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Comme chez les fous : plus il y a de droites plus on s'amuse !
©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Croissez et multipliez...

Comme chez les fous : plus il y a de droites plus on s'amuse !

Elles sont de plus en plus nombreuses. Et avec elles, aucun risque de s'ennuyer.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y eut sous la Quatrième République une droite : "la droite la plus bête du monde", selon la célèbre formule de Guy Mollet. Puis René Rémond, ayant étudié de près l'animal, distingua trois espèces : la droite légitimiste, la droite orléaniste, et la droite bonapartiste. Trois droites ! C'était peu comparé à aujourd'hui. Pour compter les droites de l'ère Macron, il faudrait plutôt regarder du côté de Kali, la déesse hindoue aux huit bras. 

Dans Atlantico une dame fort gentille, Laure de La Raudière, porte dans ses bras un joli bébé nommé la droite "constructive". Députée des Républicains, elle entend avec son bébé, et plusieurs autres, former un groupe parlementaire voué à soutenir Macron. Elle veut "construire" avec lui. Mais il y a des choses qui ne lui conviennent pas tout à fait dans les plans de la maison Macron qu'elle a pu voir. Elle construira un étage ? Deux ? S'arrêtera au troisième ? Ne finira pas le toit ? Car, contrairement au cochon, dans le Macron tout n'est pas bon, selon la dame "constructive". 

De l'existence des "constructifs", on devrait par opposition déduire qu'il existe une droite "destructrice". Ce serait une vision parfaitement étriquée. Elle ne rend pas suffisamment compte des capacités kaléidoscopiques de notre droite. 

C'est pourquoi il nous faut attirer l'attention sur l'existence d'une droite canal-historique. Pour voir à quoi elle ressemble il convient de regarder du côté de Laurent Wauquiez. A ses côtés, mais pas contre lui, une droite BSP (Bon Sens Paysan). Elle est incarnée par Jean-Pierre Raffarin. Nous avons aussi une droite "prostitutionnelle" (l'expression est de Gilbert Collard) : Bruno Le Maire, ministre du travail, la représente assez bien. 

Nous bénéficions également d'une droite de gauche : Nathalie Kosciusko-Morizet. N'oublions pas non plus -j'ai gardé le meilleur pour la fin- la "droite j'm'en fous et j'rigole". Elle n'a qu'un seul adhérent : Nicolas Sarkozy qui se la coule douce avec Carla. 

Sur le plan vestimentaire ces droites-là offrent une gamme infinie de tenues. La droite –djellaba- s'affiche crânement avec Alain Juppé et Edouard Philippe. Celle en complet veston  (de chez Arnys) rase un peu les murs avec François Fillon. La droite serre-tète est à chercher du côté de Valérie Pécresse. Et il y a également une droite DJ (débrayée, jeans) : Nathalie Kosciusko-Morizet, encore elle. 

Pas de droite en mini-jupe : contrairement à la République En Marche, les Républicains ne comptent pas beaucoup de jeunes élues… Avec toutes ces droites, le spectacle est garanti et permanent. Aucun risque de s'ennuyer. A l'époque de De Gaulle, François Mauriac, hanté par le péril germanique, évoqua en ces termes l'existence de l'Allemagne de l'ouest et de l'Allemagne de l'est : "J'aime tellement l'Allemagne que je suis heureux qu'il y en est deux" ! Nous tous nous aimons tellement la droite. Et nous sommes très contents qu'il y en ait autant.  

 

 

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