Cet énorme détail que Moscou a soigneusement oublié en érigeant une statue à l'inventeur de la kalachnikov | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Cet énorme détail que Moscou a soigneusement oublié en érigeant une statue à l'inventeur de la kalachnikov
©Flickr / Reuvenim

Propogande ?

Cet énorme détail que Moscou a soigneusement oublié en érigeant une statue à l'inventeur de la kalachnikov

Le testament de Kalachnikov n'est pas celui que propose Moscou en faisant de lui un héros de la Russie. C'est peut-être exactement le contraire de son testament, si on se penche sur la grande dépression qui a traversé la fin de vie de l'inventeur de l'arme la plus vendue au monde.

Sept mètres de fonte en plein milieu de Moscou : le gouvernement n'a pas fait les choses à moitié pour honorer le grand inventeur du fusil Kalachnikov. Il est représenté son arme à la main, ce fameux AK-47 devenu une "marque culturelle du pays". On parle de près de 100.000 millions de modèles vendus sur tous les continents du monde. Une affaire en or pour arme simple et efficace. Mais derrière l'arme, il y a l'homme. Et là, la chose n'est pas aussi simple...

"Ma peine est insoutenable". En 2012, peu avant de mourir, Mikhail Kalachnikov, le créateur du célèbre fusil d'assaut, a écrit une lettre au chef de l'Eglise orthodoxe, le patriarche Krill, pour se repentir du mal causé par son invention. Des extraits de cette lettre, écrite sur son papier à lettre personnel, ont été publiés par le journal russe Izvestia.

"Je souffre de peine spirituelle à cause des nombreuses morts que j'ai provoquées", confesse celui qui avait pourtant refusé d'assumer cette responsabilité en 2008. Il avait alors déclaré que les politiques des pays acheteurs de la Kalachnikov ne pouvait s'en prendre qu'à eux-mêmes. L'homme avait cependant tempéré son intervention, évoquant sa peine quand des criminels ou des enfants soldats utilisaient son arme.

La Kalachnikov, ou AK-47, est une des armes les plus utilisée au monde. Peu chère à fabriquer et simple et efficace d'utilisation, elle a été vendue à plus d'un million d'exemplaires à travers le monde.

Dans sa lettre, Kalachnikov écrit : "Je continue de me poser les mêmes questions sans réponses : ce pourrait-il que, moi, un chrétien et un croyant orthodoxe, soit responsable de toutes ces morts?" "De plus en plus de questions se bousculent dans mon cerveau et je me demande pourquoi Dieu permet à l'homme d'avoir de tels envies diaboliques d'agressions". D'après Izvestia, la fille de Kalachnikov, Elena, pense qu'un prêtre a aidé son père à écrire cette lettre.

Selon le secrétaire de presse de l'Eglise orthodoxe, Cyril Alexander Volkov, le patriarche Krill aurait répondu au vieil homme. "L'Eglise a une position très définie: quand une arme sert à protéger une terre natale, l'Eglise soutient celui qui l'a créée et les soldats qui l'utilisent", déclare-t-il. 

De son vivant, Mikhail Kalachnikov a reçu de nombreuses distinctions de la part de l'Etat Russe, dont l'Ordre de Staline. Il est mort le 23 décembre dernier à l'hôpital à l'âge de 94 ans.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !