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Les cinq inconnus qui pourraient déterminer le sort de l'euro
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Club des cinq

Les cinq inconnus qui pourraient déterminer le sort de l'euro

Les cinq membres du Conseil allemand des experts économiques ont pour mission de conseiller le gouvernement et le parlement allemand. Un pouvoir d'influence qui se projette sur l'Europe entière à l'heure de la crise de l'euro.

Qui sont les personnalités les plus influentes d’Europe à l'heure de la crise de l'Euro? Pas toujours celles que l’on imagine et il se pourrait bien que cinq spécialistes inconnus hors d'Allemagne soient les personnes dont l'avis est actuellement déterminant pour le sort futur de l’Euro. Ils appartiennent à un groupe restreint : le Conseil allemand des experts économiques.

Ce conseil des experts dont Business Insider examine le pouvoir se révèle être profondément impliqué dans l’élaboration de la politique du gouvernement allemand. Il est composé de cinq personnalités nommées par le Président sur proposition du gouvernement fédéral. Le groupe, créé en 1963, a pour tâche de conseiller le gouvernement et le Parlement sur les questions économiques. De facto, il a acquis ces derniers mois un grand ascendant sur la politique économique européenne. Ils sont parfois, outre-Rhin, surnommés « les cinq sages ». Ces cinq personnalités ultra influentes sont :

- Wolfang Franz, actuel chef du Conseil, libéral et spécialiste des marchés du travail,

- Lars Feld, spécialisé en finances publiques et psychologie de l'économie, partisan d'imposer un contrôle strict des dépenses des Etats membres avant d'envisager toute intégration fiscale au sein de l'Union

- Peter Bofinger, le seul keynésien du Conseil, ferme soutien d'un salaire minimum et opposé à la politique monétaire restrictive de la BCE 

- Christoph M. Schmidt qui travaille sur les problèmes de démographie et de marchés du travail

- Beatrice Weder di Mauro qui est en tant que Suisse est la première étrangère et la première femme à avoir intégré le conseil après avoir été économiste pour la Banque mondiale et le FMI.

Même si ni le Parlement ni le gouvernement central ne sont tenus de suivre les avis du groupe, les politiques qu’ils conseillent sont le plus souvent entérinés. Par exemple, leur approbation unanime d'une décote de 50% des obligations grecques pour les détenteurs privés a précédé l'adoption de la mesure par les dirigeants européens. Plus récemment dans leur rapport du 9 novembre, les membres du Conseil défendaient une version très rigoureuse de la mise en place d'Eurobonds.

L'influence du Conseil à l'épreuve des Eurobonds

Pourtant, comme le remarque MyEurop, l’influence des membres du Conseil sur la dette européenne n’est pas illimitée. Ces derniers temps, un débat fait rage. Créer ou pas les Eurobonds (également appelées euro-obligations), instruments de dette négociables communs à plusieurs pays de la zone euro. Ils permettraient aux 17 pays membres de gérer conjointement leur endettement et de le mutualiser. Cela équivaudrait à concevoir des obligations européennes partagées entre membres de la zone.

Mais le Conseil allemand des experts économiques tempère, et met en avant sa propre solution dans son rapport annuel : mutualiser la partie de la dette (au-delà des 60% du PIB) sans signer de chèque en blanc aux États déficitaires. Cette alternative permettrait, selon les spécialistes du conseil, de rassurer les marchés tout en contraignant les États à une grande rigueur budgétaire et l’obligation de rembourser leurs dettes extraordinaires sur 20 ans. D’après leurs calculs, 2 300 milliards seraient transférés pour l’année en cours.

Surprise : malgré l’influence du Conseil, cette initiative a été reçue avec scepticisme par la Chancelière allemande, qui voit de nombreux obstacles, notamment constitutionnels, à sa mise en place. Angela Merkel a encore, durant le sommet de Strasbourg avec Nicolas Sarkozy et Mario Monti, réaffirmé son opposition à toute forme de mutualisation. Cependant, difficile de refuser systématiquement les solutions proposées, en particulier quand elles viennent de son propre camp…

Surtout que pour Bert Rürup, ancien chef du Conseil allemand des experts économiques jusqu’en 2009 cité par le site Deutsche Welle World, les Eurobonds sont la suite logique dans le processus d’intégration européenne. Pour lui, il en va de la stabilité financière de l’Europe. Un constat que le chef actuel du Conseil, Wolfgang Franz, est loin de partager, comme il l’a confié à Euronews : "Cela signifierait au final une monétarisation de la dette souveraine par la Banque centrale européenne, et cela, je veux le souligner, constituerait un pêché capital pour une Banque centrale. Maintenant, c’est aux pays d’agir, individuellement".

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