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Comme des sardines

Comment Airbus prévoit de vous faire voyager sur des sièges (encore) plus étroits

Par appât du gain, Airbus pourrait sacrifier votre confort. L'entreprise prévoit d'installer des sièges plus étroits afin d'optimiser l'espace de l'avion et, éventuellement, de faire baisser les prix des billets.

Pierre  Sparaco

Pierre Sparaco

Pierre Sparaco est journaliste aéronautique depuis le début des années soixante. Il est également président de la section Arts, Histoire et Lettres de l’Académie nationale de l’Air et de l’Espace.

Après de nombreuses années consacrées au bimensuel français Aviation Magazine, il a rejoint en 1992 l'hebdomadaire américain Aviation Week & Space Technology.

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Atlantico : Airbus prévoirait de nous faire voyager sur des sièges plus étroits. Une étude du Journal international de l’ingénierie et de la technologie explique que ces sièges permettraient d'augmenter de 21% la capacité des avions. Que pensez-vous de cet objectif ? 

Pierre Sparaco : Les pourcentages cités ne sont pas réalistes, pas crédibles. L'idée, qui n'est pas nouvelle, est de "densifier" les avions, ce qui est plus facile en cas de service à bord minimal qui permet de supprimer tout ou une partie des blocs cuisine et d'ainsi de gagner de la place pour installer des sièges supplémentaires. Cette manière de faire a été appliquée en France dès l'époque d'Air Inter qui n'exploitait que des lignes intérieures, en moyenne à peine plus d'une heure de vol.
 

Y aura t-il un impact sur la sécurité ? 

Il n'y a pas d'impact sur la sécurité, compte tenu de normes et de réglementations très sévères : nombre d'issues de secours, nombre de PNC, etc. Exemple: les réglementations imposent un PNC (personnel naviguant commercial, soit les hôtes et hôtesses de l'air) pour 49 sièges.
 

Et sur le confort du voyageur ? 

La notion de confort est évidemment plus délicate à évoquer. D'autant que la morphologie des passagers évolue dans la direction opposée. Tout ce qui est plus ou moins tolérable sur les vols courts, l'est beaucoup moins dans le domaine des long-courriers. Mais les constructeurs cherchent à tirer parti de toutes les possibilités, par exemple la courbure de la paroi interne du fuselage et un gain supplémentaire de quelques centimètres en rehaussant le plancher. Reste le fait que le niveau de confort est remis en question. Les voyageurs en surcharge pondérale risquent de souffrir de cette tendance, laquelle, pour l'instant, est loin d'être généralisée.
 

Selon l'étude, cela permettrait de faire baisser le prix des billets de 44%. Cet argent sera t-il vraiment déduit des billets ou va t-il servir à de nouveaux investissements ou encore à une augmentation de la marge de l'entreprise ? 

Des tarifs réduits de 44 % ? Ce n'est absolument pas crédible. Pour les low cost, type Ryanair et EasyJet, l'idée est plutôt de contenir les coûts ou d'accroître la recette par vol. Ainsi, le Boeing 737-800 pourrait être proposé en configuration à 199 places, tout comme l'Airbus A320.  Le nombre de passagers étant accru, la recette par vol est évidemment améliorée, pour autant que le coefficient d'occupation des sièges soit suffisamment élevé.
 

Par ce moyen, Airbus a t-il changé de stratégie, favorisant le prix à l'instar des compagnies low cost plutôt que le confort des voyageurs ? 

Tout type d'avion est potentiellement susceptible d'être densifié. Les constructeurs proposent, les compagnies disposent. Mais il n'est pas question de donner une quelconque priorité commerciale aux low cost, bien qu'elles constituent désormais une part importante du marché des court/long-courriers.
 

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