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Paris attire pour son luxe, notamment dans l'immobilier
Paris attire pour son luxe, notamment dans l'immobilier
©Reuters

Château hanté

Coup de froid sur l’immobilier de luxe : l’attractivité de la France en a-t-elle encore pris un coup ?

La ville lumière, notre belle capitale, est traditionnellement connue et attire pour son luxe, notamment dans l'immobilier. Un attrait historique qui se délite en grande partie à cause de la vision que les étrangers ont de la France : un pays politiquement instable et repoussant fiscalement.

Nathalie Garcin

Nathalie Garcin

Nathalie Garcin dirige les agences de Paris, Deauville, Bordeaux, Lyon, Megève, Courchevel, Périgord et de la Côte Basque du réseau d'immobilier de luxe Emile Garcin.

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Atlantico : La ville de Paris est passée de la 4ème place à la 6ème place, derrière New York, Miami, Hong Kong ou encore Singapour dans le classement des villes les plus cotées chez les riches étrangers, selon les chiffres de l’agence Barnes. Comment expliquer cette évolution ? Y a-t-il eu une baisse conséquente des prix ?

Nathalie Garcin : La cause de cette désaffection n'est pas la baisse des prix. Justement, la baisse des prix est le résultat du mauvais placement et de la fiscalité en hausse. Les étrangers n’achètent plus, il y a en beaucoup moins qu’autrefois. Avant, nous avions 60% d’étrangers parmi ceux qui achetaient dans le haut de gamme à Paris, et aujourd’hui il n’y en a plus que 20%. Pour des raisons fiscales, tous les conseillers et avocats des clients fortunés leur déconseillent d’acheter à Paris aujourd’hui.

Il y a cinq ans, Londres était 20% plus chère que Paris, aujourd’hui elle l'est 150% plus. Pourquoi un tel fossé se creuse-t-il ?

Le « France Bashing » dans les articles de presse étrangère comme Newsweek ou le Financial Times conseillent aux gens de ne pas investir en France, ce qui a des effets désastreux. La fiscalité et le gouvernement incertains sont les principales causes de ces départs massifs. Les grosses fortunes délaissent Paris au profit de Londres.

Evidemment, le phénomène des exilés fiscaux joue aussi un rôle sur les esprits étrangers. Leurs amis richissimes français s’en vont, ce qui ne les incite pas à venir. L’ambiance inquiète. Tous les conseillers fiscaux du monde entier, qu’ils travaillent pour des clients français ou étrangers leur disent ne pas acheter. On dit aux Français qu’il vaut mieux qu’ils se décentralisent, et aux étrangers, on leur dit qu’il vaut mieux investir à Londres ou à New York. Aujourd’hui, Paris est dans une situation extrêmement préoccupante sur l’immobilier de luxe ; on ne sait pas quelles nouvelles lois le gouvernement va encore nous imposer. Le gouvernement fait peur aux propriétaires.

Quelles sont les nouvelles clientèles qui affluent à Paris, et qui continuent à investir ?

Les Qataris sont la première clientèle. Ils ont toujours beaucoup investi en France et surtout a Paris. Pour moi les Qataris sont à moitié français, à moitié parisiens ! Ils voient que les prix sont plus attractifs aujourd’hui et donc achètent. Ils connaissent aussi très bien le marché parisien, et voient qu’à très long terme, il n’y a pas de problème. Il n’y a pas vraiment de nouvelle clientèle en France. Heureusement qu’il reste beaucoup de Français qui investissent dans la pierre, qui n’hésitent pas à bouger, et qui achètent pour leurs enfants. La pierre est toujours un endroit refuge pour ceux qui ne veulent pas tout laisser en banque.

Comment la capitale prépare-t-elle la relève ? La baisse des prix anticipée, prévu pour 2014, permettra-t-elle de rendre l’immobilier parisien plus attractif ?

Si les clients veulent vendre, il faut qu’ils baissent leurs prix. On espère que cela va changer la donne. Pour l’instant, le marché se maintient. Il y a des acheteurs, des promesses de vente, des offres, mais on ne se réjouit pas. Il faut être prudent, car on ne sait pas si cela va durer.

Propos recueillis par Ilana Ferhadian

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