérieure face à toutes les menaces, y compris sanitaires, la capacité de la nation et de chacun de ses membres à subvenir à leurs besoins fondamentaux en toutes circonstances, l’établissement et le renforcement de relations internationales pacifiques dans le souci du bien commun de l’humanité entière. 

1.4 – La Ve République est morte, même si son cadavre bouge encore. Le général de Gaulle l’avait fondée avec comme souci majeur de mettre fin à ce qu’il appelait « le système désastreux des partis » ; ce système s’est réinstallé depuis une quinzaine d’années. Il est devenu une véritable tyrannie, et cette tyrannie des partis a fini par tuer l’esprit de la « République de 1958 ».

Extrait du livre du Général Didier Tauzin, "Rebâtir la France après le Covid-19: sur le roc !", chez Mareuil éditions

Lien vers la boutique : ICI et ICI 

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