D'après le Wall Street Journal, les banques françaises ont trop d’influence sur le pouvoir politique | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
D'après le Wall Street Journal, les banques françaises ont trop d’influence sur le pouvoir politique
©

Bas les pattes

D'après le Wall Street Journal, les banques françaises ont trop d’influence sur le pouvoir politique

En participant à la prise de décision politique, et en refusant d'admettre la gravité de leur situation, les banques françaises ont précipité la crise dans laquelle elles se trouvent.

Les banques françaises font "de la résistance". L’expression est en français dans le texte, dans les colonnes du Wall Street Journal. Résistance à quoi ? "Les banques françaises parcourent le monde en s’opposant aux règles bancaires. Elles participent à la conception de politiques importantes – à la différence de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse ou l’Espagne, qui ont forcé les banques à se recapitaliser et à se restructurer. Les banquiers français et les membres du gouvernement donnent eux l’impression de lire le même script", écrit le journal américain.

Depuis 2007, les banquiers français martèlent le même message : "Tout va bien, ce n'est pas la peine de réguler." C’est cette obstination à refuser de reconnaître les problèmes qui a causé l’aggravation de la situation. "Les banques ont refusé de mettre un petit pull quand le temps était encore agréable ; maintenant que le climat est glacial, ce n’est même pas sûr qu’un gros manteau suffira", explique Jézabel Couppey-Soubeyran, professeur d’économie.

En juin dernier, cette dernière écrivait sur Atlantico.fr que "plutôt que d’agiter leurs lobbies dans tous les sens pour diaboliser Bâle 3, les banques françaises comme leurs consœurs auraient été mieux inspirées de travailler davantage à rassurer les marchés quant à leur capacité et leur volonté de s’adapter aux nouvelles exigences réglementaires imposées par la crise".

Passé en septembre 2010, l’accord de Bâle 3 prévoyait un relèvement des fonds propres des établissements financiers. Mais les banques françaises martèlent qu'il n'y a pas d’inquiétudes à avoir, en particulier à propos de la dette grecque. Pourtant, la France est le pays le plus exposé à cette dette : son exposition globale est de 92 milliards de dollars contre 69 milliards pour l’Allemagne, 20 milliards pour la Grande-Bretagne, et 43 milliards pour les Etats-Unis.

En août dernier, Christine Lagarde, à la tête du Fond Monétaire Internationale, réclame une "recapitalisation urgente" des banques européennes, car "c'est la clef pour couper la chaîne de contagion". Le gouverneur de la banque de France se contente de répondre qu’"elle a peut-être été mal informée par son équipe". Toujours cette même obstination, alors que la crise bancaire s'aggrave. "Il faut que les banques comprennent qu’être saines est plus important qu’être très profitable" écrit Jézabel Couppey-Soubeyran sur notre site.

"Il faut maintenant régler l’addition", ajoute le Wall Street Journal. Une addition salée : les banques européennes ont besoin d’environ 100 milliards d’euros pour se renforcer et affronter la crise. Et le journal de conclure sur une phrase de Dominique Strauss Kahn : "Le problème des Européens c'est qu'ils font souvent soit trop peu, soit trop tard, soit souvent trop peu ET trop tard."

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !