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Révolte ? Les actionnaires des banques commencent à dire "stop" aux rémunérations astronomiques
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Mirobolant

Révolte ? Les actionnaires des banques commencent à dire "stop" aux rémunérations astronomiques

Après le vote négatif des actionnaires de la banque Citigroup contre la rémunération de son directeur général, c'est au tour du patron de Barclays, Bob Diamond, de devoir renoncer à la moitié de son bonus. Un vent de révolte soufflerait-il ?

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Une avancée sur le chemin du contrôle des rémunérations ? Les actionnaires des banques semblent avoir décidé de dire "stop" aux super-bonus et aux salaires exorbitants des patrons.

La semaine dernière les actionnaires de la banque Citigroup ont créé la surprise en refusant de valider le plan de rémunération des dirigeants lors de l'assemblée générale des actionnaires, rapporte le site Bloomberg.

Selon Bloomberg, mardi 17 avril, 55 % des actionnaires ont voté contre le plan de rémunération ou se sont abstenus, sur les recommandations des cabinets de conseil ISS Proxy AdvisoryServices et Glass Lewis & Co. Même si le vote des actionnaires n'a qu'une valeur consultative, c'est la première conséquence visible de la réforme financière du Dodd-Frank Act de 2010 sur l'encadrement des bonus.

En 2010, Vikram Pandit s'était accordé un salaire symbolique de 1 dollar. Mais le fait que son bonus en numéraire soit supérieur à celui du patron de Goldman Sachs (3 millions de dollars) a visiblement choqué les actionnaires, compte tenu de la chute de 44% de la valeur boursière de Citigroup en 2011  (même si elle a rebondi de 33% depuis le début de l'année).

"De nombreux investisseurs m'ont indiqué qu'ils trouvaient grotesque le plan de rémunération de Citigroup. Allez-vous accorder au patron de l'équipe des New York Yankees un bonus incitatif s'il gagne un tiers de ses matches ?", a confié à Bloomberg l'analyste Mike Mayo (CLSA), auteur d'un livre très critique sur la gouvernance des banques de Wall Street (Exile on Wall Street). D'autres y voient le cas typique d'une "déconnexion" entre le niveau de rémunération des dirigeants et la création de valeur pour les actionnaires.

Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là, nous apprend le site La Tribune. Un actionnaire de Citigroup a décidé deux jours plus tard, jeudi 19 avril,  de poursuivre en justice les administrateurs du groupe, les accusant d'avoir octroyé aux dirigeants de la banque américaine des rémunérations disproportionnées ! D'après cette plainte les administrateurs ont violé leurs obligations fiduciaires en octroyant plus de 54 millions de dollars (40,85 millions d'euros) de rémunération en 2011 aux dirigeants de Citigroup, dont près de 15 millions de dollars au directeur général Vikram Pandit, alors que la performance de la banque ne le justifiait pas forcément.

Pas à pas, dans le monde feutré des puissantes banques, un changement semble se dessiner. Le président de la banque britannique Barclays, Marcus Agius, a présenté des "excuses", aux actionnaires sur le salaire controversé du directeur général Bob Diamond, à l'ouverture de l' assemblée générale annuelle. Celui-ci devait à l'origine revoir 17,7 millions de livres (près de 22 millions d'euros)  au titre de l'année 2011, malgré les performances en baisse de la banque, rapporte l'AFP.

"Le conseil d'administration reconnaît que le niveau de rémunération doit être ajusté à la nouvelle réalité du secteur", a déclaré Marcus Agius aux actionnaires. "Je présente des excuses et je vous promets que nous nous y prendrons différemment à l'avenir", a-t-il ajouté. Dans son discours, Marcus Agius a aussi pris acte du mécontentement "d'une minorité significative d'actionnaires" sur les gratifications accordées à Bob Diamond.

Face à la levée de boucliers, Bob Diamond a finalement accepté de renoncer pour l'instant à la moitié de son bonus annuel de 2,7 millions de livres (3,3 millions d'euros), qu'il ne recevra que si l'entreprise atteint certains objectifs financiers. Ce dernier, comme le raconte l'Evening Standard, photo parodique à l'appui, est devenu un symbole des dérives de la finance dans un pays qui est retombé cette semaine en récession.

"Barclays semble croire que ce n'est qu'un problème de communication mais nous pensons que c'est un problème plus fondamental (...) avec des rémunérations disproportionnées pour les banquiers, et des risques disproportionnés pour les actionnaires", rapporte le journal du soir citant un courtier.

Tout récemment, le site du LA Times a publié des documents confidentiels dévoilant le niveau de rémunération des 50 "top traders" de Lehman Brother's. Robert Millard l'ancien patron de l'arbitrage de la banque a touché 51,3 millions de dollars (38,7 millions d'euros) en 2007. Le document montre qu'il a été payé 44,5 millions (33,6 millions d'euros) en 2006 et 3,8 millions (2,8 millions d'euros) en 2005.

Pour contextualiser, le second employé le mieux payé a été payé 20 millions de dollars de moins que le premier en 2007, soit 31,2 millions de dollars (23,5 millions d'euros).

Des sommes mirobolantes qui ont même choqué les vétérans de Wall Street. Preuve qu'un vent de révolte est dans l'air ?

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