Art Haïtien : il n'y a pas que les peintres naïfs | Atlantico.fr
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Art Haïtien : il n'y a pas que les peintres naïfs
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Art Haïtien : il n'y a pas que les peintres naïfs

L'expo du Grand Palais rend justice à la richesse artistique d'une île à l'identité originale et forte.

Dina Bakhoum pour Culture-Tops

Dina Bakhoum est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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THEME

Haïti est une île chargée d’histoire : découverte par Christophe Colomb, colonisée successivement par les espagnols et les français, elle devient en 1804 la première république noire libre. Comme souvent, l’art a joué un rôle important dans l’affirmation de son identité. Loin des stéréotypes qui cantonnent l’art haïtien à la peinture naïve, l’exposition réunit une soixantaine d’artistes, du XIXème siècle à aujourd’hui, pour une mise en lumière de la vitalité et de la créativité de la scène artistique haïtienne.

POINTS FORTS

1/ Sculptures, vidéos, portraits, installations mobiles, tapisseries, l’exposition est aussi éclectique que surprenante. On découvre un art haïtien créatif et poétique qui aborde des thématiques variées dont la précarité, la religion, les traditions, la superstition et le séisme de 2010. Toutes ces œuvres s’imbriquent dans un chaos voulu et pensé par les commissaires d’exposition.

2/ De très belles découvertes sont au rendez vous. Je pense notamment à l’installation mobile de Pascale Monnin, Eustache ou l’éloge de la complexité, 2013-2014 : dans cette œuvre, qui traite de la question des religions, l’artiste joue avec les ombres et lumières des miroirs.  Entre féerie et mysticisme, son installation fait réfléchir, rappelant qu’il y a toujours plusieurs vérités. Dans un autre registre, les assemblages de poupées de Pierrot Barra, évoquent la fragilité de la vie, surtout des enfants, le tout dans une ambiance vaudou, qui mettrait presque mal à l’aise.

3/ Un parallèle intéressant est fait entre Hervé Télémaque et Jean-Michel Basquiat : le premier a vécu jusqu’à  ses 20 ans sur l’île, le second n’y a jamais été avant sa mort en 1988. On a pu reprocher au premier de prendre trop de distance par rapport à ses origines tandis que le second a largement puisé dans les symboles de l’histoire haïtienne pour illustrer ses toiles. Deux grands noms de la scène artistique contemporaine et deux façons bien singulières de montrer leur attachement à Haïti.

POINTS FAIBLES

On peut  regretter la petite dimension relative de l’espace: un espace plus grand aurait permis aux œuvres de mieux respirer, d’autant que l’exposition accueille un certain nombre de sculptures et de tableaux monumentaux.

EN DEUX MOTS...

Une très agréable surprise : l’art haïtien a toute sa place sur la scène internationale et mérite définitivement d’être mieux connu.

RECOMMANDATION

BON Bon

INFORMATIONS : EXPOSITION 

HAÏTI, DEUX SIÈCLES DE CRÉATION ARTISTIQUE, 

Grand Palais

254-256 rue de Bercy

75577 Paris cedex 12

du jeudi au lundi, de 10h aÌ 20h

fermeture hebdomadaire, le mardi

mercredi, de 10h aÌ 22h

 jusqu’au 15 février 2015

http://www.grandpalais.fr/fr/system/files/field_press_file/cp_haiti.pdf

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