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Colonialisme : ils accusent et je m'excuse !
©Thomas SAMSON / AFP

Acte de contrition

Colonialisme : ils accusent et je m'excuse !

Sauront-ils entendre mon mea-culpa ? Je l'espère car faute avouée à moitié pardonnée…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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L'autre jour pour me changer les idées, je suis allé visiter les sites du CRAN, des Indigènes de la République, de la Ligue des droits de l'Homme, d'Oumma.com. J'en suis ressorti ébranlé. Ils m'ont fait prendre conscience de ma noirceur.

Depuis, je n'en dors plus la nuit. Mon psychanalyste m'a dit que ma résilience viendrait que si j'avouais mes fautes. Et que pour avoir leur "ego te absolvo" il me fallait demander pardon. Je vais donc le faire.

Je m'excuse pour les tirailleurs sénégalais enrôlés de force dans l'armée française. Je m'excuse pour la position du missionnaire, une invention blanche dont les demoiselles africaines ont eu à pâtir.

Je m'excuse pour mes ancêtres négriers qui, installés à Saint-Louis du Sénégal, se sont enrichis avec le commerce du bois d'ébène. Je m'excuse pour les esclavagistes du sud des Etats-Unis qui sont mes proches parents et qui étaient -maudite couleur- blancs comme moi.

Je m'excuse pour le sac du Palais d'Eté de Pékin et pour le bagne de Poulo Condor en Indochine. Mais là je m'aperçois que, emporté par ma fougue contritionelle, je suis allé trop vite. Les Jaunes ne demandent rien. Ils sont bizarres ces Jaunes…

Je reprends donc le cours de mon mea-culpa. Je m'excuse pour ce que le Maréchal Bugeaud a fait en Algérie. Je m'excuse pour les harkis qui se sont battus sous nos drapeaux et qui, en 1962, ont été très justement châtiés.

Je m'excuse pour la présence policière dans nos cités. Les flics assassins, racistes et fascistes n'ont rien à y faire. Et je demande au président de la République de les envoyer à Neuilly Auteuil et Passy.

J'ai bon là ? Non ! Car les associations déjà citées exigent que mes enfants et leurs enfants, à venir s'excusent à leur tour. Et cela, jusqu'à la fin des temps. J'en ai parlé à mes gosses. Ils m'ont ri au nez. Je vais les déshériter.

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