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Coronavirus : où l’on apprend qu’en Afrique du Sud les heures les plus sombres de l’apartheid sont revenues…
©MARCO LONGARI / AFP

Le bon vieux temps ?

Coronavirus : où l’on apprend qu’en Afrique du Sud les heures les plus sombres de l’apartheid sont revenues…

Et la communauté internationale, égoïste et confinée, détourne les yeux de cette situation épouvantable.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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On a lu ça dans Libération. Depuis vendredi l’Afrique du Sud est en confinement strict pour trois semaines. Les visites aux voisins et aux proches sont interdites. Seules les sorties rapides au magasin d’alimentation ou à la pharmacie sont tolérées.

Il en est pourtant ainsi dans tous les pays du monde confrontés à la pandémie. Mais là il s’agit de l’Afrique du Sud souffrante. Avec une population noire martyrisée et discriminée. Par les Blancs ?

Le journal poursuit avec des détails qui font frémir. Cette situation est mal vécue dans les quartiers populaires dont le confinement forcé avec le retour des militaires dans les townships évoque les heures les plus sombres de la ségrégation raciale.

Eh oui ! Les heures les plus sombres ont quitté la France car elles avaient atteint chez nous leur date de péremption. Et elles se sont installées en Afrique du Sud où on n’est pas très regardant.

Le journal décrit des scènes insupportables qui se déroulent dans les « quartiers populaires » (une expression qu’on affectionne à Libération). Pas d’amendes pour les contrevenants : les Noirs, pauvres et déshérités, n’ont pas d’argent pour les payer.

La brutalité de la police et de l’armée s’étale sans retenue. Ici un jeune qui avait violé le confinement est obligé de faire des pompes en public. Là un autre reçoit des coups de fouet. Les attroupements de plus de deux personnes sont dispersés à coup de grenades lacrymogènes. On tire aussi à balles réelles : trois morts.

Oui le temps de l’apartheid est bien revenu ! Mais Libération, sans doute par manque de place, omet de préciser que ces policiers brutaux et ces soldats sans pitié sont noirs. Et que la ségrégation raciale a disparu il y a vingt cinq ans. C’est que Libération a un problème avec son horloge. Le journal, confiné dans ses clichés, hiberne depuis un quart de siècle.

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