Blanquefort : pourquoi le patriotisme économique n’est pas ce qu’en imagine le gouvernement | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Blanquefort : pourquoi le patriotisme économique n’est pas ce qu’en imagine le gouvernement
©NICOLAS TUCAT / AFP

Cocorico !

Blanquefort : pourquoi le patriotisme économique n’est pas ce qu’en imagine le gouvernement

Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux s’abritent derrière le « patriotisme économique » dans le dossier de l’usine Ford de Blanquefort ; mais le patriotisme économique, ce n’est pas donner des coups de menton devant les caméras, prendre en otage une société et s’improviser repreneur d’entreprises en difficulté. C’est même tout l’inverse. La bataille de l’emploi se joue sur le long terme et n’a qu’une solution : redonner de l’attractivité au territoire français.

Thomas Zlowodzki

Thomas Zlowodzki

Thomas Zlowodzki est porte-parole du collectif Droite pour la France, conseiller municipal et communautaire à Sainte-Geneviève-des-Bois et ancien conseiller national LR.

Voir la bio »

Le 13 décembre, Bruno Le Maire déclarait à l’Assemblée qu’il était  « révolté, écœuré » par la décision de Ford de fermer le site de Blanquefort« qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de bourse » et de refuser l’offre de reprise de Punch, et appelait Ford « à réviser sa décision ». Jeudi dernier, c’est Benjamin Griveaux qui menaçait Ford de « ne plus être retenu » dans les marchés publics et en appelait au « patriotisme ».

Mais le patriotisme économique, ce n’est pas s’indigner qu’une entreprise ait la volonté d’être bien gérée, de rester viable et profitable, et donc (notamment) de préserver son cours de bourse. D’ailleurs, le cours de bourse de Ford, tant honni par M. Le maire, a baissé de 35% depuis le début de l’année. L’industrie automobiletraditionnelle, européenne et américaine, traverse une crise majeure en raison de l’arrivée des véhicules électriques et des concurrents chinois, qui menace son existence même. Une entreprise en faillite mettrait sur le tapis encore davantage de salariés. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas changer les règles du jeu  ou appeler au boycott quand une société étrangère ferme un site. Car sinon, ce sont toutes les autres entreprises étrangères qui ont un projet d’investir en France qui hésiteront à le faire, de peur de se voir pris en otage par l’Etat en cas de difficultés. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas donner des coups de menton médiatiques, c’est créer un écosystème économique favorable à l’activité économique en France.

Le patriotisme économique, c’est baisser les impôts qui pèsent sur l’investissement ;  les baisser clairement et irrévocablement. Le gouvernement français aurait ainsi bien fait de s’inspirer de la réforme fiscale de Donald Trump. Il aurait fallu baisser dès le début du mandat l’IS à 25%, et non pas étaler cette baisse sur l’ensemble du mandat. 

Le patriotisme économique, c’est annoncer clairement que vous ne reviendrez pas sur la suppression de l’ISF sur l’investissement en capital. Et non pas entretenir le jeu de l’extrême gauche en agitant une évaluation à venir alors que tout le monde sait que le rétablissement de l’ISF serait une catastrophe.

Le patriotisme économique, c’est baisser la dépense publique tout de suite, pour rétablir les comptes du pays, et ainsi avoir les marges de manœuvre pour baisser la fiscalité sur l’investissement… mais aussi pour pouvoir redonner du pouvoir d’achat aux français comme les gilets jaunes le réclament à juste titre. 

Le patriotisme économique, c’est avoir un budget à l’équilibre par beau temps, pour pouvoir emprunter pour résister aux crises économiques, et non pas avoir un budget de l’Etat en déficit de 24% en 2017, de 28% en 2018 et de 34% en 2019, soit 100 milliards de déficit rien que pour 2019 qui seront payés par nos enfants.

Le patriotisme économique, ce n’est pas faire le beau devant les médias pour faire semblant que l’on agit pour sauver un site de l’industrie d’hier, mais faire en sorte que la France accueille les industries de demain. Par exemple en se battant vraiment pour que Paris puisse devenir la nouvelle « City » continentale après le Brexit. En se battant pour rénover la formation et l’enseignement supérieur pour qu’ils forment davantage les français aux industries d’avenir. 

Le patriotisme économique, ce n’est pas faire  croire aux salariés qu’on sauvera leur emploi dans une industrie condamnée, c’est les aider à retrouver un travail, y compris en ayant une politique d’accompagnement à la mobilité géographique. En supprimmant les droits de mutation qui sont un obstacle au déménagement pour les français. En réformant les attributions de logements sociaux pour que les français bénéficiaires de logement dans une ville puissent plus rapidement y prétendre quand ils déménagent dans une autre ville.

Le patriotisme économique, ce n’est pas continuer d’appliquer les méthodes qui ont mis la France dans l’impasse économique, mais s’inspirer de ce qu’on fait nos voisins allemands, hollandais, suisses, autrichiens, hongrois pour redresser leur économie

Le patriotisme économique, c’est arrêter de faire de la com’ et commencer à semer sur le long terme. 

Le patriotisme économique, c’est le courage.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !