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Comment David Cameron a (re)plongé direct dans les délices de la vie de la haute société britannique à sa sortie de Downing Street
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Un mal pour un bien ?

Comment David Cameron a (re)plongé direct dans les délices de la vie de la haute société britannique à sa sortie de Downing Street

Il a perdu son pari sur le Brexit et a quitté ses fonctions dans la foulée. Il est temps désormais pour l’ancien Premier ministre britannique de redécouvrir les joies du train de vie luxueux de la haute société.

Tom Sykes

Tom Sykes

Tom Sykes est écrivain et journaliste, auteur du blog "The Royalist" pour The Daily Beast. Il a collaboré à de nombreuses publications, et a fait un passage au New York Post comme reporter nighlife et éditorialiste people. Il a écrit plusieurs livres, et a récemment aidé John Taylor de Duran Duran à écrire son autobiographie chez Dutton. Tom vit à Londres et en Irlande.

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Copyright The Daily Beast - Tom Sykes

David Cameron, l’ancien Premier ministre britannique poussé à la démission après son erreur de jugement catastrophique – avoir appelé au référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, pour finalement perdre ce référendum – n'a pas perdu de temps avant de profiter des contreparties de sa perte de fonction.

Libéré des contraintes politiques, Cameron opère un retour aux sources. Il n’a plus besoin de prétendre être un père "normal" de la classe moyenne londonienne. Il peut maintenant renouer avec ses racines de nanti parmi la haute société.

Une des contreparties immédiates au désastre de la démission est que, au lieu d’être forcé de passer leurs vacances dans le pluvieux Cornwall à suçoter des glaces sur des plages trempées battues par le vent, les Cameron profitent du mois d’août dans une luxueuse villa en Corse, estimée à 20 000 dollars par semaine, entourés de la scintillante Méditerranée en lieu et plage de l’orageux Atlantique. Où Cameron porte un short de bain qui coûte les yeux de la tête.

Mais ce n’est pas la seule façon dont la famille va tirer parti de la situation : pour les enfants, la perspective d’une inscription à l'école publique se dissipe peu à peu, et il est à nouveau question d’envoyer Elwen - l’ainé, qui a fêté ses 10 ans en février - au prestigieux Eton College.

Cameron garde un souvenir ému de son passage à Eton, et l’impossibilité pour un Premier ministre d’inscrire ses enfants à Eton fut l’une de ses principale contrariétés lors de la prise de fonction.

Désormais, il n’est plus bridé par de telles entraves politiques. "Les enfants doivent être inscrits à Eton avant d’avoir 10 ans et demi", selon une source. Pour Elwen, cela porte la date limite à ce mois-ci – la démission de Cameron est tombée à pic.

Les Cameron ont également troqué le 10 Downing Street pour une villa de plus de 18 millions d’euros à Holland Park, prêtée par un ami proche (tandis que leur propre maison à deux millions d’euros près de Notting Hill est louée plus de 115 000 euros à l’année).

Les amis en question, Sir Alan Parker (patron de l’agence londonienne de relations publiques Brunswick) et sa femme Lady Jane Parker, ont été anoblis par Cameron pour services rendus à l’économie, œuvre de charité et philanthropie.

Cameron use et abuse du système honorifique britannique au point de manquer de prudence. Il vient de déclencher un tsunami dans la presse britannique après avoir nommé Officier de l'Empire britannique… le coiffeur de sa femme, parmi d’autres, dans le cadre de ses resignation honors (cette traditionnelle cérémonie de décoration qui suit la démission d’un chef de gouvernement, longtemps abandonnée sous les mandats de Tony Blair et Gordon Brown, a été réintroduite par Cameron, ndlr.)

David Cameron lui-même est aisé, sans être ultra-riche. Il a publié sa déclaration de revenus cette année, suite à l’affaire Panama Papers.

Sa déclaration révèle qu’il a gagné plus d’un million d’euros de revenus imposables sur les six dernières années, en cumulant son salaire de Premier ministre, les revenus locatifs de sa maison à deux millions de Notting Hill, les intérêts de ses placements et les dividendes de ses actions.

Il descend d’une longue lignée de courtiers (son arrière-grand-père, Ewen Ivan, était l’un des principaux associés de la banque d’investissements Panmure Gordon, tout comme le grand-père, Donald). Ils ont géré leurs affaires habilement et ont aussi connu quelques coups de pouce du destin.

Il est de notoriété publique que Ian Cameron, le père de David, membre du gentlemen’s club Whites et décédé en 2010, a reçu plus de 2 millions en 1986 (une fortune considérable à l’époque) suite aux réformes Thatcher de libéralisation des marchés financiers surnommées "Big Bang".

Bien que les membres de la famille Cameron aient indubitablement su tirer leur épingle du jeu au cours de leurs carrières, leur richesse fait pâle figure face à celle de la femme de David Cameron, Samantha. Cette dernière gagne très bien sa vie comme consultante pour la société de maroquinerie de luxe Smythson – elle a récolté une prime de 50 000 livres (près de 60 000 euros) quand la compagnie a changé de main pour 18 millions en 2009 – mais l’essentiel de sa fortune vient de sa famille, un vaste clan d’aristocrates terriens, ancien et puissant.

Le père de Samantha, Sir Reginald Sheffield, possède plus d’un millier d’hectares de terres agricoles de première qualité près de Scunthorpe, et pèserait au moins 20 millions de livres (23 millions d’euros) selon les estimations basses.

Sir Reginald partage son temps entre le manoir de Thealby Hall près de Scunthorpe et Sutton Park du côté de York.

Mais même la fortune de Sir Reggie est une bagatelle à coté de celle du beau-père de Samantha, William, quatrième Vicomte Astor, que sa mère a épousé en 1976 après son divorce avec Sheffield.

Le cartel de la famille Astor contrôle un parc immobilier ébouriffant estimé à 210 millions de livres. Un autre avantage à sa démission est que Cameron, libéré du besoin de renvoyer une image d’austérité personnelle, va à nouveau pouvoir visiter la propriété de 8 000 hectares des Astor sur l’ile écossaise de Jura, connue pour abriter, selon les invités, le meilleur domaine de chasse privé d’Angleterre (Cameron a la réputation d’être un excellent tireur).

La perte du poste de Premier ministre suite au référendum sur le Brexit a mis un point d’arrêt désastreux à la carrière politique – jusque-là enchantée  de Cameron. Mais, tandis qu’ils perfectionnent leur bronzage au bord d’une piscine en Corse, nul doute que Cameron et sa femme se félicitent des bons côtés de leur retour aux sources loin des projecteurs.

Le retour au train de vie de millionnaire auquel ont été habitués les Cameron depuis tant d’années devrait les aider à amortir le choc.

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