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Matthias Fekl, aux côtés de Manuel Valls, Michel Sapin et Stéphane Le Foll
Matthias Fekl, aux côtés de Manuel Valls, Michel Sapin et Stéphane Le Foll
©REUTERS/Philippe Wojazer

Rivalité Hollande Valls

Comment Manuel Valls est en train de faire de Matthias Fekl son "Macron" à lui

Alors que les pronostics concernant le futur remaniement vont bon train, le nom de l'actuel secrétaire d'Etat au tourisme est souvent cité. Il s'agit pour François Hollande de contrer l'influence grandissante d'Emmanuel Macron.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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"Si Valls nous marche trop sur les pieds, on fera monter Macron", ainsi parlaient les Hollandais en décembre 2015. "Si Macron nous marche trop sur les pieds, on fera monter… Matthias Felk", ainsi pensent les Hollandais un mois plus tard. Alors que le remaniement approche, l'entourage du chef de l'Etat a ressorti son petit précis de grammaire hollandienne. Et que dit-il ? L'équilibre des forces toujours tu devras privilégier. Aucune hégémonie tu ne devras accepter.

Depuis qu'Emmanuel Macron, porté par les sondages, a récemment mis la pression pour obtenir que soit élargie sa mission à Bercy, les conseillers de l'Elysée ont en effet deux problèmes à gérer, convaincre Manuel Valls d'accepter que ce rival monte en grade sans que ce dernier, ainsi conforté, ne cherche à trop s'émanciper. Et la solution trouvée tient en un mot, un patronyme exactement : Matthias Fekl. Le nom de l'actuel secrétaire d'Etat au tourisme et au commerce extérieur circule en effet pour remplacer Laurent Fabius aux Affaire étrangères. Jeune, comme Emmanuel Macron, ils ont deux mois d'écart, brillant, comme Emmanuel Macron. Matthias Felk a fait l'École normale supérieure de Lyon, l'Institut d'études politiques de Paris puis l'ENA. Il est également titulaire de maîtrises d'allemand et de philosophie.

Alors, certes, question charisme, rien à voir avec le sémillant ministre de l'Economie mais Matthias Felk a, en revanche, un avantage sur ce dernier et non des moindres : il est élu. Conseiller régional d'Aquitaine puis député du Lot-et-Garonne. Contrairement à son collègue Macron, il a gravi un à un les échelons, il n'a pas été propulsé par le bon vouloir présidentiel. Et enfin, il vient d'obtenir un beau succès commercial, ce qui n'est pas négligeable par les temps qui courent, en signant la vente de 29 Airbus à la compagnie Gulf Air. Le profil idéal donc, d'autant que le jeune secrétaire d'Etat a aussi "le bon fond" idéologique. Celui qui permettrait de rééquilibrer également les courants politiques au sein de l'exécutif, de dé-libéraliser le gouvernement pris en tenaille entre Macron et Valls.

A la question posée par le journal Le Monde, le 13 juillet dernier: "Vous ne pensez donc pas comme Emmanuel Macron que ce qui manque aujourd’hui à notre pays, c’est la figure du roi ?" Réponse de Matthias Felk: "Le grand absent aujourd’hui c’est le peuple, pas le roi. L’enseignement de Syriza ou de Podemos, c’est que Alexis Tsipras comme Pablo Iglesias ont compris qu’il faut écouter le peuple, entendre sa colère et porter son message pour mener de vraies politiques de transformation. Le soir du référendum grec, Tsipras n’a fait aucune apparition publique, il a laissé le peuple se réapproprier l’espace de la démocratie. C’est tout le contraire du FN, qui veut manipuler le peuple et l’enfermer dans les passions négatives".  

Seule ombre au tableau: le quai d'Orsay est extrêmement convoité. On parle aussi, pour remplacer Laurent Fabius, de Elisabeth Guigou, Marisol Touraine et surtout d'une certaine… Ségolène Royal.

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