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Comment réussir à ne plus s’inquiéter de s’inquiéter
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Bonnes feuilles

Comment réussir à ne plus s’inquiéter de s’inquiéter

Terrorisme, contexte économique défavorable, perte de repères... Notre monde est de plus en plus anxiogène. Dans Le Pire n'est pas toujours à venir !, le psychologue David Carbonell, spécialiste de l'anxiété, montre comment nos inquiétudes détournent notre cerveau de son activité normale à leur profit, et propose des techniques efficaces pour vous aider à briser ce cycle obsessionnel, sans médicament. Extrait de "Le pire n'est pas toujours à venir", du Dr David A. Caronell, aux éditions Hugoetcie 1/2

David Carbonell

David Carbonell

Dr David Carbonell est psychologue clinicien, spécialisé dans le traitement de l’anxiété. Il exerce à Chicago, aux Etats-Unis.

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Les objets de réconfort

Les objets destinés à vous rassurer fonctionnent de la même façon que les personnes destinées à vous tranquilliser, sauf qu’ils ne vous répondent pas. Les anxieux chroniques prennent souvent l’habitude d’avoir sur eux des objets qui contribuent à diminuer leur anxiété. Ces objets semblent, tantôt avoir un rapport logique (enfin pour la personne qui souffre d’inquiétude chronique) avec l’objet de l’anxiété – par exemple la personne qui veut constamment être reliée aux siens et garde constamment son portable à portée de main –, tantôt faire office de talisman dans le cadre d’une croyance superstitieuse.

Bien que l’utilisation de ce type d’objet pour réduire votre anxiété semble bien inoffensive, elle peut vous poser quelques problèmes. Vous pouvez en venir à croire dur comme fer que vous avez besoin de ces objets pour aller bien et continuer de vous sentir vulnérable à l’inquiétude parce que vous supposez que ces objets vous protègent. Si vous croyez qu’un objet vous préserve de l’inquiétude, vous allez probablement vous inquiéter qu’ils tombent en panne ou de ne pas en avoir en réserve et donc faire des provisions. Mais cela suffira-t-il vraiment ? De plus, même si ces objets vous apportent rapidement un soulagement temporaire, ils vous empêchent aussi de remarquer que tout va bien avec ou sans eux.

Je repars loin en arrière, mais si vous avez vu le film de Walt Disney, vous reconnaissez dans la plume de Dumbo un objet sécurisant. Dumbo, l’éléphant volant, a attribué – à tort – sa capacité à voler à une plume magique, et ce n’est qu’en la perdant qu’il s’est rendu compte qu’il était plus fort et plus capable qu’il ne le pensait. Voici quelques-uns des objets de réconfort les plus courants :

Produits de grignotage

Photos des enfants ou d’autres personnes chères

Téléphones portables

Bouteilles d’eau

Objets porte-bonheur

Komboloïs

Chapelets Médicaments

Les médicaments peuvent être des objets de réconfort indépendamment de leur effet curatif. De nombreuses personnes ont toujours leur boîte d’anxiolytiques sur elles depuis des années sans jamais en avaler un seul comprimé. Le seul fait de savoir qu’elles l’ont sur elles, au cas où, les soulage. J’ai travaillé avec un patient qui redoutait terriblement d’avoir une attaque de panique, un homme qui adorait la plongée sous-marine. Lorsqu’il plongeait, il gardait un comprimé de Xanax attaché à sa jambe dans un récipient étanche situé sous sa combinaison étanche, même s’il savait qu’il serait impossible de l’atteindre pendant un exercice de plongée !

Parmi les comportements contre l’anxiété décrits dans ce chapitre, lesquels adoptez-vous le plus fréquemment ? Vous sont-ils utiles ou se révèlent-ils peu efficaces ? Le(s)quel(s) voudriez-vous laisser tomber ?

Avant de continuer, prenez quelques minutes pour dresser leur liste et relisez périodiquement cette liste en la modifiant si nécessaire pour la mettre à jour.

A retenir

Dans ce chapitre, j’ai décrit la double relation à l’inquiétude entretenue par les personnes souffrant d’anxiété chronique. Tantôt vous prenez au sérieux le contenu apparent de vos pensées anxieuses et essayez de vous en protéger ou de prouver qu’elles sont erronées. Tantôt vous reconnaissez que vos pensées sont exagérées et irréalistes, vous vous tracassez de vous faire autant de souci et redoublez d’efforts pour cesser de vous inquiéter.

Aucune de ces réponses ne fonctionne dans la durée. Aucune n’est capable de vous procurer le soulagement que vous recherchez. Au contraire, elles ne font qu’aggraver votre inquiétude et votre sentiment d’être enlisé, bloqué dans vos pensées. Et, peut-être pire, elles peuvent aboutir à un terrible constat d’échec : "Plus je fais d’efforts, pire c’est." Résultat : vous vous sentez impuissant à vous venir en aide.

Heureusement, il y a moyen de sortir de cette impasse. Votre état a empiré parce que vous êtes pris au piège à essayer des stratégies qui l’aggravent. Comme vous allez le découvrir, vous pouvez réorienter votre attention et votre énergie vers d’autres types de réponse à l’inquiétude, des réponses qui vont récompenser vos efforts en améliorant votre situation. Dans les chapitres qui suivent, vous trouverez quelques méthodes efficaces que vous allez pouvoir tester.

Extrait de "Le pire n'est pas toujours à venir", du Dr David A. Caronell, publié aux éditions Hugoetcie, le 3 novembre 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici

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