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Chômage en hausse brutale, cote de popularité en baisse... Le double choc de la rentrée parviendra-t-il
à faire sortir Hollande de son immobilisme ?
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Editorial

Chômage en hausse brutale, cote de popularité en baisse... Le double choc de la rentrée parviendra-t-il à faire sortir Hollande de son immobilisme ?

C'est dans un contexte économique et social difficile que François Hollande fait sa rentrée. Malmené par les sondages, le Président est sous la pression de l'opposition qui l'accuse d'attentisme.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Le Premier ministre avait voulu apporter un peu de baume sur le retour de vacances des Français en abaissant provisoirement de quelques centimes le prix des carburants. Il a provoqué au contraire un agacement général devant une mesure jugée ridicule par les uns en comparaison de l’ampleur des problèmes actuels, insuffisante ou presque vexatoire par les autres, alors même que les prix de l’essence ne sont pas parmi les plus élevés au sein de l’Europe occidentale.

Mais le pouvoir vient de subir un double choc qui pourrait prendre l’allure d’un séisme : une augmentation brutale du chômage en juillet, l’une des plus fortes depuis le début de la crise, de sorte qu’à l’heure présente, lorsqu’on connaitra les chiffres du mois d’août, la barre des trois millions de sans emplois, a sans doute été franchie. Avec sa traduction : une dégringolade de la cote de popularité de François Hollande dans les sondages, alors que celui-ci vient à peine de fêter les premiers cent jours de son entrée en fonction.

Réaction immédiate et classique : le président veut apparaître de plus en plus dans les médias pour expliquer sa politique basée sur la recherche d’un improbable consensus.

"Qu’on nous laisse un peu de temps", implorait dans Les Echos Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, en ajoutant "une concertation est lancée, il faut en respecter le rythme".

A quoi les patrons réunis à l’université du Medef  reprenaient la célèbre chanson de Dalida "Paroles, paroles", en reprochant à Jean-Marc Ayrault sa logorrhée, la multiplication des instances de discussions et des commissions en tout genre pour échafauder un programme de gouvernement, ce qui laisse une impression de grand flou. Une manière de vouloir gagner du temps, alors que celui-ci est compté, entre des syndicats qui piaffent d’impatience devant leurs espoirs déçus et des marchés prêts à sanctionner le moindre écart,  alors que la conjoncture économique ne cesse de se dégrader.

L’opinion attend que le chef de l’Etat fasse preuve de volontarisme et de courage, alors qu’il donne l’impression de patauger, tiraillé par des influences contradictoires provenant de sa majorité hétéroclite. Rien de tel pour miner davantage le moral des Français déjà au plus bas. La presse internationale renchérit en dénonçant l’immobilisme de la politique actuelle, au moment où tous les pays européens sont en mouvement. Si la France veut maintenir son rang, elle ne pourra continuer à adopter l’attitude de l’âne de Buridan en refusant de faire les choix

Indispensables. Les réformes à accomplir sont connues : il s’agit de réduire le train de vie de l’Etat et des collectivités territoriales et de donner plus de flexibilité au marché du travail.

Patronat et gouvernement sont condamnés à s’entendre, entendait-on aux assises du Medef. Mais sont-ils vraiment sur la même planète, alors que le climat de méfiance entre la sphère politique et le monde de l’entreprise, qui s’était exacerbé pendant la dernière campagne  électorale, est loin d’être dissipé ?

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