La chasse aux riches est ouverte | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
La chasse aux riches est ouverte
©

Revue d'analyses (financières)

La chasse aux riches est ouverte

Dans l’œil des marchés : Dominique Trenet, stratégiste dans une société de gestion indépendante, dresse un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers les plus en vue du marché cette semaine.

Dominique Trenet

Dominique Trenet

Dominique Trenet est stratégiste dans une société de gestion indépendante

Chaque semaine, il réalise pour Atlantico une synthèse des opinions les plus significatives sur l’évolution de la crise que nous sommes en train de vivre.

Voir la bio »

« La chasse aux riches est ouverte », tel est le titre de la couverture de The Economist cette semaine. Tout en rappelant que le 1% des Américains les plus riches paye 25% des taxes fédérales et 40% de l’impôt sur le revenu, il met en exergue cette citation de Barack Obama « faire payer les riches ce n’est pas la lutte des classes, c’est une simple question de mathématiques ».

Le secteur privé va être fortement mis à contribution dans les pays développés, c’est ce que Russell Napier a expliqué la semaine dernière dans le cadre de son intervention au CLSA Forum de Hong Kong. Aux États-Unis et en Europe, les investisseurs privés et les sociétés vont être de plus en plus incités à souscrire des obligations d’Etat puisque « les experts » ont décidé de nouvelles règles dites de prudence qui disent que plus une banque prête de l’argent à des Etats, mieux elle est notée ! Les financements bancaires seront donc principalement orientés vers les Etats au détriment des sociétés...

Un nouveau mur de fer va s’élever autour du capital dont tout sera fait pour empêcher la mobilité. Le résultat est simple selon Russell Napier, il n’y aura pratiquement pas de croissance des résultats des sociétés au cours des dix prochaines années, ce qui n’incite pas beaucoup à acheter des actions dans les pays qui pratiquent ce type de politique.

Libérez les marchés en leur laissant fixer le prix des actifs, c’est ce qu’écrit Charles Gave, le Président de GaveKal à Hong Kong. La quasi-totalité des classes d’actif est manipulée : les taux américains, les prix du pétrole, la parité de l’Euro, du Yen, les rendements des dettes souveraines. Il fait remarquer que rarement dans l’histoire il n’y a eu une telle combinaison d’incompétence et d’arrogance intellectuelle dans les classes dirigeantes.

Sur le marché américain, Tobias Levkovich Chief US Strategist chez Citigroup reste néanmoins optimiste. Selon lui, l’indice S&P 500 sera à 1400 à la fin de l’année contre 1149 actuellement. Son avis est également partagé par Thomas Lee stratégiste chez JP Morgan qui explique que les investisseurs ont une occasion historique d’acheter des valeurs américaines dans d’excellentes conditions.

En Europe on cumule les erreurs. C’est ce qu’explique Frédéric Leroux gérant de la société de gestion Carmignac. Avec la mise en œuvre de plans de rigueur budgétaire qui creuseront encore plus les déficits et gonfleront le poids des dettes en réduisant les recettes fiscales, l’Europe a opté pour la voie japonaise. Cette voie est suicidaire fait-il remarquer… Il ne faut pas émettre des Eurobonds mais des EuroBunds, recommande Michel Didier de COE Rexecode. Sept pays de la zone Euro présentent des dettes d’une qualité très proche : l’Allemagne, la France, les Pays Bas, la Belgique, l’Autriche, la Finlande et le Luxembourg. La fusion des dettes les mieux cotées constituerait un marché de la dette de près de 5000 Md€ qui serait le deuxième marché obligataire du monde après celui des Etats Unis.

Sur les marchés européens, Jean-Luc Buchalet de Primeview note que la dette globale par rapport au PIB de chaque pays atteint des niveaux rarement vus dans l’histoire de l’Europe si l’on additionne les dettes des ménages des sociétés non financières et des administration publiques. L’Espagne est en tête avec 265% suivie par le Royaume Uni, 248% pour l’Italie, 208% pour la France et 184% pour l’Allemagne. Il en tire la conclusion que la croissance en Europe sera atone et peu favorable aux actifs financiers. Il faut cependant acheter les valeurs européennes actives sur les marchés émergents, telle est la recommandation d’Andrew Bary de Barron’s aux Etats Unis. L’eurostoxx 50 se paye 8 fois les résultats des sociétés pour les douze mois à venir tout en offrant un rendement supérieur à 5%.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !