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Prison numérique

Comment se faire arrêter pour un tweet en 10 leçons

Tout ce qui est écrit sur les réseaux sociaux est public et donc surveillé. Mais si le fait qu'un tweet puisse aider à arrêter un escroc en cavale apparaît comme une bonne nouvelle, qu'une mauvaise interprétation d'un titre de chanson conduise à l'interpellation d'un adolescent pose une réelle question de société.

Depuis plusieurs années, une dizaine de personnes, principalement des adolescents, a été arrêtée pour avoir tweeté. Des tweets où la violence est omniprésente, évocation de fusillades, d'assassinats, menace d'attentats à la bombe et plus encore. Voici un petit florilège des principaux tweets qui ont vu leurs auteurs être mis en prison. Des exemples qui servent de piqûres de rappels, car il faut garder à l'esprit que tout ce qui est écrit sur les réseaux sociaux est public et donc surveillé.

1) Il tweete sur la menace d'un homicide de masse - En juillet 2013, un adolescent de 15 ans, scolarisé dans une école de Chicago, poste un tweet à propos de l'affaire Zimmerman (ndlr : George Zimmerman accusé du meurtre d'un jeune noir de 17 ans et qui a été finalement libéré) avant même que le verdict du procès soit rendu. Il écrit : "Si Zimmerman est libéré, je tuerai tout les habitants de Zion et moi aussi je m'en tirerai comme lui". Suite au tweet, les policiers n'ayant trouvé "aucune crédibilité" à la menace et considérant qu'"il n'y avait pas d'armes et pas d'accès à des armes", l'adolescent a été relâché.



2) Il tweete sur l'assassinat d'un président - En septembre 2012, un jour avant la Convention nationale démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord, un jeune homme de 21 ans tweete en référence à l'assassin du président Kennedy : "Je vais tuer le président avec la manière de Lee Harvey Oswald (en référence au tueur de John F. Kennedy). Je vais assassiner le président Obama ce soir ! Je vais choper ce singe tant qu'il est encore en ville. Les services secrets seront sans défense une fois que j'aurais visé le front de Barack au fusil d’assaut".


3) Tweeter pour inciter les autres à tuer un Président - Jarvis Britton, 26 ans, a été arrêté après avoir posté un tweet sur le président Obama en septembre dernier. Il avait tweeté : "Tuons le président. FEAR (Forever Enduring Always Ready), puis,"Le président peut-il arrêter ça ? Il a seulement 36 heures." L'intéressé a été condamné à un an de prison.

4) Le tweet mal interprété - En Australie, un adolescent de 16 ans se rend à un concert. Il est impatient d'entendre une chanson intitulée, "Timebomb". Il tweete alors en référence à la chanson, des propos qui sonnent mal en dehors de leur contexte : "Pink, je suis prêt avec ma bombe. Il est temps de tout faire sauter".

5) Elle tweete et permet malgré elle à la police de la retrouver - Wanda Podgurski était en cavale pour "fraude massive à l'assurance". Elle provoque les autorités en tweetant le 5 juin : "Attrape-moi si tu peux". Et l'attraper, ils l'ont fait. Le tweet avait averti les autorités de chacun de ses déplacements et a donc permis de la retrouver.

6) Il tweete sur une fusillade en milieu scolaire - Dans le sud de la Floride, un adolescent a été arrêté pour avoir tweeté sur une fusillade à l'école peu après la tuerie de Newton (ndlr : une fusillade dans une école primaire de la ville). L'adolescent avait menacé de "tirer sur l'école vendredi". Il s'expliquera par la suite, déclarant qu' "il ne s'agissait pas d'une menace. C'était une déclaration que j'ai fait. Je veux juste que les gens comprennent que c'est une chose grave qui ne doit pas être prise à la légère".

7) Il tweete pour prévenir qu'il va tuer - L'année dernière, pendant les Jeux olympiques d'été de Londres, un jeune de 17 ans été arrêté pour avoir posté un tweet dans lequel il affirmait qu'il allait commettre un meurtre. En effet, suite à l'absence d'un plongeur olympique, l'adolescent témoigne de sa colère sur Twitter. D'autres utilisateurs prennent la défense de l'athlète et c'est alors que le jeune homme poste : "Je détiens un permis de port d'armes pour tuer les oiseaux et je vais également vous tuer"...

8) Les tweets à caractères racistes - Après qu'un soldat britannique ait été tué, deux jeunes de 22 et 23 ans ont tweeté des commentaires désobligeants. Ils seront arrêtés, soupçonnés d'incitation à la haine raciale ou religieuse. Les deux hommes ont ensuite été libérés sous caution.

9) Suite au retard de son avion, un homme menace de faire sauter une bombe sur Twitter - Lorsque Paul Chambers a réalisé que son vol pourrait être retardé en raison de la neige, il tweete un message disant qu'il ferait "exploser l'aéroport". L'homme est arrêté. Il affirmera qu'il n'avait jamais pensé que l'aéroport remarquerait son tweet et encore moins qu'on le prendrait au sérieux.

10) Il tweete lors d'une manifestation pour prévenir de la présence de la police - Elliot Madison, 41 ans, a été arrêté à Pittsburgh après avoir tweeté lors d'une manifestation en 2009. Il utilisait Twitter pour diriger les manifestants illégaux et autres, impliqués dans des actes criminels, de telle manière à leur éviter croiser la police et de se faire arrêter. Il a depuis été libéré sous caution.

En France, le gouvernement s'inquiète des dérives de Twitter autour de hashtags diffusant des messages haineux ou homophobes du type #unbonjuif ou encore #unjuifmort. Des concertations sont en cours sur le sujet.

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