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L'ancien premier ministre UMP François Fillon a maintenu vendredi 13 septembre à Nice ses propos controversés sur le "sectarisme", renvoyant dos à dos FN et PS à ce sujet.
L'ancien premier ministre UMP François Fillon a maintenu vendredi 13 septembre à Nice ses propos controversés sur le "sectarisme", renvoyant dos à dos FN et PS à ce sujet.
©Reuters

L'heure du choix

Comment François Fillon a ouvert la voie à un gouvernement de salut public

Une tribune de Paul-Marie Coûteaux, auteur de nombreux essais et biographies politiques et député européen souverainiste de 1999 à 2009.

Paul-Marie Couteaux

Paul-Marie Couteaux

Paul-Marie Coûteaux est l'auteur de nombreux essais et biographies politiques.

Il a été député européen souverainiste de 1999 à 2009.

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Monsieur Raffarin a tout compris : en les critiquant radicalement, il ne fait ainsi que souligner l'importance des propos que François Fillon a tenus dimanche 8 septembre, confirmés le mardi 10, et qu'il n'a pas démentis malgré les intimidations de la gauche et les étranges dénégations de plusieurs de ses proches. Oui, M. Raffarin voit clair : en appelant les électeurs UMP à choisir, en l'absence de leur candidat au second tour, entre "le moins sectaire" des candidats PS ou RBM (rassemblement bleu marine, ndlr) restés en lice, en précisant tranquillement que ce choix peut se faire au bénéfice du RBM, l'ancien Premier ministre a bel et bien fait sauter d'un coup le verrou par lequel François Mitterrand enferma la droite française dans la division éternelle. Mais on aurait tort de monter sur les toits en appelant les pompiers : tôt ou tard, le piège de Mitterrand, grâce auquel la gauche prospère depuis plus de trente ans au point d'accaparer, outre les principaux "contre-pouvoirs", toutes les institutions nationales et régionales, devait s'éroder. D'innombrables signes venus de la base de l'UMP ont montré que l'heure était venue de tourner cette page. M. Fillon ne fait qu'en prendre acte, avec ce réalisme qui lui fit prendre ces dernières années des positions moins glorieuses que ne le fut jadis, auprès de notre maître commun Philippe Séguin, sa longue opposition au traité de Maestricht mais qui, à la différence de bien des caciques de son parti, l'empêche d'être aveugle.

M. Raffarin a lucidement vu le danger : incapable d'écouter sa base, l'UMP, sera de plus en plus souvent placée devant le choix, qu'anticipe M. Fillon, entre le PS et un RBM vers lequel se tournent un nombre croissant de Français : si l'UMP refuse de choisir, ses électeurs choisiront pour elle, y compris lors des prochaines élections présidentielles ; il y a fort à parier qu'ils jugeront le Rassemblement et sa candidate moins sectaire que le candidat proposé par des socialistes aux abois, de plus en plus enfermés dans l'idéologie, et plus en  plus autoritaires, comme l'a montré la répression des manifestations du Printemps.

M. Raffarin confirme aussi, par ses propos sectaires, que M. Fillon s'est placé sur le bon terrain, montrant que le sectarisme ne concerne pas seulement les partis visés par sa phrase, mais aussi le sien propre, une UMP dont, à la différence de nombre de ses élus ou militants locaux, les actuels dirigeants refusent tout dialogue avec un Rassemblement dont, pourtant, les valeurs et les urgences sont assez proches des siennes pour attirer à lui un nombreux croissant de ses membres, soucieux, comme de Gaulle l'exigeait, de "rassembler les Français sur la France".

Les urgences de l'heure, et l'aveuglement du gouvernement et du Parti socialiste devant la montée des périls qui de tous côtés menacent la France, commandent à tous les patriotes de construire de nouvelles légitimités populaires, assez larges et profondément ancrées pour permettre à un gouvernement de Salut Public de restaurer l'indépendance de la Nation, de rétablir les instruments de sa politique à commencer par ses frontières qui en sont la condition, de sauvegarder sa civilisation effritée de toutes parts. C'est pourquoi j'ai adressé, le 10 mai dernier à MM. Copé et Fillon une lettre commune les invitant, sans animosité, à comprendre le mouvement populaire qui s'esquisse et à n'y point faire obstacle afin que, perclus de coups de poignard que M. Hollande et ses ministres ne cessent de multiplier, notre pays accouche d'un large rassemblement à vocation majoritaire.

Œuvrant pour que Marine Le Pen, tournant à son tour les vieilles pages, ne puisse à aucun moment encourir le reproche de sectarisme si contraire au ressort même de l'esprit de  rassemblement, le SIEL souhaite que le RBM reprenne au bond la nouvelle réalité politique en forgeant les alliances nécessaires à la constitution du Rassemblement de la dernière chance. Nous ne pouvons plus attribuer le même degré d'ignominie à un PS tombé dans tous les pièges de l'européo-mondialisme et à une UMP qui compte des patriotes dans ses rangs : ceux-ci, au cas malheureux où M. Raffarin serait entendu et bouclerait ses militants dans une UMP sectaire et dépourvue de tout projet national, n'auraient plus qu'à rejoindre un Rassemblement des patriotes qui peut seul débarrasser la France d'une gauche dont l'irréalisme plonge aujourd'hui notre peuple dans le chaos. 

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