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Solution PAS miracle

Coronavirus : ces très sérieux effets secondaires des quarantaines

Depuis le déclenchement de l'épidémie de coronavirus, la Chine a pris des mesures strictes de confinement de sa population. Cette mise en quarantaine de la population s'étend à d'autres pays, comme l'Italie.

Pascal Neveu

Pascal Neveu

Pascal Neveu est directeur de l'Institut Français de la Psychanalyse Active (IFPA) et secrétaire général du Conseil Supérieur de la Psychanalyse Active (CSDPA). Il est responsable national de la cellule de soutien psychologique au sein de l’Œuvre des Pupilles Orphelins des Sapeurs-Pompiers de France (ODP).

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Atlantico : La mise en quarantaine d'une population peut-elle avoir un effet psychologique sur elle ? Peut-elle développer des troubles mentaux ?

Pascal Neveu : Aucune étude sérieuse ne peut expliquer l’apparition soudaine de troubles mentaux. Au pire cette crise quasi hystérique et paranoïaque ne ferait que révéler des troubles qui s’expriment collectivement.

Certes, une pandémie est fort probable, mais tous les médecins experts, et différentes études, font ressortir qu’il ne s’agit que « d’une grosse grippe » et qu’ont été seulement identifiés les malheureux décédés face à des profils médicaux spécifiques (âge avancé, troubles médicaux…)

Plusieurs aspects sont à prendre en considération. D’un côté le fait d’être identifié comme possiblement porteur du virus. En ce cas, il est question en premier temps de gérer sa propre santé, face à ce qui est vrai et faussement colporté, occasionnant des angoisses et une demande de soins possiblement surévaluée. Mais il faut faire confiance aux médecins. D’un autre côté la stigmatisation d’une partie de la population, nous renvoyant dans les plus sombres moments de notre histoire xénophobe. Asiatiques, migrants et donc maintenant italiens deviendraient les « vecteurs » du coronavirus ? Peut-être… ?  Et c’est cet autre point où tant la paranoïa, mais aussi cette crainte d’être, prend sens. Car cela engendre, révèle, réveille des troubles psychiques importants, voire fondamentaux : hystérie collective, paranoïa qui mènent à pointer du doigt l’autre qui est dans la majorité des cas un innocent. Les troubles mentaux ne sont-ils pas, en dehors des cas psychiatriques, le seul reflet de nos propres angoisses notamment face à la mort ?

Comment les gouvernements peuvent-ils endiguer cette épidémie sans avoir recours à la quarantaine (et donc à créer des troubles dans la population) ? Existe-t-il un juste milieu ?

La mise en quarantaine est un principe de précaution que personne ne peut condamner. Mais il faut raison garder. Je lis sur les réseaux sociaux nombre de fake news ou des propos haineux. Face à un contexte politique et électoral. Au détriment du discours des médecins, des responsables de santé publique qui ne peuvent pas s’exprimer et rassurer la population. Ce n’est pas l’agitation du chiffon rouge du SRAS qui doit nous faire paniquer.

Le ministre de la santé Oliver Véran saura faire face dans la continuité d’Agnès Buzyn. Pour avoir échangé avec tous deux, je sais leur maîtrise, entre autre, de ce sujet. Il faut tenter au maximum ces clivages sociétaux. Il faut apporter une vérité médicale. Il faut éviter une paranoïa concernant ce virus.

Les troubles psychologiques causés par cette mise en quarantaine peuvent-ils aggraver la santé des patients atteints du coronavirus ? 

Les cas repérés en France ont été immédiatement placés en quarantaine à l’ENSOSP (Ecole Nationale Supérieure des Officiers des Sapeurs Pompiers). Connaissant parfaitement les lieux, et les conditions de suivi, je ne peux pas imaginer les moindres répercussions psychologiques.

Certains évoquent des stress post traumatiques ! C’est méconnaitre ce qu’est un état de stress post traumatique qui place une personne dans un cas réel de mort imminente et potentielle, la renvoyant à un état de « zombie », de quasi mort. Le patient dit lui-même ne pas se savoir « malade », certes vivant dans un milieu reclus, mais non carcéral… se libérant de tout diagnostic et donc soulagé pour lui et les autres. D’ailleurs suite à la publication d’un article, un media international a lui-même précisé ne pas être en accord. Nous avons depuis 48h un problème suite au cas d’un premier décès d’un enseignant et la recherche de ses contacts. Outre les actions menées par les autorités, les services de santé font tout leur possible. Mais devons-nous céder à un effet de panique ? Non. Même si l’on me contestera toute légitimité médicale… prenons seulement le temps… un temps afin de savoir pourquoi nous cédons face à ce virus ?

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