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C’est la saison de l’essaimage : les abeilles débarquent jusque dans les endroits les plus improbables
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Bzzz ! casse-toi !

C’est la saison de l’essaimage : les abeilles débarquent jusque dans les endroits les plus improbables

Imaginez qu'un beau matin vous tombiez nez-à-nez avec un essaim d'abeilles recouvrant une bonne partie de votre voiture, à l'intérieur comme à l'extérieur, rendant impossible son utilisation immédiate. C'est ce qui est arrivé à un étudiant britannique de Portsmouth.

Benoît  Gilles

Benoît Gilles

Benoît Gilles est entomologiste, il est également chargé de mission en recherche & développement pour un projet en lien avec l'environnement et le secteur du luxe.

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Atlantico : Un étudiant britannique a eu la mauvaise surprise de retrouver sa voiture recouverte d'abeilles, à l'intérieur comme à l'extérieur. Cela est-il fréquent ? Quels sont les endroits les plus insolites où les abeilles peuvent élire domicile ?

Benoit Gilles : Quand la ruche, qu'elle soit artificielle ou naturelle, est en surnombre, elle se scinde en deux. Une partie reste dans la ruche, tandis qu'un essaim part en quête d’un site où s’installer. L’essaim compte parmi les milliers d’abeilles qui le composent, une reine.

Il arrive que ces essaims s’installent provisoirement dans un endroit provisoire afin de laisser le temps aux ouvrières de trouver un endroit où installer la nouvelle colonie. Ainsi, comme vous l’indiquez, il arrive aux gens rencontrer ces essaims dans des endroits assez incongrus comme une voiture, un compteur électrique, une caravane, une niche… Par exemple, aux Etats-Unis, un essaim a été aperçu dans les murs d’une maison à Kitchener dans l’Ontario. Concernant la France, on a pu en voir notamment le 8 mai à Lancieux sur la clôture d’une habitantedans une voiture à Vannes, sur un trottoir en pleine ville à Poissy, sur un feu tricolor à Nancy, ou encore sur un panneau routier à Nivelles.

Ainsi, il apparait que tout support, naturel ou artificiel, même en ville, peut accueillir un essaim d’abeilles.

Pourquoi choisissent-elles de tels endroits ? Qu'est-ce qui les pousse à aller vers de nouveaux lieux d'habitation ? Quelles conditions recherchent-elles ?

Les nouveaux essaims quittent la ruche d’origine afin de fonder une nouvelle colonie. Les abeilles se posent à un endroit, quel qu’il soit - le choix du site est généralement inconnu - formant un agglomérat très dense d’abeilles pour se protéger des prédateurs et protéger la reine, dans l’attente que des ouvrières « éclaireuses » trouvent un endroit propices où s’installer définitivement. Elles recherchent des conditions particulières et spécifiques en termes d’humidité, de température, d’accès, de volume, etc. qui puissent leur offrir un environnement optimal pour le bon développement de la colonie. Une fois le site trouvé, l’ensemble de l’essaim déménage et s’y installe. Ainsi, l’observation d’essaims comme cela est ponctuel et ne dure que quelques heures, tout au plus.

Les abeilles se retrouvant de plus en plus dans des milieux urbanisés, peut-on dire que l'on assiste à la disparition des abeilles sauvages ? Comment ce phénomène va-t-il évoluer ?

Les abeilles sauvages - solitaires ou en colonie - disparaissent depuis plus de 60 ans en raison de l’utilisation d’insecticides, de la disparition de leurs habitats, des plantes nourricières, de leurs sites de reproduction et bien d'autres facteurs encore. La disparition est généralisée. Plus la présence de l’homme sera importante, plus on retrouvera d’animaux en ville. L’homme envahit l’espace. Soit les espèces disparaissent faute de place, soit elles s’adaptent à l’environnement anthropisé.

L’évolution de ce phénomène peut prendre 2 directions : soit les abeilles continuent de disparaître car aucune action n'est menée pour les sauver, soit la société met en place un ensemble de mesures concrètes pour permettre un retour des populations d’abeilles. Il faut savoir que les milliers d’espèces d’abeilles participent à l’équilibre de notre environnement en pollinisant les plantes et en participant à la diversité génétique, et donc l’adaptation, des végétaux.

Sans elles, un appauvrissement et une perte de la biodiversité peut à terme arriver. De plus, par leur action de pollinisation, les abeilles jouent un rôle économique majeur dans l’agriculture.

Si le lieu qu'elles choisissent est réellement trop gênant, comment peut-on les faire fuir sans trop leur causer de tort ?

Il ne s’agit pas de les faire fuir. Soit on attend qu’elles s’en aillent d’elle même, soit on rend service à un apiculteur local. En effet, si des personnes rencontrent des essaims près de chez eux, il faut appeler les ruchers qui se feront une joie de les récupérer pour leur exploitation. Dans chacun des faits que j'ai mentionnés dans la première réponse, ce sont des apiculteurs qui sont venus récupérer les essaims.

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