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Attaque surprise des marchés sur l’arme anti-crise de la BCE : les Anglo-saxons à l’assaut des banques européennes ?
©Reuters

Perfide Albion

Attaque surprise des marchés sur l’arme anti-crise de la BCE : les Anglo-saxons à l’assaut des banques européennes ?

La presse américaine relayée par Bloomberg fait état d’une étude qui met les points sur les "i" et ose évoquer la situation des banques européennes, et singulièrement des françaises, qui se trouvent en manque de fonds propres.

Bruno Bertez

Bruno Bertez

Bruno Bertez est un des anciens propriétaires de l'Agefi France (l'Agence économique et financière), repris en 1987 par le groupe Expansion sous la houlette de Jean-Louis Servan-Schreiber.

Il est un participant actif du Blog a Lupus, pour lequel il rédige de nombreux articles en économie et finance.

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Celui qui dit que le roi est un âne peut être condamné, mais celui qui dit que quelqu’un a dit que le roi était un âne peut être condamné également. Même si, en particulier sur un marché, ce que l’on dit fait partie de ce que l’on doit savoir. Les rumeurs, pourtant, vous le savez, bougent autant les marchés que les infos vérifiées. Cela restreint forcément la liberté d’informer.

Il y a peu des analystes de qualité et de réputation mondiale ont osé évoquer la situation des banques françaises ; ils ont été assignés et les autorités françaises ont voulu leur infliger une amende ! La situation des banques françaises est un secret d’Etat, comme l’a dit un incapable qui occupait un poste suprême en Europe, quand c’est sérieux, vous devez mentir, « You have to lie ».

Ces gens s’arrogent un droit au mensonge, un droit à sanctionner la révélation de la vérité. Par ailleurs, si on voulait les utiliser, il y des lois scélérates qui sanctionnent ou peuvent être invoquées pour sanctionner tout écrit ou parole qui nuit au crédit de l’état. Ces lois peuvent être étendues à l’infini, ainsi il suffit de dire que tel ministre en charge des finances ou de l’économie est un « âne » pour nuire au crédit de l’Etat, n’est ce pas. De proche en proche, on n’a plus le droit d’évoquer l’économie, la monnaie, le crédit ou la banque. Même l’évocation de la soi disante vie privée nuit à la confiance et donc peut être punie avec de telles lois.

Déjà qu’il est suspect d’oser parler des banques et de la finance car cela comporte des relents d’antisémitisme, autant se taire c’est à dire s’autocensurer. Ce que nous ne ferons pas. On se reportera à nos articles ou nous dénonçons ceux qui instrumentalisent honteusement la Shoah et accomplissent leurs méfaits cachés derrière elle.

La puissante presse américaine relayée par le puissant Bloomberg fait état d’une étude qui met les points sur les « i » et ose évoquer la situation des banques européennes et singulièrement des françaises.

Pour ne pas être critiquable, nous prendrons un axe hypocrite, que nous utilisons régulièrement et nous dirons que ces gens, les anglo-saxons cherchent à nous nuire. Ils révèlent des chiffres, font des études pour gêner les européens, pour les forcer à recapitaliser leurs banques, les obliger à présenter des comptes sincères… afin de ne pas risquer de devoir un jour déprécier leurs créances sur ces banques européennes. Ils ont déjà réussi le coup de forcer, par leurs campagnes, Draghi à leur garantir, par le LTRO et le coûte que coûte, leurs créances sur les souverains, ils veulent aussi une garantie sur les banques auxquelles ils prêtent, sur les banques contreparties de leurs spéculations sur les dérivés. Ils veulent aussi que les banques euros aient une rentabilité faible afin de réduire leur capacités d’interventions et donc de concurrence. Bref ils veulent nuire à ce que les britanniques osent appeler notre « industrie ».

Vous voyez, comme nous sommes conformes, bien pensants,  nous luttons pour défendre le crédit de l’Europe et de ses banques, en démasquant les arrières pensées des anglo-saxons !

L’étude datée du 15 Janvier montre que les banques euros ont un manque de capitaux propres de 767 milliards d’euros soit 1 trillion de dollars. Cette étude qui rejoint et croise les études précédentes a été réalisée par Sascha Steffen de la European School of Management et Viral Acharya de  la prestigieuse NYU, New York University. Les études confidentielles du FMI vont dans le même sens.

La situation la plus fragile est celle des banques françaises, leur insuffisance de fonds propres est évaluée à 285 milliards d’euros. Les banques allemandes ont un besoin  de 199  milliards; les banques espagnoles ont une insuffisance de 92 milliards et les italiennes de 45 milliards.

Les auteurs de l’étude pensent que l’AQR, l’Asset Quality Review de la BCE va faire ressortir ces besoins de capital. Nous ne le pensons pas. Nous pensons que tout va être truqué, dissimulé, noyé et qu’au contraire on s’achemine vers une AQR bidon et bidonnée. Comme il n’est pas dans les intentions des dirigeants et propriétaires de ces banques de recapitaliser autant que nécessaire, vous avez du souci à vous faire, l’austérité que l’on vous impose pour renflouer les usuriers est loin d’être terminée.

Avec des émissions d’actions et des émissions de titres subordonnés, ces besoins peuvent être couverts, mais il y aura des cas ou il faudra prendre des décisions draconiennes comme des bail-in ou des adossements publics soulignent les auteurs.

Nous ne faisons pas confiance au jugement des auteurs de l’étude car l’expérience montre qu’en matière financière et bancaire, rien n’est linéaire et jamais les choses ne se passent comme   les modèles et les mathématiques le prévoient. Exemple, avec la Grèce on a commencé par une ardoise 35 à 50 milliards et on s’achemine d’ici quelques jours ou semaines allégrement vers les 380 milliards. Personne le prévoyait les besoins de Lehman  et ils étaient tellement colossaux que la Fed a fait le choix de laisser tomber. La banques et la finance sont des pyramides qui reposent sur la pointe et en cas de déséquilibre, de coup de vent... C’est ce que l’on appelle l’interconnexion. En matière bancaire c’est du Lamartine puissance cent, un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Cet article a initialement été publié sur le Blog A Lupus

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