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Crème anglaise

Cameron dérape face à l'émeute

Le Premier ministre patauge dans la crise provoquée par les émeutes. L'édito de Gilles Klein.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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David Cameron, le Premier ministre britannique ne sort pas grandi de la deuxième crise traversée par son gouvernement. Il a réagi tardivement, multiplié les déclarations grandiloquentes et/ou absurdes. Pas de chance, les émeutes se sont produites alors qu'il commencait à peine à émerger du scandale des écoutes pratiquées par le groupe de presse Murdoch auquel il est très lié.

Jusqu'à présent les conservateurs semblaient au moins partisans de la sécurité et de l'ordre. Mais Cameron joue de malchance, alors qu'il applique une politique de rigueur assez brutale, voilà que les forces de police se sont trouvées dépassées par l'ampleur des troubles qui ont secoué une douzaine de quartiers de Londres.

Le Premier ministre a réagi tardivement, il a fini par interrompre ses vacances pour annoncer qu'il continuerait à diminuer le budget de la police et le nombre de policiers de manière drastique. Et, alors que le calme était rétabli avec 16 000 policiers dans les rues de Londres, il a indiqué que s'il y avait d'autres troubles, il ferait appel.. à l'armée. Ajouté à l'autorisation de tir avec des balles en plastique (utilisées en Irlande et dans les territoires occupés au Moyen Orient, où elles ont fait des victimes) tout cela semble un peu loin de l'idée du sympathique Bobby non armé qui patrouille dans un pays réputé pour sa démocratie...

Les policiers britanniques n'ont pas de forces équivalentes aux CRS ou aux gardes mobiles, ils ne sont pas formés, et sont mal adaptés aux types de désordres qui se sont produits dans les rues de la capitale britannique pendant trois jours. La baisse du budget n'arrangera pas les choses.

Et bien sûr, Cameron s'en est aussi pris, jeudi, aux réseaux sociaux indiquant qu'il allait réfléchir avec le législateur, et les sociétés concernées (Twitter, Facebook, et autres dont il a mis en cause la "responsabilité") pour exclure les fauteurs de troubles ou supposés tels qui posteraient des messages considérés comme potentiellement délictueux. On ne sait pas trop comment ce type de mesure de surveillance généralisée permettant de détecter des messages délictueux pourra être mis en oeuvre. 

Par ailleurs, on a plus parlé à Londres de l'utilisation de SMS via la messagerie instantanée du réseau BlackBerry que des réseaux sociaux. Pourquoi ne pas tout simplement fermer les réseaux de téléphonie mobile en cas de désordre ?

S'il hésite sur la solution la plus efficace, Cameron pourra demander conseil à l'Iran, à la Syrie et aux dictatures qui tentent de fermer les accès Internet quand la contestation les utilise, comme dans certains pays du Maghreb lors du Printemps Arabe.

Hier vendredi, Cameron a continué à enfiler des perles avec une judicieuse idée de double peine. Il a proposé que les personnes qui sont arrêtées pour vol ou pillage (un jeune homme de 23 ans, sans antécédents judiciaires, a été condamné à 6 mois de prison ferme pour le vol d'un pack de petites bouteilles d'eau d'une valeur totale de 3,50 £) seraient exclus des logements sociaux si elles en bénéficient. En clair, elles seraient jetées à la rue, vu le prix de l'immobilier privé à Londres.

Cameron le sait "Ils devront se trouver un logement dans le secteur privé, et cela sera plus dur pour eux, mais ils auraient dû y penser avant de commencer à voler."

 

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