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Avancée de la condition féminine ? Pourquoi les cougars ne sont pas des femmes libérées

Qu'est-ce que le féminisme aujourd'hui ? Maryse Vaillant tente de répondre dans son ouvrage "Sexy soit-elle", aux éditions poche-marabout. Extrait (1/2).

Maryse Vaillant

Maryse Vaillant

Psychologue clinicienne longtemps chargée de mission à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Maryse Vaillant a d'abord été éducatrice, puis formatrice et chargée de cours à Paris VII avant de se consacrer à l'écriture. 

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D’autres décident de fourbir leurs armes et leurs charmes, de chasser du tendre gibier et de le faire savoir.

Des femmes mûres, et fières de l’être, s’exhibent au bras de jeunes gens pour bien montrer qu’elles ne craignent pas la concurrence, qu’elles sont au top de leur séduction, et surtout qu’elles ne font pas leur âge. Comme l’ont fait de tout temps les hommes à la libido fragile, elles se rassurent en montrant leurs jeunes trophées sexuels.

Certaines pensent qu’il s’agit là d’une nouvelle avancée de la condition féminine : pouvoir choisir la jeunesse et l’ardeur d’un garçon plutôt que la notoriété ou la richesse d’un homme. Se libérer, donc, des codes de l’assemblage amoureux, de la différence d’âge et de genre dans le couple.

Elles ont en partie raison, mais je crains fort que ce besoin de démonstration ne prouve au contraire combien notre société est rétive à accueillir le vieillissement des femmes comme un élément de la féminité. Cela ne date pas d’hier que des femmes aient des amants plus jeunes que leurs maris et bien plus jeunes qu’elles. L’expérience des unes et la jeunesse des autres ont toujours fait bon ménage au lit.

C’est ainsi que des femmes mûres ont su initier des jeunes gens en leur faisant découvrir le corps féminin, aimer et faire jouir les femmes pour leur plus grand plaisir comme pour celui des garçons, qui apprenaient ainsi à devenir des hommes. Beaucoup le font encore, mais cela reste une affaire privée, comme le sont en général les histoires d’amour, d’alcôve ou de sexe. Il n’est nul besoin d’aller le crier sur les toits.

Autrement dit, si quelque chose est nouveau dans le phénomène cougar, c’est la publicité qui en est faite. Le raisonnement qui vise à prouver que les femmes se sont libérées des codes et des tabous dévoile en réalité un art d’aimer assez classique, le caricaturant pour en faire un exploit. La vraie féminité libérée ne serait-elle pas de pouvoir aimer à sa guise, sans avoir à le cacher ou à le faire savoir, agir librement sans avoir à s’en vanter, faire ses propres choix sans avoir à s’en justifier ?

Extrait de "Sexy soit-elle", Maryse Vaillant, éditions Poche-marabout, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

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