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Cécilia Attias.
Cécilia Attias.
©Reuters

Editorial

Cécilia Attias, le Fouquet's et Kadhafi : une envie de vérité inaboutie

L'ancienne Première dame de France publie lundi 7 octobre "Une envie de vérité", son autobiographie dans laquelle elle revient, entre autres, sur sa rupture avec Nicolas Sarkozy.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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En gestation depuis le jour où elle a quitté l’Elysée, le livre de Cécilia Sarkozy sort enfin. Et « Une envie de vérité » (Editions Flammarion) ne laisse pas le petit monde médiatique indifférent. Notamment les pages consacrées à la fameuse soirée du Fouquet‘s, devenue le symbole d’un phénomène qu’on a appelé le « bling-bling » du quinquennat Sarkozy. L’ex-first lady aligne les mots et les métaphores pour expliquer qu’elle n’était pas l’organisatrice de cette sauterie, que le choix du lieu a été arrêté avec l’accord de Nicolas Sarkozy, qu’elle n’a pas fait de listes noires interdisant certains sarkozystes historiques d’entrer, etc.

Franchement, avec le recul de six années, quelle blague ! Fêter une accession à l’Elysée sur les Champs-Elysées, dans une brasserie chic en compagnie de beautiful people, certes, ce n’est pas de la grande communication politique, mais y avait-il de quoi sonner l’hallali ? Chacun d’entre nous n’essaye-t-il pas, dans la mesure de ses moyens, de célébrer les événements heureux de sa vie dans un cadre élégant, branché, nature ou popu’ selon ses goûts ? Nicolas et Cécilia aimaient le luxe et le beau monde, cela n’enlevait rien aux qualités de l’ancien chef de l’Etat.

En revanche, plus intéressant me paraît être le chapitre consacré à la libération des infirmières bulgares détenues en Libye à l’époque où le colonel Kadhafi régnait encore sur ce pays. Dans un livre co-écrit avec Michaël Darmon (Ruptures, Editions du Moment), je révélais en 2008 que cette libération avait été entourée d’une grande tension, que les policiers français avaient dû forcer la porte de la prison à l’aide de leur arme et que l’ex première dame avait couru un grand danger lors de cette opération « commando ». Claude Guéant, à l’époque secrétaire général de l’Elysée, avait démenti en bloc cette version par un communiqué lapidaire. Or, voilà ce qu’écrit aujourd’hui Cécilia Attias dans son « Envie de vérité » : « Je prends une grave décision : je demande à mes deux officiers de sécurité d’aller chercher les deux médecins à la prison. (…) Ils arrivent à la prison, cognent à la porte, la forcent (ndlr : comment ? Cécilia ne le précise pas), réveillent le directeur et les gardiens, déclenchent un début de panique derrière les murs, preuve que rien ne se passait, et surtout pas le départ des prisonniers ».

Une fois encore, il semblerait donc que celui qu’on prenait encore pour le « rigoureux préfet Guéant » - on a aujourd’hui sur l’homme une opinion plus nuancée - ait menti. Aux médias mais, plus grave, devant la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur cette affaire. L’Elysée avait d’ailleurs interdit à l’époque à Cécilia de témoigner devant cette instance malgré la demande de son président, Pierre Moscovici, qui m’a confié quelques temps après « avoir subi beaucoup de pression ».

Petit à petit, au fil des livres, de quelques articles bien informés et des travaux de la Justice, l’histoire de cette trouble relation entre Nicolas Sarkozy et le guide libyen s’écrit. On a hâte d’en connaître le fin mot.

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