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Ballade hollandaise ou schisme ?
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Carnet d'un fou du foot

Ballade hollandaise ou schisme ?

La victoire de vendredi face à l'Espagne est de bon augure pour l'équipe des Pays-Bas, seule nation à avoir participé à trois finales de Coupe du monde sans en gagner une.

Vincent Roger

Vincent Roger

Vincent Roger est Conseiller du 4ème arrondissement de Paris et conseiller régional d'Ile-de-France.

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Les Pays-Bas vont-ils mettre fin à leur malédiction ? Seule nation à avoir participé à trois finales deCoupe du monde sans en gagner une, en atomisant hier la légendaire roja, tous les espoirs lui sont désormais permis. Si on a l’esprit chagrin, on peut pronostiquer que les Hollandais iront en finale pour perdre à nouveau. Symbole d’une équipe victime de cycles maléfiques : finales perdues en 74 puis 78, finaliste en 2010, la même en 2014 ? Le match d’hier remet-il en cause cette fatalité batave ? 

D’abord, généralement le vainqueur de l’édition précédente fait une piètre coupe du Monde la fois suivante. Autre cycle footballistique maléfique !  La France de 98 n’a pas passé le premier tour en 2002, de même pour l’Italie de 2006 en 2010 ! L’Espagne a tout gagné depuis 2008, une page se tourne. Vous en voulez une preuve : la  Selección a encaissé 5 buts hier contre 2 pour l’ensemble de ses 7 matchs disputés lors de la dernière coupe du Monde. Ensuite, le batave a visiblement l’esprit revanchard. La finale perdue 1 à 0 face à cette même équipe d’Espagne en 2010 n’a pas été oubliée.

Dès les hymnes,  on a bien senti que les néerlandais n’étaient pas venus pour distribuer des tulipes. La première mi-temps fut un round d’observation. Au passage le penalty sifflé pour les Espagnols était aussi valable que celui accordé la veille aux Brésiliens. Les Hollandais, après les avoir observé ont hypnotisé leurs adversaires. La pelouse verte du stade de Salvador fut recouverte en seconde mi-temps d’une succession de vagues oranges. Enfin, avec Robbin Van Persie et Arjen Robben les  Oranje disposent de deux attaquants aussi explosifs que créatifs. La tête plongeante de Van Persie fut une pure merveille. Quant à Robben, il joua le rôle d’ « humiliator » face à un  Casillias méconnaissable ! 

A mes yeux, ce match est sans doute plus qu’une balade hollandaise. Il m’apparaît pour les Pays-Bas comme un bon présage tant il constitue une double rupture avec le passé. Le choix tactique du sélectionneur Van Gaal de mettre en place un 3-5-2 est une cassure avec son habituel classique 4-3-3. Mais il est surtout un véritable schisme vis-à-vis de la génération orange des années 70. Celle qui fit la révolution du football total sous l’impulsion de l’entraîneur néerlandais Rinus Michels. Le concept était simple chaque joueur au-cours d’un match occupait tous les postes. En fonction de l’endroit où se trouvait le ballon un attaquant devenait défenseur, et réciproquement. Tous défendaient, tous attaquaient. Le match d’hier est l’inverse de cette stratégie.

Hier la consigne était claire : chacun à son poste et le pré en sera ainsi bien gardé. L’application de cette nouvelle stratégie fut gagnante pour mettre en échec le jeu de passes courtes des ibériques.  Au football total de leurs illustres prédécesseurs, les Johan Cruyff, Johan Neeskens, Ruud Krol et autres frères Van de Kerkhof qui enflammèrent la planète foot mais  qui échouèrent deux fois en finale, les Pays-Bas d’aujourd’hui privilégient un football de positionnement . C’est sans doute moins flamboyant mais au regard du match d’hier très efficace. En rompant avec le passé, les hollandais s’ouvrent les portes d’une belle aventure au Brésil. A suivre !

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