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Ce que Mike Pompeo révèle en off du vrai plan de Donald Trump pour la paix au Moyen-Orient
©Fabrice COFFRINI / AFP

Conflit israélo-palestinien

Ce que Mike Pompeo révèle en off du vrai plan de Donald Trump pour la paix au Moyen-Orient

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a détaillé les plans de Donald Trump pour le Moyen-Orient lors d'un meeting à porte close avec des leaders juifs.

Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est chercheur au centre Thucydide. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), Trumpland, portrait d'une Amérique divisée (Privat, 2017),  1968: Quand l'Amérique gronde (Privat, 2018), Et s’il gagnait encore ? (VA éditions, 2018), « Joe Biden : le 3e mandat de Barack Obama (VA éditions, 2019) et la biographie de Joe Biden (Nouveau Monde, 2020). Son dernier livre : Kamala Harris, L'Amérique du futur, aux éditions Nouveau monde (septembre 2021).

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Atlantico : Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a détaillé les plans de Donald Trump pour le Moyen-Orient lors d'une réunion à porte close avec des responsables d'organisations juives américaines. L'enregistrement de cette conversation a été obtenu par le Washington Post. Qu'est-ce vous en avez retenu ?

Jean-Eric Branaa : La difficulté pour Pompeo est la situation politique. Ce qui qui a changé est la position de Netanyahou. Puisque ce dernier n'a pas réussi à constituer un gouvernement, l'accord qui se préparait devient absolument difficile. Il pense que de fait les deux partis, Israël et la Palestine, ne vont pas arriver à se mettre d'accord et surtout convaincre les autres pays dans la région. Une chose qu'on voyait venir depuis longtemps. En effet, Jared Kushner [gendre du président Trump et aux commandes de ce plan de paix] a déjà fait quelques déclarations où il expliquait qu'il faudrait à ces pays – en particulier les Palestiniens- de faire un effort pour comprendre ce qui pourrait être intéressant pour eux. Il soulignait que son propos consistait à mettre en avant une forme d pragmatisme avant le politique. Pompeo dit plus ou moins la même chose mais avec deux volets. Politique : celui-ci semble mort-né. Puis économique : ce dernier semble également en grande difficulté selon ses propos. Ce qui colle avec beaucoup d'autres déclarations, notamment celle de l'Egypte affirmant que ce plan ne trouverait pas d'issue si les Palestiniens ne se rendaient pas à Manama [capitale de Bahreïn où la conférence est prévue le 25 et 26 juin].

Pour résumé, si Pompeo apparaît plus que pessimiste dans cet enregistrement, c'est en raison aussi de l'instabilité gouvernementale israélienne due à l'absence d'une coalition formée par Netanyahou ?

On pouvait penser raisonnablement – et on entendait Donald Trump le répéter- que les Israéliens devraient faire eux-aussi un peu d'effort après avoir été largement doté par l'administration américaine. Je fais référence à la souveraineté sur le Golan ou encore le déplacement de l'ambassade américaine à Jérusalem. Et donc, le bras tendu vers les Palestiniens –s'il s'agit bien de cela- serait  certainement plus accepté par la population si Netanyahou avait accompagné ce mouvement. Ce qu'il ne peut pas faire actuellement puisqu'il va bientôt se lancer en campagne et ne pourra pas vraiment aider Donald Trump avant septembre. Et en septembre, c'est Donald Trump qui risque d'avoir les mains liées avec l'arrivée de la campagne électorale américaine dont les premiers débats commencent dans trois semaines chez les Démocrates.

Pompeo prédit même que le plan sera perçu comme  très favorable à Israël alors même qu'une partie de la campagne de Netanyahu prônait l'annexion de colonies israéliennes placées sur la "West bank" (Cisjordanie). Une action jugée illégale par la communauté internationale. On peut craindre ce genre d'évènement si on spécule comme le fait le Washington Post ?

On ne comprend pas cela forcément. Ce qu'on peut comprendre, c'est que toute la partie politique –concernant Jérusalem-Est, les territoires occupés- sont repoussés à plus tard. Si on revient encore sur les déclarations de Jared Kushner, le côté économique serait largement mis en avant en essayant de trouver ce qui rapproche gens et puissent satisfaire les deux partis. Mais même ça semble désormais compliqué.  Mais le plan peut encore évolué. D'où le décalage entre les rapports francs, en off, de Mike Pompeo avec ses interlocuteurs juifs et le discours tenus devant la presse.

Finalement, cet enregistrement témoigne des rapports de franchise de Mike Pompeo avec ses interlocuteurs juifs – si on les compare

 

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