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C'était, avait-elle dit, un viol à l'allemande ! Puis elle s'est ravisée et a dit qui étaient vraiment les violeurs
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Vérité cachée

C'était, avait-elle dit, un viol à l'allemande ! Puis elle s'est ravisée et a dit qui étaient vraiment les violeurs

L'histoire est glauque : c'est celle d'une agression sexuelle. L'histoire est moche : c'est celle d'un aveuglement volontaire.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Un jour à Mannheim, Selin Gören a été violée par trois hommes. Quand elle est allée à la police, elle a déclaré que les violeurs parlaient allemand. Pourquoi pas ? Il y a des violeurs allemands, français, italiens, russes, des violeurs de toutes origines, de toutes races, de toutes religions. Selin Gören a 24 ans, elle est porte-parole d'un petit mouvement d'extrême-gauche, Solid. Ce détail a son importance. 

Selin Gören vient de revenir à la police. Là, elle a dit enfin la vérité : ses violeurs ne parlaient pas allemand mais arabe. Des migrants. Elle a expliqué qu'elle avait menti car elle ne voulait pas stigmatiser une population déjà montrée du doigt après les scènes sordides de Cologne le soir du Nouvel An. La jeune Allemande a estimé, avec retard, qu'il fallait qu'elle dise ce qui était. Même si Pegida, le mouvement anti-migrants et islamophobe, disait la même chose. Selin Gören a estimé, et elle a bien fait, qu'elle devait mettre en garde d'autres jeunes Allemandes.

D'une certaine façon, elle a eu du courage. Oui, du courage ! Avant de la couvrir de vos sarcasmes évidents et faciles, pensez un instant au parti où elle est, au parti d'où elle vient. C'est parfois difficile pour certains d'ouvrir les yeux. Vous vous souvenez de la fille agressée à Toulon parce qu'elle portait un mini-short, la fille qui s'afficha sur le Net avec un "Je suis une salope !" ? Elle non plus n'a pas voulu désigner ses agresseuses. Elle ne voulait pas stigmatiser.

Plus largement, ce comportement est solidifié, conforté par l'idée, chevillée au corps et à l'âme, d'une bien-pensance généreuse et antiraciste. On ne veut pas voir. Et quand on est, en tout dernier ressort, obligé de voir, on ne nomme pas. Il s'agit de ne pas faire chorus – n'est-ce pas ? – avec les fascistes et les réacs. C'est une faute, une lourde faute. Un crime contre la réalité.

Soyons clairs. Aucun Arabe, aucun Noir, aucun musulman n'est génétiquement programmé pour devenir un violeur, un voleur ou un égorgeur islamiste. Mais au nom de quelle aberration ferait-on mine d'oublier des spécificités culturelles et civilisationnelles ? Des écrivains arabes honnêtes et courageux, des élus de la même origine, des filles de banlieue nomment les choses, c'est-à-dire les coupables.

Bien sûr qu'il faut les stigmatiser pour les contraindre à baisser la tête et à raser les murs. Pas seulement pour protéger les jeunes Allemandes et la fille en mini-short. Pour protéger tous ceux, les plus nombreux, qui sont de la même origine que les violeurs, les voleurs et les égorgeurs. Eux, et ils en ont le droit, réclament qu'on ne fasse pas d'amalgame. Ils ne veulent pas être confondus avec les crapules qu'ils méprisent. Confusion favorisée par le flou de l'anonymat et du non-dit. On voudrait espérer qu'un jour, la gauche aura le visage et les paroles de Selin Gören.

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