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Thomas Thévenoud.
Thomas Thévenoud.
©Reuters

L’autre enjeu de confiance au Parlement

Au-delà du cas Thévenoud, petites confidences sur les dizaines de parlementaires en délicatesse avec le fisc

Le cactus Thévenoud inquiète au plus haut point la majorité car, selon nos informations, des dizaines de parlementaires de tous bords auraient actuellement maille à partir avec l’administration fiscale. Révélations.

De quoi saper le moral- déjà bien bas- des millions de contribuables accablés par les hausses d’impôt et scandalisés par le peu reluisant exemple de Thomas Thévenoud : à en croire des confessions d’un haut responsable de la majorité, d’autres hommes et femmes politiques seraient actuellement en indélicatesse avec l’administration fiscale. Et ce bien au-delà des cas déjà connus du toujours ministre Jean-Marie Le Guen, de l’ex-secrétaire d’Etat Yamina Benguigui ou du foyer Balkany…

"En refusant de démissionner, confirme le hiérarque socialiste membre du clan hollandais, ce c… de Thévenoud fait prendre des risques considérables à tout le monde car malheureusement son cas est loin d’être isolé. On danse sur un volcan…".  
L’aveu fait d’autant plus froid dans le dos qu’il est confirmé de manière assez explicite dans les couloirs de Bercy. "Il est exact que des parlementaires – députés et sénateurs- sont actuellement en procédure avec l’administration fiscale", reconnait sans détours un spécialiste ministériel de la question.
Leur couleur politique ? "Gauche et droite confondues, les oublis ou le non-respect des règles en vigueur ne sont hélas pas spécialement l’apanage d’une famille politique…".
Leur nombre ? "Plusieurs dizaines…"
Leur nom ? "Secret professionnel … mais certains sont médiatiquement très connus".

Au sujet des personnalités publiques en indélicatesse avec le fisc, Christian Eckert, secrétaire d'Etat en charge du Budget a lui-même déclaré sur BFM sur le plateau de Ruth Elkrief le 11 septembre 2014 : "Je n'informe pas le président de la République ou le Premier ministre des dizaines de cas qui me sont soumis tous les mois".

Le fait est qu’aujourd’hui bien rares sont les députés et sénateurs à exiger la vérité sur ces questions pourtant explosives. Le silence et le malaise règnent très bizarrement du côté des groupes parlementaires pourtant si prompts à revendiquer à tout bout de champ la transparence, le respect des règles déontologiques et la sanction des fraudeurs…

Il semble dont que les élus éprouvent quelques difficultés à se mettre en conformité avec les lois votées par eux- même. "C’est un mal répandu, confirme un ancien inspecteur général des finances, si les absences de de déclaration sont relativement rares, on constate beaucoup de sous-évaluation de déclaration ISF. Les élus propriétaires immobiliers déclarent leurs biens à des niveaux largement inférieurs à leur valeur pour échapper à l’ISF, c’est classique". D’autres, comme ce sénateur adepte de Jérôme Cahuzac, avouent la possession d’un compte à l’étranger et sont traités – en toute discrétion- par la cellule de régularisation du ministère du Budget.

Mais, heureusement pour eux, le secret fiscal qui résiste encore, met tout ce beau monde à l’abri des qu'en dira-t-on et des foudres de l’opinion en périodes électorales. Comme ce ministre, grand donneur de leçons devant l’éternel qui, après avoir été rattrapé par la patrouille du fisc a finalement déposé sa déclaration ISF quatre mois après la date légale. Sans être inquiété…

Les centaines de milliers de contribuables à qui le fisc refuse assez sèchement d’étaler les paiements au-delà de trois mois, auraient bien aimé bénéficier d’un tel traitement de faveur. 

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