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Foot féminin : 
du battage médiatique à l'oubli ?
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Hors-jeu

Foot féminin : du battage médiatique à l'oubli ?

La Coupe du monde de football a livré son verdict ce dimanche : le Japon a emporté le titre face aux États-Unis. L'équipe de France termine quatrième. Retour sur une belle aventure... avant que les "filles" ne retombent définitivement dans un vide médiatique ?

Charlotte Feraille

Charlotte Feraille

Charlotte Feraille est rédactrice en chef du magazine On the Field.

Le premier numéro est dans les kiosques depuis ce samedi 25 juin.

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2,4 millions millions de spectateurs pour la demi-finale France-USA…  Plus que pour les matchs du PSG. Et TF1 qui se demandait s’il ne fallait pas obtenir le droit de diffusion de la finale en cas de qualification des bleues en finale... Le sport féminin séduit-il enfin les Français ? On le lit. Quelques lignes par-ci, par-là. Les gros titres dans certains journaux. Des commentaires au JT. Des portraits de joueuses dans le Direct Sport parisien… Le sport le plus populaire en Europe serait-il en train de devenir féminin ? Réponse : NON.

Que celui qui voit une fille autre qu’une femme de footballeur mannequin au classement des personnalités footbalistiques de So foot ou de L’Equipe fasse entendre sa voix. Ce qui intéresse la presse : les déboires alcooliques de la capitaine anglaise – expatriée aux USA. Ce qui fait jaser : les filles sont techniques et plutôt mignonnes. Ah cela c’est important car surprenant ! Il n’empêche que si on leur concède un niveau technique impressionnant, les journalistes sportifs – mais pas que – vous rappelleront que si on opposait les Bleues à n’importe quel club de village, elles se feraient laminer par leurs homologues masculins. Pourquoi donc tant de tapage médiatique ? Parce qu’il faut bien que la fédération française de football retape son image et se  modernise.

Rêve américain et cauchemar français ?

Parce que les Américaines, celles qui ont battu nos vaillantes petites françaises, sont considérées depuis belle lurette. Pas étonnant que certaines de nos joueuses européennes s’expatrient donc ! Aux USA, le sport national du machisme est FEMININ. Qu’on se le dise ! Les hommes les vrais eux jouent au football américain ou au baseball. Pas au soccer. Il existe là-bas des équipes universitaires et professionnelles solides, soutenues et encadrées. C’est un sport qui rapporte de l’argent… pour les filles  qui ont de gros moyens pour s’entraîner. Et des adversaires.

En Europe, si l’équipe féminine de l’OL a remporté la Coupe d’Europe des clubs, les joueuses soutiennent qu’elles sont contraintes de s’entraîner sans rivales dignes de ce nom. Évidemment, si toutes les bonnes joueuses signent à Lyon ou s’enfuient aux States... Dans le foot plus qu’ailleurs, dur pour une fille d’exister puisque pour concourir, il faut une équipe de 11 nanas rigoureuses et motivées par et pour la compétition. Quant à la compétition de haut niveau qui demande de sacrifier temporairement sa carrière voire une partie de sa vie privée, il faut être passionnée pour s’y lancer. Surtout si les compensations financières sont absentes. Et les sportives déconsidérées.

Samedi soir, les bleues se sont inclinées face aux suédoises. Des milliers de spectateurs les ont suivis. Mais demain qu’en sera-t-il ? Tout ce battage médiatique autour d’un football féminin qui n’a intéressé personne auparavant ne serait-il pas artificiel ? On dirait presque que la FFF chercherait par les filles à redorer le blason de leurs homologues masculins, trop souvent accusés de manque d’esprit d’équipe, de motivation… Parce qu’eux s’entraînent dans de grosses structures et sont riches. Et ça on n’en entendra jamais assez parler.

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