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Cette coupable lâcheté politique qui laisse dégénérer le face à face minorités / police
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Le bloc-pol de Laurence Sailliet

Cette coupable lâcheté politique qui laisse dégénérer le face à face minorités / police

Laurence Sailliet, chroniqueuse politique et ancienne porte-parole du parti Les Républicains, décrypte le climat de tensions sur la question des "violences policières" en France dans le contexte des manifestations aux Etats-Unis et dans le monde entier après la mort de George Floyd. Laurence Sailliet publiera une chronique politique chaque lundi sur Atlantico.

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet, ex-porte-parole Les Républicains, est chroniqueuse politique.

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Le 25 mai, la mort de George Floyd, étouffé lors de son arrestation, a suscité une vague d’indignation aux États-Unis puis dans de nombreux autres pays. Comment pourrait-on ne pas être choqué, révolté et ne pas condamner les actes de son bourreau Derek Chauvin... Les images insupportables de la terrible agonie de George Floyd ont fait le tour du monde, elles resteront dans tous les esprits. Sa mort mérite tous les hommages mais elle ne mérite pas toutes les récupérations. 

Laisser penser que les violences dont se rendent coupables des policiers en France sont comparables à celles commises aux États-Unis est une propagande malhonnête. Chaque blessé est un blessé de trop, chaque décès est tragique mais l’on se doit de dire que le nombre de victimes en proportion est incomparable. Comme le rapporte Mathieu Zagrodzki - chercheur associé au Cesdip, auteur d'une thèse sur les polices de proximité en France et aux États-Unis - les polices américaines tuent plus d’un millier de personnes par an, pour 320 millions d’habitants. La police et la gendarmerie en France, une vingtaine. Les modes opératoires lors des arrestations, la possibilité d’utiliser son arme, le système répressif sont différents. Les pratiques discriminatoires sont également sans commune mesure. 

Alors jeter l’opprobre sur nos forces de l’ordre, sur toute une institution en important des faits et pratiques d’outre-Atlantique est bien une récupération indigne des organisations d’ultra gauche et des mouvements racialistes. 

Pour la France insoumise et ses alliés, de toute façon, tout est bon pour casser du flic ! Ils sont devenus des adeptes de cette cynique stratégie qui vise à renverser le pouvoir lorsque les urnes ne vous ont pas donné raison... 

Pour les mouvements racialistes, quelle aubaine pour désigner les policiers noirs comme des traîtres. Belle démonstration, au passage, d’un racisme ordinaire, toléré et même pardonné. 

Pour certaines « vedettes », aux envolées lyriques absurdes et mensongères, les événements aux États-Unis ne font que nourrir leur dangereux militantisme. Camélia Jordana avait ouvert le ban avec une certaine efficacité, mais Mathieu Kassovitz a repris le flambeau avec panache par ses propos : « est-ce que vous connaissez des gens armés dans la rue ? Personne n’est armé... ». On pourrait en sourire si ces affirmations n’avaient pas été tristement démenties le soir même avec la mort d’un adolescent de 16 ans, tué par balles dans une commune de Seine-Saint-Denis... 

Mais que veulent ces acteurs politiques ? Simplement que nous vivions face à face, dans un climat de guerre civile. Quel meilleur moyen pour détruire la République que de déstabiliser ceux qui la protègent ? Le stratagème est clair, la méthode affûtée et rien n’arrêtera ceux qui veulent le soulèvement d’une partie du peuple, le chaos pour atteindre la démocratie. 

Au-delà du risque politique, ce flic bashing est d’une très grande violence pour tous nos policiers et gendarmes, ceux qui nous protègent et auront toujours le courage de s’interposer pour protéger la nation. C’est pour cela qu’ils se sont engagés. Il n’est pas question d’évacuer d’un revers de main les fautes, les actes de violence et de racisme de quelques-uns, la tolérance zéro doit s’appliquer, la justice ne doit pas tolérer d’exceptions. Mais surtout gardons à l’esprit ce qui fonde l’engagement de ces hommes et ces femmes dont le courage et le dévouement méritent notre considération. Enfin comment peut-on oublier le fameux #JeSuisPolicier accolé à #JeSuisCharlie de janvier 2015, les applaudissements, les remerciements et les étreintes qui nous ont tant émus lors des manifestations suite aux attentats ? Comment peut-on oublier le chagrin, la colère et l’incompréhension de tout un pays lorsqu’ils sont tombés sous les balles des terroristes ? 

Aujourd’hui, le silence coupable de bon nombre de responsables politiques est incompréhensible. Est-ce par lâcheté ou par opportunisme qu’ils laissent se déliter ainsi la Nation ? Eux savent pourtant que ce face à face qui s’installe entre une partie du peuple et l’institution policière nous y mènera inexorablement.

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