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Milliardaires rouges : le scandale des invraisemblables fortunes amassées par les familles des dirigeants du Parti communiste chinois
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Histoire de gros sous

Milliardaires rouges : le scandale des invraisemblables fortunes amassées par les familles des dirigeants du Parti communiste chinois

Une enquête du New York Times révèle que la famille de Wen Jiabao, Premier ministre en exercice, est à la tête d'une fortune s'élevant à 2,7 milliards de dollars.

Un scandale de plus en Chine. Cette fois c'est le Premier ministre Wen Jiabao qui est éclaboussé. A dix jours du 18e congrès capital qui désignera les nouveaux leaders chinois pour les dix prochaines années, le journal américain The New York Times révèle que la famille du Premier ministre en exercice est à la tête d'une fortune pour le moins conséquente de 2,7 milliards de dollars. De quoi embarrasser les instances du Parti communiste chinois, d'autant plus que Wen Jiabao n'a cessé de construire son image autour de celle d'un "homme du peuple" qui n'attend pas pour se rendre au chevet des enfants victimes du séisme du Sichuan, ni ne rechigne à aller passer un diner de nouvel an chinois avec des mineurs. D'ailleurs, sa mère est une simple institutrice du nord de la Chine…

Mais pourtant, comme l'a découvert David Barboza, le journaliste du quotidien américain, après s'être penché pendant des mois sur des registres d'entreprises et des documents juridiques, la mère de Wen Jiabao a investi en 2007 120 millions de dollars dans Ping An, un géant des assurances et des services financiers. Les économies de toute une vie ? Peu probable, d'autant plus que l'enquête du New York Times, si elle ne dit pas ouvertement que ces sommes d'argent ont été acquises par des moyens illégaux, souligne néanmoins que la fortune de la famille du dirigeant chinois ne s'est constitué qu'à partir du moment où il est arrivé au pouvoir il y a près d'une dizaine d'années. De quoi titiller les soupçons de la population chinoise.

La mère de Wen Jiabao n'est par ailleurs pas l'unique personne de sa famille à s'être enrichie après son arrivée au pouvoir. Même si les noms des membres de la famille du Premier ministre "se cachent derrière des paravents et des instruments d'investissement impliquant des partenaires mais aussi des associés", le journaliste américain a réussi à déceler la présence de nombreux proches de Wen Jiabao. Toujours en 2007, les parts détenues par les proches du Premier ministre atteignaient ainsi la "jolie" somme de 2,2 milliards de dollars. Mais Ping An est loin d'être l'unique exemple d'entreprise grâce à laquelle le dirigeant chinois et ses proches se sont enrichis. Le New York Times révèle en effet que la femme du Premier ministre, Zhang Beili, a amasser un important butin grâce aux mines et aux pierres précieuses. Tiens, tiens. Ne serait-ce justement pas un secteur contrôlé par l'Etat ? Quand au fils de Wen Jiabao, un tycoon hongkongais lui a racheté sa société de technologie avant qu'il ne créé une entreprise de capital-investissement dans laquelle le gouvernement de Singapour a placé ses billes. 30 millions de dollars de subventions et de marchés publics, c'est ce qu'aurait obtenu le petit frère du Premier ministre pour sa société de traitement des déchets. Et les exemples de ce type s'accumulent.

Si l'enquête a provoqué la grogne des dirigeants chinois qui se sont empressés de bloquer les sites Internet du New York Times, en chinois comme en anglais, mais aussi toute recherche comportant les mots-clefs "Wen Jiabao" et "New York" sur le principal site de microblogging du pays Sina Weibo, la nouvelle n'est pas vraiment surprenante. D'autres articles ont en effet déjà mis en avant les fortunes d'autres dirigeants chinois. Au mois de juin dernier, Bloomberg publiait une enquête sur les fortunes des proches de Xi Jinping, l'homme qui sera nommé le mois prochain secrétaire général du Parti communiste chinois avant de devenir en mars 2013 président de l'Empire du Milieu, révélant notamment que les investissements de sa famille étendue atteignait près de 300 millions d'euros. Sans surprise, le site américain avait alors été bloqué. Si l'enquête du New York Times embarrasse grandement les élites du parti, toujours est-il qu'elle ne constitue pas non plus les révélations du siècle. La vaste majorité de la population chinoise était en effet déjà persuadée que les dirigeants chinois bénéficient d'importants privilèges, sans pour autant craindre une quelconque justice.

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