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A quand un droit du travail en France ?
A quand un droit du travail en France ?
©Reuters

Besoin de refonte

Condamné parce qu’il voulait travailler trop : à quand un droit au travail ?

La récente condamnation d'un boulanger travaillant sept jour sur sept est symptomatique d'une réglementation aveugle des contraintes économiques. L'inversion de la courbe du chômage devra pourtant passer par une refonte du droit du travail.

Pierre Haas

Pierre Haas

Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des affaires financières internationales, puis président de Paribas International.

Il a été membre de nombreux conseils d’administration parmi lesquels on citera : Schneider S.A., Newmont Gold à Denver, Power Corporation du Canada et Power Financial.

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Après une campagne présidentielle couronnée de succès, dont la principale promesse avait été celle de l’inversion de la courbe du chômage, on était en droit d’attendre du nouveau Président de la République, qu’il acte, d’urgence, des mesures capables de susciter une reprise de l’emploi.

Près de trois ans plus tard, la rente des bénéficiaires d’emplois n’a pas été entamée, le marché du travail, du fait de son absence de flexibilité, demeure fermé aux chômeurs.

Le nombre de ces derniers, inscrits en catégorie A, à Pôle Emploi, a augmenté de 602.500 depuis Mai 2012, selon des statistiques publiées dans Le Figaro du 10 Février dernier.

L’urgente nécessité d’accorder la priorité à une politique de l’emploi n’a été mise en œuvre que sous la forme d’un émiettement de dispositions dont le chiffre, mentionné ci-dessus, montre l’inutilité.

Les emplois aidés en sont dépourvus. Escroquer des jeunes dans une atmosphère surchauffée par le terrorisme ne peut être un facteur de paix sociale, inventer la prise en compte de la pénibilité par des entreprises menacées par la chute de la demande et déjà accablées par le poids des réglementations existantes, découragent l’effort productif et contribuent à accélérer une désindustrialisation plus forte en France que chez ses voisins, quant au débat sur le travail du Dimanche, il prend une tournure où le ridicule dispute sa place à l’incompréhension des contraintes économiques par nos élus.

Inventaire, désespérant, confirmant la perte de ses repères par un Parti Socialiste qui, tout en se voulant défenseur de la justice sociale, la met à mal en ignorant un fléau, engendrant misère matérielle, morale, familiale, stigmatisation sociale, perte d’estime personnelle et, au final, facteur de désagrégation de la société.

Situation mise au grand jour de l’opinion publique mondiale par un article, publié dans le New-York Times International du 11 Février, décrivant la mésaventure d’un boulanger de Saint-Paul-Lès-Dax.

Monsieur Cazeneuve, le boulanger en question, en travaillant sept jours sur sept, a contrevenu à la loi obligeant les boulangeries à fermer un jour par semaine.

L’argumentaire utilisé par M. Cazeneuve pour justifier sa décision montre le caractère dérisoire de celui employé par les adversaires du travail le Dimanche, aussi bien que leur mauvaise foi, puisqu’ils prétendent que cette réforme ne susciterait pas de nouveaux emplois.

Selon notre boulanger, cesser de contrevenir à la loi ferait perdre, annuellement, 250.000 euros de chiffre d’affaires et l’obligerait à se séparer de plusieurs employés et ce dans une bourgade où trouver du travail ne doit pas être facile.

Cette relation, chiffrée, de l’incidence positive d’une micro-libéralisation du marché du travail mérite d’être prise en compte par un Pouvoir dont le souhait de perdurer sera d’autant mieux exhaussé qu’il aura réussi à inverser la courbe du chômage.

Légiférer par Ordonnances permettrait une mise en œuvre rapide d’une loi supprimant le seuil des 50 travailleurs, autorisant l’ouverture d’un commerce sept jours sur sept, subordonné à l’octroi de compensations adéquates aux travailleurs volontaires et adaptant certaines règles du Code du Travail pour assurer la flexibilité indispensable à l’embauche et au débauchage et enfin simplifiant l’excessive réglementation des CD’S et CDI’S.

Aux critiques que sécrétera cette façon de procéder, le Chef de l’Etat pourra objecter que, cette fois-ci, on ne pourra lui reprocher de faire un cadeau aux patrons puisqu’il s’agit d’offrir, enfin, une chance aux exclus du marché du travail.

Ces mesures représenteront une occasion de relance pour une économie européenne menacée par la déflation.

La France en prenant des mesures que tous ses voisins, conscients de l’importance de sa position de seconde puissance économique de l’Union Européenne, attendent, depuis longtemps, retrouvera sa crédibilité politique et économique.

Crédibilité ne permettant plus à l’Allemagne de différer le financement de la rénovation de ses infrastructures vétustes et ainsi d’additionner sa part de PIB de la zone euro à celle de la France, soit au total 40% ce qui, avec le Quantitative Easing (QE) de la Banque Centrale Européenne, donnerait à la croissance sur le Continent le combustible nécessaire pour en assurer la reprise.

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