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©Paul ELLIS / AFP

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Consommation : voilà les bonnes affaires à ne pas rater (quand les autres font de l’épargne de précaution)

La pandémie de coronavirus a eu un impact sur la consommation, sur les habitudes et les envies des Français. Quels sont les secteurs qui proposent actuellement des bonnes affaires ?

Pascale  Hébel

Pascale Hébel

Pascale Hébel est directrice du département « Consommation » du CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et est spécialisée dans l’anticipation du comportement des
consommateurs. Elle vient de publier récemment un livre baptisé « La révolte des moutons » aux éditions
Ailleurs.

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Atlantico.fr : Les Français, en faisant des stocks ou en achetant certains produits, ont mis certains secteurs sous tension. Cela s'est-il traduit par une hausse des prix ? Y-a-t-il des secteurs où il vaut mieux éviter de faire ses achats pour le moment afin d'éviter de payer le prix fort ? 

Pascale Hébel : Après le confinement et les nouveaux modes de vie qui se mettent en place avec la crise sanitaire de la COVID-19, de nombreux secteurs ont connu des très fortes croissances. Le secteur de l’équipement du foyer a progressé de 23% en juin 2020 par rapport à juin 2019, les secteurs des articles de sport, des vélos, du bricolage, d’imprimantes, d’ordinateurs, de machines à coudre, de l’équipement en électroménager ont connu des ruptures de stocks inédites. Tous ces secteurs bénéficient d’effets de rattrapage mais surtout d’un engouement pour tout ce qui touche à ce qui a manqué pendant le confinement. La mise en place durable du télétravail et de la mobilité douce conditionnent une croissance attendue pour tous ces secteurs de biens. Face aux ruptures, les prix ont augmenté car les promotions ne sont plus faites sur ces produits très recherchés. Les prix des imprimantes, des congélateurs, … ont ainsi pu exploser à certaines périodes. Il vaut mieux donc attendre si on ne veut pas payer le prix fort avant de faire son intérieur ou acheter un vélo électrique.

A l’inverse, pendant le confinement, le coronavirus a incité les Français à consommer différemment et à épargner ce qui amène certains secteurs à être délaissés par les consommateurs. Les commerçants veulent que ces derniers reviennent, y-a-t-il des secteurs qui proposent actuellement des bonnes affaires ? Si oui, lesquels et pour quelles raisons ? 

D’autres biens sont plus délaissés, comme tout ce qui touche au paraître. Que ce soit les lentilles optiques, les vêtements, le rouge à lèvre, les bijoux, les chaussures, les sacs à main, tous ces marchés sont en forte baisse. Les consommateurs se concentrent sur ce qui est essentiel : le confort et ce qui est utile. En sortant moins et en étant moins sur son lieu de travail, les codes vestimentaires de la mode ne s’imposent plus autant. Même les coiffeurs voient leur clientèle fortement diminuée après le boum à la sortie du confinement. Pour tous ces secteurs, les promotions ou soldes vont se développer. Les marchés de seconde main se développent fortement, chacun ayant eu le temps de ranger ses placards propose ses anciens objets sur les plateformes de ventes en C to C. Les acteurs traditionnels s’emparent des marchés de seconde main (Auchan, IKEA,…) et proposent une offre de vêtements, chaussures, meubles qui sont beaucoup moins chers. De plus, les acteurs économiques n’ayant pas confiance dans l’avenir se lance dans une guerre des prix sur des secteurs pour lesquels la demande n’a pas diminué (alimentation, entretien). 

Le consommateur est-il en bonne position pour négocier avec les commerçants dans la situation actuelle ? 

En dehors des secteurs qui sont toujours en tension (vélos, électroménager,…), les consommateurs sont en position de force pour marchander. L’avenir étant incertain, toutes les affaires qui peuvent être faites rapidement intéressent les offreurs. Que ce soit pour des achats de valeur importante comme l’immobilier ou l’automobile, ou pour des achats de plus faible valeur, les commerçants ont tous intérêt de profiter de l’épargne importante qui a été faite pendant les 8 semaines de confinement. Le marchandage est une pratique de plus en plus fréquente, aujourd’hui elle concerne six Français sur dix. Il est possible de négocier et de faire de bonnes affaires, mais il y a fort à parier que ce sera encore plus intéressant d’ici quelques mois.

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