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Ségolène Royal sera l'invitée du JT de TF1 ce dimanche à 20h
Ségolène Royal sera l'invitée du JT de TF1 ce dimanche à 20h
©Reuters

Revenante

Coucou, me revoilà : qu’est ce que Ségolène Royal peut encore apporter à la vie politique française ?

Ségolène Royal revient sur le devant de la scène en publiant un livre : "Cette belle idée du courage". L'ancienne candidate à l’élection présidentielle serait l'invitée du 20 h de TF1 ce dimanche soir. Mais pour dire quoi ?

Alexandre Vatimbella

Alexandre Vatimbella

Alexandre Vatimbella est le directeur de l’agence de presse LesNouveauxMondes.org qui est spécialisée sur les questions internationales et, plus particulièrement sur la mondialisation, les pays émergents et les Etats-Unis.

Il est également le directeur du CREC (Centre de recherche et d’étude sur le Centrisme). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages (dont Santé et économie, Le Capitalisme vert, Le dictionnaires des idées reçues en économie, Le Centrisme du Juste Equilibre, De l’Obamania à l’Obamisme).

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Avant de devenir président des Etats-Unis au destin tragique et l’icône de toute une génération, John F Kennedy écrivit en 1955 un livre sur le courage politique («Profiles in courage») où il dressait le portrait de huit grands sénateurs américains et qui remporta le prestigieux Prix Pulitzer. Ségolène Royal le connaissait-elle et s’en est-elle inspirée, en écrivant le sien qu’elle a intitulé «cette belle idée du courage» où elle raconte l’histoire de plusieurs personnalités qui l’ont marquée?

La similitude entre les deux ouvrages et l’ambition présidentielle de madame Royal, elle qui utilise depuis toujours jusqu’à la corde tous les artifices du marketing pour promouvoir sa personne, font penser que cette proximité des deux ouvrages n’est sans doute pas fortuite.

Dans ses portraits, tout autant que dans ceux de Kennedy, c’est bien son image que Ségolène Royal veut promouvoir en montrant sa force de caractère et sa capacité face à ses nombreux adversaires politiques, surtout ceux de gauche…

Cependant, même si elle pense être une digne représentante du courage dans une vision, à la fois, narcissique, paranoïaque et enjolivé de son parcours politique, il ne suffit pas de lancer des idées abracadabrantesques ou de se prétendre seule contre tous pour en être une championne.

Voilà pour la posture qui n’est qu’une partie, peut-être la plus anecdotique, de cet «événement» littéraire.

Ainsi -- ce qui est sûrement son but premier --, la revoilà dans l’actualité pour quelques jours, juste au moment où Paris bruisse de rumeurs sur un possible remaniement ministériel.

Mais l’ex de François Hollande pourrait-elle devenir une de ses ministres surtout quand on considère qu’elle est ingérable et imprévisible?

Elle est, en tout cas, une épine dans le pied d’Hollande dont celui-ci ne pourra jamais se débarrasser au cours de sa présidence, quelle que soit la pince qu’il veuille utiliser pour cela... C’est une évidence et c’est sans doute pourquoi Guillaume Tabard en dit tant de bien à l’occasion de la sortie de ce livre dans Le Figaro de samedi!

Sans préjuger de ce que fera le président de la république, il est évident qu’elle est plus gérable à l’extérieur du gouvernement qu’à l’intérieur. Imaginons quelques instants sa présence autour de la table du Conseil des ministres, une aubaine pour les commentateurs politiques de tout bord. Qui pourrait la faire taire? Son ex-compagnon? Le Premier ministre? De plus, elle disposerait d’une tribune sans égale dans les médias où, quotidiennement, elle pourrait dire ce qu’elle voudrait. Un risque énorme pour François Hollande, on l’a bien compris.

A l’opposé, ce dernier ne peut pas la marginaliser complètement pour les mêmes raisons. Il ne peut en faire une victime qui pourrait se plaindre et, surtout, se faire plaindre. Dès lors, il faut l’occuper mais toujours en marge du gouvernement et des décisions politiques.

Reste à Ségolène Royal l’arme médiatique pour exister. Sa présence au journal télévisé de 20h de TF1 dimanche montre qu’elle la possède encore tel un François Bayrou.

D’ailleurs, tous deux, au-delà de leurs échecs à la présidentielle de 2007 face à Nicolas Sarkozy, ont quelques points commun comme celui de leur traversée actuelle du désert mais aussi de leur admiration sans borne pour le destin de François Mitterrand et des trois tentatives qu’il lui a fallu pour devenir président de la république. Peut-être, comme il aimait à le faire à nombre de ses interlocuteurs pour s’en amuser, ce dernier leur a dit, à chacun, qu’ils avaient l’étoffe pour occuper le fauteuil de l’Elysée.

Pour en revenir à la proximité voulue ou fortuite avec Kennedy, Ségolène Royal peut sans aucun doute s’inspirer de l’homme qui a permis aux Etats-Unis de décrocher la Lune…

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